C'est dans un contexte politique troublé qu'Emmanuel Macron s'est rendu au Maroc le mercredi 14 juin. Alors que le président se faisait accueillir en grande pompe sur le tarmac de l'aéroport par le souverain marocain Mohammed VI, 25 manifestants se faisaient condamner à une peine de deux ans de prison ferme.

Trente-deux manifestants et militants présumés du mouvement de contestation populaire qui secoue le nord du Maroc ont comparu devant la justice. L'audience a duré près de onze heures dans un tribunal à Al Hoceima. Vingt-cinq d'entre eux ont été condamnés à 18 mois de prison ferme, et sept autres ont été condamnés à du sursis et à des amendes.

La province d'Al Hoceima est secouée depuis sept mois par un mouvement de contestation populaire qui dit lutter contre la "marginalisation" de cette région du Rif. Celles-ci ont commencé après qu'un pêcheur ait trouvé la mort en tentant de récupérer sa marchandise, qui avait été confisquée par les autorités marocaines.

Ces trente-deux jeunes, âgés de 18 à 25 ans, avaient été arrêtés il y a deux semaines, lors d'une tentative de la police marocaine d'interpeller le leader des contestations Nasser Zefzafi. Ils ont été accusés "de troubles à l'ordre public, de rébellion, et de participation à un attroupement non-autorisé et armé" selon leur avocat.

Vingt-cinq associations de France et du Maghreb avaient adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron à la veille de sa visite à Rabat. Celle-ci est parue dans le journal français l'Humanité. Elle dénonce notamment "la répression" dans le Rif. Les associations écrivent : "Depuis vendredi 26 mai 2017, une vague de répression, accompagnée par des arrestations massives, s'est abattue sur la ville d'Al Hoceima, puis s'est étendue à d'autres agglomérations du Rif. Ces derniers jours, l'élan de solidarité et de contestation touche toutes les régions du Maroc, où des manifestations pacifiques sont dispersées, voire empêchées avec violence (...) Votre prochaine visite au Maroc peut être une occasion pour faire part aux plus hautes autorités de cet État des inquiétudes et préoccupations quant aux atteintes aux libertés fondamentales et au manque de respect des conventions internationales".

Emmanuel Macron a commenté les évènements lors d'une conférence de presse. Il affirme avoir abordé le sujet dès son arrivée à Rabat, et a ajouté "Il ne m'appartient pas de tenir un jugement sur un sujet de politique intérieure". Il a assuré que Mohammed VI était "préoccupé" par la situation dans le Rif, et que le souverain considérait comme normal qu'il y ait des manifestations.

Lorsque le Président a été interrogé sur les arrestations des manifestants et leaders du mouvement quelques semaines plus tôt, il a déclaré "Je n'ai pas eu lieu de craindre une volonté de répression" mais "plutôt d'une volonté de répondre dans la durée aux causes profondes" de la contestation. Le président français précise "le souhait du roi est d'apaiser en répondant aux prémices de ces mouvements, en apportant une réponse concrète, une considération à cette région, et des réponses très concrètes en termes de politique publique".

La condamnation des vingt-cinq manifestants a pourtant été très mal reçue par la salle. Des personnes présentes ont crié "vous aviez une chance de vous réconcilier avec le Rif, vous n'avez pas su la prendre".

La relation avec le Maghreb est prioritaire dans la politique d'Emmanuel Macron, qui veut forger un nouveau partenariat entre Europe, Afrique et Méditerranée, rapporte l'AFP.

AFP/Chloé de Radzitzky

C'est dans un contexte politique troublé qu'Emmanuel Macron s'est rendu au Maroc le mercredi 14 juin. Alors que le président se faisait accueillir en grande pompe sur le tarmac de l'aéroport par le souverain marocain Mohammed VI, 25 manifestants se faisaient condamner à une peine de deux ans de prison ferme.Trente-deux manifestants et militants présumés du mouvement de contestation populaire qui secoue le nord du Maroc ont comparu devant la justice. L'audience a duré près de onze heures dans un tribunal à Al Hoceima. Vingt-cinq d'entre eux ont été condamnés à 18 mois de prison ferme, et sept autres ont été condamnés à du sursis et à des amendes.La province d'Al Hoceima est secouée depuis sept mois par un mouvement de contestation populaire qui dit lutter contre la "marginalisation" de cette région du Rif. Celles-ci ont commencé après qu'un pêcheur ait trouvé la mort en tentant de récupérer sa marchandise, qui avait été confisquée par les autorités marocaines.Ces trente-deux jeunes, âgés de 18 à 25 ans, avaient été arrêtés il y a deux semaines, lors d'une tentative de la police marocaine d'interpeller le leader des contestations Nasser Zefzafi. Ils ont été accusés "de troubles à l'ordre public, de rébellion, et de participation à un attroupement non-autorisé et armé" selon leur avocat.Vingt-cinq associations de France et du Maghreb avaient adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron à la veille de sa visite à Rabat. Celle-ci est parue dans le journal français l'Humanité. Elle dénonce notamment "la répression" dans le Rif. Les associations écrivent : "Depuis vendredi 26 mai 2017, une vague de répression, accompagnée par des arrestations massives, s'est abattue sur la ville d'Al Hoceima, puis s'est étendue à d'autres agglomérations du Rif. Ces derniers jours, l'élan de solidarité et de contestation touche toutes les régions du Maroc, où des manifestations pacifiques sont dispersées, voire empêchées avec violence (...) Votre prochaine visite au Maroc peut être une occasion pour faire part aux plus hautes autorités de cet État des inquiétudes et préoccupations quant aux atteintes aux libertés fondamentales et au manque de respect des conventions internationales".Emmanuel Macron a commenté les évènements lors d'une conférence de presse. Il affirme avoir abordé le sujet dès son arrivée à Rabat, et a ajouté "Il ne m'appartient pas de tenir un jugement sur un sujet de politique intérieure". Il a assuré que Mohammed VI était "préoccupé" par la situation dans le Rif, et que le souverain considérait comme normal qu'il y ait des manifestations.Lorsque le Président a été interrogé sur les arrestations des manifestants et leaders du mouvement quelques semaines plus tôt, il a déclaré "Je n'ai pas eu lieu de craindre une volonté de répression" mais "plutôt d'une volonté de répondre dans la durée aux causes profondes" de la contestation. Le président français précise "le souhait du roi est d'apaiser en répondant aux prémices de ces mouvements, en apportant une réponse concrète, une considération à cette région, et des réponses très concrètes en termes de politique publique".La condamnation des vingt-cinq manifestants a pourtant été très mal reçue par la salle. Des personnes présentes ont crié "vous aviez une chance de vous réconcilier avec le Rif, vous n'avez pas su la prendre".La relation avec le Maghreb est prioritaire dans la politique d'Emmanuel Macron, qui veut forger un nouveau partenariat entre Europe, Afrique et Méditerranée, rapporte l'AFP.AFP/Chloé de Radzitzky