La partie est d'Alep, la plus grande ville de Syrie toujours occupée par les rebelles, encaisse de violents bombardements depuis le début de la guerre civile il y a cinq ans.
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La partie est d'Alep, la plus grande ville de Syrie toujours occupée par les rebelles, encaisse de violents bombardements depuis le début de la guerre civile il y a cinq ans. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme, depuis la rupture du cessez-le-feu décrété par les États-Unis et la Russie le 19 septembre, 262 personnes ont été tuées par les attaques aériennes du régime syrien et de la Russie. Les bombardements ont touché des écoles et des hôpitaux et ont coupé d'importantes routes d'approvisionnement. Les relations entre l'Occident et la Russie sont loin d'être au beau fixe. L'ambassadrice américaine des Nations-Unies, Samantha Power, accuse Moscou de "barbarie" et le ministre des Affaires étrangères John Kerry menace de mettre fin à la coopération avec la Russie en Syrie. Stratégie D'après le quotidien américain The New York Times, certains analystes expliquent les attaques brutales contre la population civile d'Alep par une stratégie délibérée de la Russie et de la Syrie, qui dépasse la lutte pour la ville. Leur stratégie semble destinée à affaiblir et à frustrer les rebelles au point qu'ils finissent par rejoindre les groupements extrémistes et perdent leur légitimité, ce qui peut renforcer la position de la Russie et d'Assad. Alep est un des rares bastions restants de la rébellion non djihadiste en Syrie. Après des mois d'occupation, les rebelles se trouvent confrontés à un choix terrible : soit ils rejoignent les extrémistes pour obtenir de l'aide, soit ils meurent de faim - un choix qui n'en est pas un. Le quotidien observe que des groupements djihadistes sont déjà intervenus à Alep. Interrogée par The New York Times, Genevieve Casagrande, analyste pour l'Institute for the Study of War, qualifie cette stratégie de victoire pour la Russie et probablement aussi d'objectif de Moscou. Obliger les rebelles à collaborer avec les djihadistes les "contaminerait" et compliquerait la tâche de l'Occident de les approvisionner en armes et de les impliquer dans un accord de paix éventuel. Ligne de séparation "'La radicalisation de l'opposition' relève d'une tactique qui unira l'opposition à court terme, mais qui à long terme estompera la ligne de séparation entre les djihadistes et les rebelles 'modérés'", explique Casagrande.La Russie continue à exiger que les États-Unis distinguent clairement les rebelles "modérés" soutenus par les Américains des terroristes. Le Front Fatah al-Cham, l'ancien Jabhat al-Nosra qui s'est "distancié" d'Al-Qaïda en changeant de nom, reste une pomme de discorde. La rumeur circule d'ailleurs qu'al-Nosra est toujours armé par les États-Unis. Washington tente de résoudre le problème en convainquant les rebelles de repousser les djihadistes en leur promettant un soutien. Cependant, les rebelles à Alep ont d'urgence besoin de soutien sur le terrain et en ce moment seuls les extrémistes peuvent leur en donner, observe The New York Times. Détruire Ko Colijn, expert en défense à l'Institut Clingendael à La Haye, ne partage pas tout à fait cet avis. Il parle plutôt de "fait d'expérience" que de stratégie. "Peut-être qu'elle fonctionne pour certaines parties de la population restée en arrière. La résistance armée de l'opposition syrienne sera reprise dans les régions les plus assiégées de Syrie par les opposants les plus combatifs - comprenez : l'EI et d'autres groupements radicaux. Cependant, cette population sait très bien d'où viennent les barils explosifs, ce qui ne l'incite guère à aimer Assad et la Russie et légitime encore moins leur intervention", explique-t-il. "Pour moi, le bombardement est tout simplement une grossière démonstration de force, destinée à détruire l'opposition, plutôt qu'une tentative de faire perdre sa légitimité à cette opposition", ajoute Colijn. Armer Entre-temps, The Wall Street Journal annonce que le gouvernement américain se concerte sur la nécessité d'armer les rebelles syriens, à savoir si la CIA et ses partenaires régionaux doivent livrer des systèmes d'armes qui permettraient aux organisations de rebelles soutenues par eux d'attaquer les positions d'artillerie syriennes et russes à distance plus éloignée. Le gouvernement américain se demande aussi s'il doit autoriser la Turquie ou l'Arabie saoudite à équiper les rebelles de systèmes d'armes plus efficaces, tels que les systèmes de défense aérienne. (KVDA)