Au milieu d'une vague de chaleur historique et de la pandémie de coronavirus, des milliers de résidents ont été forcés de fuir la Californie, ravagée par des incendies de forêts qui détruisent tout sur leur passage. Paysages sauvages, villes et quartiers résidentiels ont été touchés... Au total, plus de 450.000 hectares de forêts ont aujourd'hui brûlé, et plus de 1000 bâtiments ont été détruits.
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Au milieu d'une vague de chaleur historique et de la pandémie de coronavirus, des milliers de résidents ont été forcés de fuir la Californie, ravagée par des incendies de forêts qui détruisent tout sur leur passage. Paysages sauvages, villes et quartiers résidentiels ont été touchés... Au total, plus de 450.000 hectares de forêts ont aujourd'hui brûlé, et plus de 1000 bâtiments ont été détruits.Déclenchés par un rare orage et alimentés par un temps chaud et venteux, les incendies se sont rapidement propagés dans la Sierra Nevada, le sud de la Californie et les régions au nord, à l'est et au sud de San Francisco. Une vingtaine de foyers majeurs étaient encore en activité dimanche, dont le LNU Lightning Complex et le SCU Lightning Complex, respectivement au nord et au sud-est de San Francisco.Les pompiers s'inquiètent des prévisions selon lesquelles des orages secs - avec des éclairs mais peu de pluie - pourraient déclencher davantage d'incendies et propager ceux existants.La cause derrière ces incendies dévastateurs ? Une accumulation de conditions météorologiques extrêmes, notamment une vague de chaleur sans précédent, de l'humidité projeté par une tempête tropicale ainsi qu'une rare tempête d'éclairs. Sans oublier des rafales de vents qui ont sans doute contribué à la propagation des flammes.La Californie fait face à des températures records ces dernières semaines, qui ont fait exploser la demande en électricité liée à la climatisation. Le réseau électrique a tellement été mis à rude épreuve par des millions de Californiens cherchant à refroidir leur maison que l'État a finalement dû imposer des coupures de courant à répétition. La Californie n'avait pas connu de coupures de courant de cette ampleur en près de deux décennies.Le Pacifique a ensuite été touché par une tempête tropicale, l'ouragan Genevieve, dont les rafales de vents ont atteint une vitesse de près de 210 km/h. La tempête, qui s'est peu à peu déplacée en direction de la péninsule de Basse-Californie, a alors provoqué une légère augmentation de l'humidité dans l'État de l'Ouest américain. Si la tempête a entraîné une légère chute des températures dans son sillage, la canicule n'a pour autant pas disparu.Cette augmentation de l'humidité résiduelle de Geneviève a, à son tour, déclenché une série d'orages. Qui dit orage, dit éclairs : une rare tempête d'éclairs a frappé la Californie environ 12 000 fois, sur une période de trois jours. Ces multiples coups de foudre ont alors déclenché 585 petits incendies dans diverses régions de l'État.Puis l'humidité a chuté et les vents ont repris, attisant les petites flammes jusqu'à ce qu'elles éclatent en incendies à part entière. Samedi 15 août, l'un des incendies de forêt dans le nord de la Californie a même engendré une tornade de feu. Cette tornade de feu a encouragé l'expansion de nombreux incendies dans tout l'État. "Certains de ces incendies ont commencé à fusionner, se nourrissant de l'énergie des autres et se développant encore plus vite", a déclaré au Guardian Scott Stephens, un spécialiste des incendies à l'UC Berkeley.Ces dernières années, le risque d'incendies d'une telle ampleur ne cesse d'augmenter, et ce, en raison du réchauffement climatique. La hausse des températures ronge petit à petit le paysage californien, et rendant l'État vulnérable aux catastrophes naturelles. Une récente étude montre que la fréquence des jours d'automne frappés par des conditions météorologiques extrêmes et propices aux incendies en Californie a plus que doublé depuis le début des années 1980.Si les feux de forêts sont naturels et même nécessaires en Californie - le paysage s'adapte et évolue avec les incendies -, les derniers incendies de forêt en date ont brûlé sur de plus grandes superficies, pendant de plus longues périodes, dévastant les maisons et les quartiers. Le réchauffement climatique a ainsi rompu l'équilibre naturel de destruction et de repousse. "Le problème n'est pas que des incendies de forêt se produisent, c'est que les conséquences sont pires lorsqu'ils se produisent ", a expliqué Daniel Swain, climatologue à l'Université de Californie à Los Angeles et auteur de la récente étude.Il ne fait aucun doute qu'un siècle de mauvaise gestion du paysage en Californie a également aidé les incendies à devenir plus grands et plus destructeurs. Le gouvernement américain a réprimé pendant des années les incendies de forêt qui étaient nécessaires pour éliminer la végétation envahissante et maintenir les forêts en bonne santé. Les Californiens ont également construit leurs maisons dans des paysages sauvages particulièrement sujets aux incendies, et continuent aujourd'hui de le faire.Confrontés aux incendies dévastateurs de ces dernières années, les pompiers et les forestiers ont finalement intensifié ce type de gestion du paysage. Mais les efforts ont été entravés par la pandémie de coronavirus, qui a écarté certaines équipes de pompiers et limité leur travail.Déjà en 2019, des grands incendies ont brûlé un total de 104 813 hectares et tué trois personnes, selon Cal Fire, le Département des forêts et de la protection contre les incendies de Californie. Les autorités parlaient alors d'un phénomène "potentiellement extrême et historique". Mais cette année, les incendies de forêt semblent plus importants : ils ont non seulement causé plus de morts, mais également plus de destructions qu'en 2019. L'histoire se répète, et le pire semble encore à venir. Du moins, si l'on en croit les statistiques. Pour rappel, les cinq incendies les plus destructeurs en Californie ont tous eu lieu ces cinq dernières années.Selon les scientifiques, ces incendies de forêt, ajoutés aux records de températures et à la détérioration rapide des conditions climatiques mondiales témoignent que nous sommes entrés dans un "régime d'incendie" au niveau mondial.