"Un échange intense et approfondi". C'est ainsi que Charles Michel a qualifié sa rencontre avec Dmitri Medvedev. Il a réaffirmé sa volonté d'ouvrir un dialogue constructif avec la Russie en dépit des différences de point de vue, notamment sur la question de l'Ukraine. "Au sein de l'Union européenne, nous avons pris l'habitude de parler de la Russie et non de parler avec la Russie. Dans l'avenir, il est utile de tenter d'ouvrir un chemin de dialogue, sans naïveté." Charles Michel a également fait part de sa volonté de collaborer avec la Russie concernant la lutte contre le terrorisme.
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"Un échange intense et approfondi". C'est ainsi que Charles Michel a qualifié sa rencontre avec Dmitri Medvedev. Il a réaffirmé sa volonté d'ouvrir un dialogue constructif avec la Russie en dépit des différences de point de vue, notamment sur la question de l'Ukraine. "Au sein de l'Union européenne, nous avons pris l'habitude de parler de la Russie et non de parler avec la Russie. Dans l'avenir, il est utile de tenter d'ouvrir un chemin de dialogue, sans naïveté." Charles Michel a également fait part de sa volonté de collaborer avec la Russie concernant la lutte contre le terrorisme. "Je me réjouis de cette ouverture de dialogue", a pour sa part commenté Dmitri Medvedev. Selon lui, la Belgique joue un rôle actif et pragmatique pour améliorer les relations entre la Russie et l'Union européenne. "Au cours de l'histoire, les sanctions vont finir par disparaître et vont devenir anecdotiques, tandis que la Russie et l'UE resteront des partenaires", a ajouté le Premier ministre russe. "Les sanctions ne sont pas un but en soi, elles sont plutôt une manière d'encourager le dialogue", a rappelé Charles Michel. "La Russie et l'UE resteront des voisins pour toujours. Il s'agit avant tout de développer des intérêts communs en acceptant qu'on n'ait pas d'accord sur tout". Maintenir des échanges commerciauxLes deux chefs d'État ont également largement abordé l'aspect économique qui les lie. Selon Dmitri Medvedev, les échanges commerciaux commencent à se restaurer entre la Russie et la Belgique. Ils ont augmenté de 20 % l'année dernière, et ce, malgré les sanctions. La Belgique a ainsi investi 1,2 milliard d'euros en Russie, tandis que les Russes y ont investi 500 millions de roubles. Un grand nombre d'entreprises belges sont présentes en Russie, d'où l'importance de maintenir un dialogue constructif.Michel et Medvedev ont évoqué plusieurs secteurs économiques porteurs : la pharmaceutique (proton thérapie), les hautes-technologies, le spatial et l'aéronautique, mais aussi l'acier, les diamants et le transport du gaz liquide via le port de Zeebruges. Charles Michel a également affirmé que la question de l'embargo sur l'exportation des pommes et des poires avait pu être abordée sans tabou. Medvedev a pour sa part affirmé qu'une levée des sanctions pourrait être envisagée comme réponse symétrique lors de la désescalade des sanctions envers la Russie. Un protocole entre la Belgique et la Russie tendant à éviter la double imposition en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune a, en outre, été signé. Ce protocole vise à rendre plus efficace la convention de 2015 qui tend à éviter la double imposition et à prévenir la fraude fiscale en matière d'impôts sur le revenu et sur la fortune. La rencontre entre Michel et Medvedev s'est terminée par la signature du document. Le chef du gouvernement russe a dit espérer une ratification au plus vite.Sanctions américainesDimitri Medvedev a également réagi à la publication, par le département américain du Trésor, d'une liste de proches de Poutine susceptibles d'être sanctionnés pour l'ingérence supposée de Moscou dans la dernière présidentielle américaine. "Cette liste est discriminatoire pour notre pays et va entamer nos relations avec les États-Unis pour très longtemps", a-t-il affirmé. Par ailleurs, si cette liste est mise à exécution, la Russie ne restera pas inactive. "À cause de cette liste, de plus en plus de Russes vont se méfier des États-Unis et inversement. Ce qui risque de mener nos deux pays dans une impasse", a-t-il conclu. Marie Gathon, à Moscou