Il l'a fait. Emmanuel Macron est désormais le grand favori pour succéder à François Hollande à la présidence de la France. On avait un peu oublié le caractère exceptionnel de son aventure politique parce que depuis quelques mois, il s'était installé dans le duo de tête des sondages à la faveur de la dégringolade de François Fillon empêtré dans le Penelopegate. Mais, dans le même temps, on suspectait dans le caractère volatil de son électorat le critère qui pourrait le faire échouer en bout de course. Surtout, Emmanuel Macron, le pro-européen, le partisan de la mondialisation, le candidat trop frêle sur les sujets régaliens comme l'immigration, la sécurité ou le terrorisme surgi comme une épée de Damocles en fin de campagne, apparaissait vraiment à contre-courant des grandes tendances de l'époque et de la campagne. Et pourtant, il l'a menée à bien son incroyable opération. Apparu au devant de la scène politique il y a trois années à peine, érigé en leader d'un mouvement En marche ! sorti de nulle part il y a seulement un an, lancé dans la campagne avec moins de 10 % des intentions de vote, il a réussi son pari : créer une figure politique crédible pour présider la France, transcender le vieux clivage gauche-droite honni par beaucoup et figurer comme le meilleur rempart contre l'extrême droite. C'est inédit et cela questionne évidemment le rôle des familles politiques traditionnelles dans les démocraties européennes, même si on pourra opposer que le candidat central à défaut d'être centriste a bénéficié de circonstances pour le moins particulières.

La candidature de tout responsable du PS, on le savait, allait être entravée par le bilan médiocre de la présidence de François Hollande. Celle de Benoît Hamon a pâti en plus de l'incapacité du frondeur de recentrer son discours pour rassembler les troupes socialistes et se soustraire à la comparaison désavantageuse avec un Jean-Luc Mélenchon, bien plus habile technicien. Face au même bilan présidentiel, la candidature de François Fillon, sorti triomphant des primaires, était vouée à une victoire aisée. L'ancien premier ministre a lamentablement gâché cette perspective par des pratiques controversées longtemps occultées, par une défense calamiteuse une fois qu'il fut mis en cause et, politiquement, par son incapacité, lui aussi, à recentrer un projet trop libéral et trop conservateur pour séduire l'électorat de centre-droit.

Il l'a fait. Emmanuel Macron est désormais le grand favori pour succéder à François Hollande à la présidence de la France.

Avec l'élimination du second tour des deux grands piliers de la démocratie française, l'élection présidentielle française 2017 revêt un caractère historique. Elle annonce l'entrée de la France dans une nouvelle ère qui recèle encore beaucoup d'incertitudes. Car l'autre événement qui la caractérise est l'accession - attendue - de Marine Le Pen pour la deuxième manche le 7 mai. Le 21 avril 2002, le précédent de Jean-Marie Le Pen avait résonné comme un coup de tonnerre. Cette année, c'est la non-qualification de sa fille qui aurait créé l'événement. Preuve que l'opération de dédiabolisation du Front national voulue par sa présidente a incontestablement porté ses fruits. D'autant plus que si les sondages qui en France, n'ont pas été pris en défaut, prédisent un succès de Macron face à elle, ils lui promettent aussi une marge de progression de 15 à 20 points au second tour. la prudence est donc de mise avant de formuler tout pronostic. Néanmoins, l'avance du candidat d'En marche ! au premier tour, la persistance, même s'il est mis à mal, d'un front républicain et les inquiétudes que provoquent certains points du programme du FN même auprès des perdants de la mondialisation plaident en faveur de la victoire d'Emmanuel Macron.

Pour autant, celui que l'on accuse parfois de "populisme des élites" aurait tort de croire la victoire assurée dans quinze jours face à la reine du populisme de droite. Pour Emmanuel Macron, c'est peu dire que le travail ne fait que commencer.

Il l'a fait. Emmanuel Macron est désormais le grand favori pour succéder à François Hollande à la présidence de la France. On avait un peu oublié le caractère exceptionnel de son aventure politique parce que depuis quelques mois, il s'était installé dans le duo de tête des sondages à la faveur de la dégringolade de François Fillon empêtré dans le Penelopegate. Mais, dans le même temps, on suspectait dans le caractère volatil de son électorat le critère qui pourrait le faire échouer en bout de course. Surtout, Emmanuel Macron, le pro-européen, le partisan de la mondialisation, le candidat trop frêle sur les sujets régaliens comme l'immigration, la sécurité ou le terrorisme surgi comme une épée de Damocles en fin de campagne, apparaissait vraiment à contre-courant des grandes tendances de l'époque et de la campagne. Et pourtant, il l'a menée à bien son incroyable opération. Apparu au devant de la scène politique il y a trois années à peine, érigé en leader d'un mouvement En marche ! sorti de nulle part il y a seulement un an, lancé dans la campagne avec moins de 10 % des intentions de vote, il a réussi son pari : créer une figure politique crédible pour présider la France, transcender le vieux clivage gauche-droite honni par beaucoup et figurer comme le meilleur rempart contre l'extrême droite. C'est inédit et cela questionne évidemment le rôle des familles politiques traditionnelles dans les démocraties européennes, même si on pourra opposer que le candidat central à défaut d'être centriste a bénéficié de circonstances pour le moins particulières.La candidature de tout responsable du PS, on le savait, allait être entravée par le bilan médiocre de la présidence de François Hollande. Celle de Benoît Hamon a pâti en plus de l'incapacité du frondeur de recentrer son discours pour rassembler les troupes socialistes et se soustraire à la comparaison désavantageuse avec un Jean-Luc Mélenchon, bien plus habile technicien. Face au même bilan présidentiel, la candidature de François Fillon, sorti triomphant des primaires, était vouée à une victoire aisée. L'ancien premier ministre a lamentablement gâché cette perspective par des pratiques controversées longtemps occultées, par une défense calamiteuse une fois qu'il fut mis en cause et, politiquement, par son incapacité, lui aussi, à recentrer un projet trop libéral et trop conservateur pour séduire l'électorat de centre-droit.Avec l'élimination du second tour des deux grands piliers de la démocratie française, l'élection présidentielle française 2017 revêt un caractère historique. Elle annonce l'entrée de la France dans une nouvelle ère qui recèle encore beaucoup d'incertitudes. Car l'autre événement qui la caractérise est l'accession - attendue - de Marine Le Pen pour la deuxième manche le 7 mai. Le 21 avril 2002, le précédent de Jean-Marie Le Pen avait résonné comme un coup de tonnerre. Cette année, c'est la non-qualification de sa fille qui aurait créé l'événement. Preuve que l'opération de dédiabolisation du Front national voulue par sa présidente a incontestablement porté ses fruits. D'autant plus que si les sondages qui en France, n'ont pas été pris en défaut, prédisent un succès de Macron face à elle, ils lui promettent aussi une marge de progression de 15 à 20 points au second tour. la prudence est donc de mise avant de formuler tout pronostic. Néanmoins, l'avance du candidat d'En marche ! au premier tour, la persistance, même s'il est mis à mal, d'un front républicain et les inquiétudes que provoquent certains points du programme du FN même auprès des perdants de la mondialisation plaident en faveur de la victoire d'Emmanuel Macron.Pour autant, celui que l'on accuse parfois de "populisme des élites" aurait tort de croire la victoire assurée dans quinze jours face à la reine du populisme de droite. Pour Emmanuel Macron, c'est peu dire que le travail ne fait que commencer.