Les PDG d'Amazon, Apple, Facebook et Google ont participé individuellement à un interrogatoire par vidéoconférence pendant un total de près de six heures. Certaines questions étaient épineuses et d'autres beaucoup moins.
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Les PDG d'Amazon, Apple, Facebook et Google ont participé individuellement à un interrogatoire par vidéoconférence pendant un total de près de six heures. Certaines questions étaient épineuses et d'autres beaucoup moins.Les démocrates se sont concentrés sur la question de concurrence. À savoir, est-ce que ces entreprises se livrent à des pratiques anticoncurrentielles qui écrasent les concurrents et nuisent aux consommateurs ? De l'autre côté, de nombreux républicains se sont détournés des questions d'antitrust pour se concentrer sur des allégations non fondées de partialité anticonservatrice.Bien que cette audience n'entraînera pas de mesures politiques ou réglementaires immédiates, elle pourrait faire pression sur les autorités antitrust de la Commission fédérale du commerce et du ministère de la Justice. De plus, elle pourrait ouvrir la voie à des enquêtes gouvernementales plus larges sur les pratiques commerciales de ces entreprises et les lois qui n'ont pas réussi à les contenir.Pramila Jayapal, membre du Congrès démocrate de Washington, a particulièrement cuisiné Jeff Bezos, PDG d'Amazon et Mark Zuckerberg, PDG de Facebook. Elle a d'ailleurs interrogé ce dernier sur l'acquisition en 2012 de son concurrent d'alors, Instagram.Jayapal a dévoilé des documents internes à Mark Zuckerberg lorsqu'il a nié à plusieurs reprises l'existence d'un accord avec le fondateur d'Instagram, Kevin Systrom. Après un échange tendu, le PDG de Facebook a répondu qu'il n'était pas d'accord avec la façon dont elle caractérisait ses messages à Kevin Systrom."Je pense qu'il était clair que nous allions entrer en concurrence d'une manière ou d'une autre", a déclaré Mark Zuckerberg. "Je ne considère pas ces conversations comme une menace de quelque façon que ce soit."Cependant, Pramila Jayapal avait plus de preuves. Elle a notamment dévoilé des messages dans lesquels le fondateur d'Instagram partageait ses inquiétudes avec un investisseur. Dans ces derniers, Kevin Systrom s'inquiétait du fait que Mark Zuckerberg se mettrait en "mode destruction", copiant et écrasant son application s'il rejetait un accord.Lire aussi : Pourquoi Facebook et Mark Zuckerberg ont voulu annihiler Instagram"Facebook est un cas d'étude en situation de monopole. Votre entreprise récolte et monétise nos données et ensuite elle utilise ces données pour espionner, copier, acquérir et tuer les rivaux", a déclaré Pramila Jayapal.Le PDG d'Apple a été confronté à des questions difficiles pour savoir si Apple ne prélevait pas une part trop importante des revenus des développeurs tiers qui vendent des applications dans son App Store. Spotify, par exemple, s'est plaint très publiquement de ce problème, ce qui a conduit les régulateurs européens à lancer une paire d'enquêtes antitrust en juin. Pourtant, mercredi, les membres du Congrès n'ont pas concentré leur colère sur les problèmes d'Apple comme ils l'ont fait sur ceux des autres PDG du secteur technologique.Dans l'ensemble, Tim Cook a gagné en faisant profil bas. Jusqu'à présent, il a su rester discret quand il le fallait pour gagner la confiance de la politique de l'ère Trump.Les démocrates ont fait pression sur Facebook en raison de son incapacité à empêcher les discours haineux et la désinformation de se répandre sur la plateforme. Comme mentionné plus haut, Mark Zuckerberg a surtout été attaqué par la démocrate Pramila Jayapal. Malgré tout, il s'est plus ou moins défendu de plusieurs façons. Tout d'abord, il a déclaré que si Facebook n'avait pas acquis des rivaux plus petits comme Instagram, ces startups n'auraient peut-être jamais réussi à l'échelle où elles se trouvent aujourd'hui. Deuxièmement, il a déclaré que Facebook n'est pas vraiment un monopole car il est en concurrence avec des entreprises comme Google pour les publicités, Amazon avec le commerce et TikTok pour le social. Troisièmement, il a affirmé que si les régulateurs américains affaiblissaient les géants technologiques comme Facebook, d'autres concurrents, le Chinois TikTok, cela renforcerait des entreprises moins engagées dans les valeurs américaines. Enfin, Mark Zuckerberg a dû faire face à une série de questions acerbes de la part des républicains qui ont accusé Facebook d'être intrinsèquement contre les conservateurs. Même si ces affirmations ne sont pas fondées, ils ont laissé le PDG défendre sa société sous toutes sortes d'angles.En se défendant plus que les autres, il fait aussi face à plus d'accusations. Ce qui en fait un "perdant".Le PDG de Google a été confronté à un questionnement intense sur les pratiques de sa société en matière de protection de la vie privée et de domination sur le marché des annonces.Sundar Pichai a également été victime d'accusations infondées de partialité politique. Mais les attaques partisanes des républicains ne se sont pas arrêtées là. Plusieurs républicains, comme Ken Buck et Matt Gaetz, se sont également opposés à l'abandon par Google d'un contrat important avec le Pentagone pour le développement d'une IA destinée à être utilisée pour des drones militaires. Le projet, surnommé Maven, a été abandonné en partie à cause de la dissidence ouverte de milliers d'employés de Google, arguant qu'ils n'avaient pas signé pour être dans des affaires militaires.Les travaux antérieurs de Google visant à construire un moteur de recherche conforme à la stricte censure du Parti communiste chinois ont également été remis en question par les républicains, qui ont accusé Pichai de se rapprocher du gouvernement chinois.Le PDG d'Amazon, et accessoirement l'homme le plus riche du monde, s'en est plutôt bien sorti. Cependant, le témoignage de Bezos n'a pas permis de dissiper les inquiétudes concernant le pouvoir qu'Amazon exerce sur ses 1,7 million de petits et moyens vendeurs. Il s'agit notamment de soupçons sur la façon dont la société utilise les données pour développer des produits concurrents, ainsi que sur sa tendance à suspendre ou à interdire des vendeurs sans préavis ni explication.Le membre du Congrès de l'Ohio a été le plus corrosif des républicains en affirmant que ces géants censurent ou suppriment de diverses manières les points de vue conservateurs. "Je vais aller droit au but. Les grandes entreprises technologiques veulent s'attaquer aux conservateurs", a-t-il déclaré dans son discours d'ouverture. Cependant, Jim Jordan a gâché de précieuses occasions de poser des questions pertinentes aux titans de la technologie sur la tâche réelle à accomplir : savoir s'ils abusent réellement de leur pouvoir sur leurs partenaires et concurrents.