Selon le rapport d'Oxfam, la crise pourrait accroître les inégalités économiques simultanément dans la quasi-totalité des pays du monde, une première depuis que ce type de données a commencé à être enregistré il y a plus d'un siècle.

"À l'échelle mondiale, il pourrait falloir au moins 14 fois plus de temps à l'humanité pour que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté retrouve le niveau enregistré avant la pandémie qu'il a fallu aux 1.000 milliardaires les plus riches, dont la plupart sont des hommes blancs, pour récupérer la fortune qu'ils avaient perdue", estime Oxfam.

Entre le 18 mars et le 31 décembre 2020, les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 3.900 milliards de dollars, "plus qu'il n'en faut pour financer la vaccination de la totalité de l'humanité et empêcher que d'autres personnes ne basculent dans la pauvreté des suites de la pandémie", pointe l'organisation.

A l'inverse, entre 200 et 500 millions de personnes supplémentaires pourraient avoir basculé dans la pauvreté en 2020, vivant avec moins de 5,50 dollar par jour.

"Le virus des inégalités"

"La pandémie et la récession qu'elle a entraîné - la pire depuis la Grande Dépression - sont survenues à un moment où les inégalités mondiales étaient déjà fortes", souligne Oxfam, précisant que inégalités systémiques, telles que le patriarcat et le racisme structurel, ont amplifié les effets de la pandémie.

Les femmes sont ainsi par exemple surreprésentées dans les secteurs de l'économie les plus durement touchés par la pandémie, en particulier le secteur de soins de première ligne. Elles représentent en effet jusqu'à 70% des agents de santé et d'aide sociale, des emplois essentiels pour lutter contre la pandémie mais depuis longtemps dévalorisés et mal rémunérés.

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La pandémie frappe par ailleurs plus durement les personnes noires, les personnes afrodescendantes, les peuples autochtones et les communautés historiquement marginalisées et opprimées partout dans le monde. "Aux États-Unis, les populations noires et hispaniques auraient déploré près de 22.000 morts de moins si leurs taux de mortalité face à la COVID-19 avaient été les mêmes que ceux des personnes blanches", relève notamment Oxfam.

La crise plus dure avec les plus pauvres

En outre, la crise a frappé le plus durement les plus pauvres. Dans le monde, les régions les plus pauvres ont en effet connu des taux d'infection et de mortalité plus élevés que les régions économiquement plus prospères.

A l'échelle belge, des recherches montrent que le taux de mortalité des hommes âgés de 40 à 65 ans dans les 10 groupes de revenus les plus faibles était jusqu'à 5 fois plus élevé que celui de leurs homologues dans les 10 groupes de revenus les plus élevés. "L'une des raisons est que les travailleurs les moins bien payés n'avaient souvent pas la possibilité de télétravailler et étaient davantage exposés au virus", avance encore Oxfam.

"Notre système économique biaisé concentre les richesses entre les mains d'une élite fortunée qui traverse la pandémie dans le plus grand des luxes, alors que les personnes en première ligne de cette crise, à savoir les vendeurs et vendeuses, le personnel soignant et les commerçants peinent à payer leurs factures et à se nourrir", indique encore Aurore Guieu, responsable de l'équipe "Justice fiscale et Inégalités" chez Oxfam Belgique. "Pendant ce temps, les femmes et les groupes ethniques marginalisés font les frais de cette crise et sont plus susceptibles de se retrouver en situation de pauvreté, de ne pas pouvoir manger à leur faim et d'être exclus de l'accès aux services de santé."

Au vu de la situation, Oxfam réclame, dans son rapport, une protection sociale universelle, une taxation plus importante des plus riches et une distribution équitable des vaccins.

Selon le rapport d'Oxfam, la crise pourrait accroître les inégalités économiques simultanément dans la quasi-totalité des pays du monde, une première depuis que ce type de données a commencé à être enregistré il y a plus d'un siècle. "À l'échelle mondiale, il pourrait falloir au moins 14 fois plus de temps à l'humanité pour que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté retrouve le niveau enregistré avant la pandémie qu'il a fallu aux 1.000 milliardaires les plus riches, dont la plupart sont des hommes blancs, pour récupérer la fortune qu'ils avaient perdue", estime Oxfam. Entre le 18 mars et le 31 décembre 2020, les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 3.900 milliards de dollars, "plus qu'il n'en faut pour financer la vaccination de la totalité de l'humanité et empêcher que d'autres personnes ne basculent dans la pauvreté des suites de la pandémie", pointe l'organisation. A l'inverse, entre 200 et 500 millions de personnes supplémentaires pourraient avoir basculé dans la pauvreté en 2020, vivant avec moins de 5,50 dollar par jour. "La pandémie et la récession qu'elle a entraîné - la pire depuis la Grande Dépression - sont survenues à un moment où les inégalités mondiales étaient déjà fortes", souligne Oxfam, précisant que inégalités systémiques, telles que le patriarcat et le racisme structurel, ont amplifié les effets de la pandémie. Les femmes sont ainsi par exemple surreprésentées dans les secteurs de l'économie les plus durement touchés par la pandémie, en particulier le secteur de soins de première ligne. Elles représentent en effet jusqu'à 70% des agents de santé et d'aide sociale, des emplois essentiels pour lutter contre la pandémie mais depuis longtemps dévalorisés et mal rémunérés. La pandémie frappe par ailleurs plus durement les personnes noires, les personnes afrodescendantes, les peuples autochtones et les communautés historiquement marginalisées et opprimées partout dans le monde. "Aux États-Unis, les populations noires et hispaniques auraient déploré près de 22.000 morts de moins si leurs taux de mortalité face à la COVID-19 avaient été les mêmes que ceux des personnes blanches", relève notamment Oxfam. En outre, la crise a frappé le plus durement les plus pauvres. Dans le monde, les régions les plus pauvres ont en effet connu des taux d'infection et de mortalité plus élevés que les régions économiquement plus prospères. A l'échelle belge, des recherches montrent que le taux de mortalité des hommes âgés de 40 à 65 ans dans les 10 groupes de revenus les plus faibles était jusqu'à 5 fois plus élevé que celui de leurs homologues dans les 10 groupes de revenus les plus élevés. "L'une des raisons est que les travailleurs les moins bien payés n'avaient souvent pas la possibilité de télétravailler et étaient davantage exposés au virus", avance encore Oxfam. "Notre système économique biaisé concentre les richesses entre les mains d'une élite fortunée qui traverse la pandémie dans le plus grand des luxes, alors que les personnes en première ligne de cette crise, à savoir les vendeurs et vendeuses, le personnel soignant et les commerçants peinent à payer leurs factures et à se nourrir", indique encore Aurore Guieu, responsable de l'équipe "Justice fiscale et Inégalités" chez Oxfam Belgique. "Pendant ce temps, les femmes et les groupes ethniques marginalisés font les frais de cette crise et sont plus susceptibles de se retrouver en situation de pauvreté, de ne pas pouvoir manger à leur faim et d'être exclus de l'accès aux services de santé." Au vu de la situation, Oxfam réclame, dans son rapport, une protection sociale universelle, une taxation plus importante des plus riches et une distribution équitable des vaccins.