Ça sentait le souffre. Après l'invasion du Capitole le 6 janvier dernier, et devant le caractère erratique des déclarations du président en exercice, un homme a su se montrer raisonnable, et faire face. C'est ce que l'histoire retiendra des actes du général Mark Milley, président du comité des chefs d'état-major interarmées des Etats-Unis, qui, deux jours après l'assaut contre la démocratie américaine organisé par les partisans de Donald Trump, appela en urgence ses homologues chinois pour leur assurer que l'Amérique n'allait "pas s'aventurer à commettre une attaque hasardeuse" ou tout autre "étourderie du genre" à l'égard de la Chine. C'est ce que révèle le journaliste star du Washington Post, Bob Woodward, dans son dernier livre, Peril, paru aux Etats-Unis.
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Ça sentait le souffre. Après l'invasion du Capitole le 6 janvier dernier, et devant le caractère erratique des déclarations du président en exercice, un homme a su se montrer raisonnable, et faire face. C'est ce que l'histoire retiendra des actes du général Mark Milley, président du comité des chefs d'état-major interarmées des Etats-Unis, qui, deux jours après l'assaut contre la démocratie américaine organisé par les partisans de Donald Trump, appela en urgence ses homologues chinois pour leur assurer que l'Amérique n'allait "pas s'aventurer à commettre une attaque hasardeuse" ou tout autre "étourderie du genre" à l'égard de la Chine. C'est ce que révèle le journaliste star du Washington Post, Bob Woodward, dans son dernier livre, Peril, paru aux Etats-Unis. Rentré dans l'armée américaine en 1980, ancien de l'invasion du Panama en 1989 ainsi que des guerres d'Afghanistan et d'Irak, le général Milley, dans les derniers mois de la présidence de Donald Trump, craignant que ce dernier ne commette quelque action insensée, s'était persuadé qu'il était indiqué de prendre des mesures drastiques pour empêcher le milliardaire d'enclencher un conflit international d'envergure, comme sa qualité de chef des forces armées américaines le lui permettait. Toujours selon le journaliste Bob Woodward, Mark Milley se déclarait, par ailleurs, très préoccupé quant à la santé mentale du président dans les semaines qui suivirent l'élection du 3 novembre 2020. Mis en courant par ses services de renseignement qu'au lendemain de la journée du 6 janvier 2021, qui avait vu les partisans de Donald Trump envahir l'enceinte du Capitole, la République populaire de Chine s'inquiétait, outre d'un possible "effondrement" des Etats-Unis, d'une réaction incontrôlable de l'ancien président en termes militaires, le général se sentit l'obligation d'appeler son homologue chinois pour le rassurer, lui garantissant au cours d'une conversation d'une heure et demie que les Etats-Unis n'allaient pas enclencher d'option militaire contre la Chine. "Les choses peuvent avoir l'air instable, devait ainsi déclarer le général Milley à son homologue Li, mais c'est là la nature de la démocratie. Nous sommes 100% stables, tout va bien. Mais la démocratie peut se montrer désordonnée." Dans la foulée, le général s'entretint avec Nancy Pelosi, présidente de la chambre des représentants, pour la rassurer qu'il ferait "tout ce qui est en son pouvoir" pour que les militaires américains ne se trouvent pas impliqués "dans quoi que ce soit d'illégal ou de fou, [...] en termes d'usage de la force contre un autre pays, qu'elle soit nucléaire ou non". Après cette réunion, le général se tourna enfin vers son état-major, réunissant dans la cellule de crise du Pentagone les principaux commandants de l'armée américaine, pour les prévenir que toute décision présidentielle devait le voir directement impliqué. Accusé par une partie du camp républicain d'avoir outrepassé ses prérogatives - certains appelant d'ailleurs à ce qu'il soit jugé en cour martiale si ses propos devaient se révéler exacts -, le général Milley est aujourd'hui toujours aux commandes, confirmé dans ses fonctions par Joe Biden qui lui réitéra début septembre "toute sa confiance".