La séquence restera parmi les images emblématiques de 2017. Au soir du 7 mai, Emmanuel Macron, après une marche solennelle rythmée par la seule Ode à la joie de Beethoven, prononce son discours de président élu au pied de la pyramide du Louvre. Le célèbre musée pour la fidélité à la tradition, la promenade solitaire pour la filiation avec François Mitterrand, et le compositeur allemand pour la profession de foi européenne : le jeune chef de l'Etat se plaît d'autant plus volontiers à convoquer les symboles que son inexpérience politique a soulevé chez ses plus vilains détracteurs la question de sa capacité à remplir le rôle. Pour beaucoup d'autres, dominent l'admiration - l'ancien ministre de l'Economie jamais élu et sans armada partisane a lancé sa campagne moins d'un an auparavant - et le soulagement - l'élection, plus que tout autre, s'est égrenée sous le spectre d'une victoire de l'extrême droite.
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