En six jours, deux forcenés ont perpétré des massacres aveugles dans le Michigan et le Kansas, faisant au total une vingtaine de victimes dont au moins neuf morts, tandis qu'un garçon de 6 ans tuait accidentellement son père dans l'Indiana, après avoir saisi un pistolet sur le réfrigérateur familial.

Des faits divers s'inscrivant dans une "routine", selon l'expression même de Barack Obama. Le président américain, qui présente ses condoléances après chaque grosse tuerie, ajoute désormais de façon désabusée qu'il aura probablement à le refaire bientôt.

Lui qui s'est fixé comme première résolution pour 2016 la lutte contre "l'épidémie" des violences par armes à feu, se voit réduit à un discours tournant à vide face au blocage du Congrès sur la question.

En janvier le chef de l'Etat a bien annoncé, ému aux larmes, des contrôles réglementaires sur les ventes d'armes, mais ce programme "de bon sens" s'est pour l'instant cantonné à des mesurettes difficilement applicables.

Et, dans un pays comptant davantage d'armes que d'habitants, avec des candidats républicains qui se voient bientôt à la Maison Blanche, les signaux vont plutôt dans l'autre sens.

Ainsi l'Etat américain du Tennessee, par un vote quasi-unanime de ses sénateurs, s'est fièrement choisi mercredi comme "arme officielle" une mitrailleuse capable de descendre un avion de ligne.

Fusil 'mascotte' de l'Etat

Un glorieux symbole qui est venu rejoindre les autres emblèmes du Tennessee, comme le drapeau à trois étoiles, l'oiseau moqueur ou le raton laveur.

Cet impressionnant engin d'usage militaire, "made in Tennessee" par le fabricant Barrett, tire des projectiles de 661 grammes pouvant percer des blindages ou encore "faire exploser des réservoirs de stockage de produits chimiques toxiques", souligne le Violence Policy Center, une association de lutte contre les violences par armes à feu. Cette arme semi-automatique est pourtant proposée à la vente pour les civils.

Pour la vaste majorité des Européens, des Sud-Américains ou des Asiatiques, il ne fait aucun doute qu'une arme à feu étant par définition mortelle, mieux vaut l'écarter le plus possible des lieux de vie et a fortiori des enfants.

Mais pas en Amérique où, comme cette semaine dans l'Etat de l'Iowa, on a pu assister à des débats surréalistes sur le fait de savoir si la main d'un enfant de maternelle était suffisamment développée pour tenir un revolver.

Dans cet Etat du Midwest, où le très conservateur sénateur du Texas Ted Cruz a remporté les primaires républicaines au début du mois, la chambre des représentants s'est prononcée à une majorité de 62 contre 36 en faveur d'un projet de loi permettant aux enfants de tirer à balles réelles sans restriction d'âge, sous la supervision de leurs parents.

Il n'est pas inhabituel aux Etats-Unis d'occuper son temps libre au stand de tir, où se retrouvent les familles à la fois pour déjeuner et vider des chargeurs.

'Milice de bambins'

"Ce projet de loi autorise les enfants de 1 an, 2 ans, 3 ans ou 4 ans à se servir d'une arme de poing", a déploré Kirsten Running-Marquardt, une démocrate de la chambre.

"Nous n'avons pas besoin d'une milice de bambins", a poursuivi Mme Running-Marquardt, alors que les textes en voie de révision dans l'Iowa interdisent normalement aux mineurs de moins de 14 ans de toucher un pistolet.

Les défenseurs du projet de loi, s'appuyant sur le sacro-saint deuxième amendement de la Constitution, soutiennent que c'est aux parents de décider à quel âge confier une arme à leur progéniture.

"Voilà pourquoi nous avons une cinquantaine d'enfants atteints par balle chaque jour dans ce pays! Voilà pourquoi sept d'entre eux meurent chaque jour dans ce pays!", a martelé, en vain, Bruce Hunter, député démocrate de l'Iowa.

Le texte doit désormais être examiné par le Sénat local pour être adopté.

En six jours, deux forcenés ont perpétré des massacres aveugles dans le Michigan et le Kansas, faisant au total une vingtaine de victimes dont au moins neuf morts, tandis qu'un garçon de 6 ans tuait accidentellement son père dans l'Indiana, après avoir saisi un pistolet sur le réfrigérateur familial.Des faits divers s'inscrivant dans une "routine", selon l'expression même de Barack Obama. Le président américain, qui présente ses condoléances après chaque grosse tuerie, ajoute désormais de façon désabusée qu'il aura probablement à le refaire bientôt. Lui qui s'est fixé comme première résolution pour 2016 la lutte contre "l'épidémie" des violences par armes à feu, se voit réduit à un discours tournant à vide face au blocage du Congrès sur la question. En janvier le chef de l'Etat a bien annoncé, ému aux larmes, des contrôles réglementaires sur les ventes d'armes, mais ce programme "de bon sens" s'est pour l'instant cantonné à des mesurettes difficilement applicables. Et, dans un pays comptant davantage d'armes que d'habitants, avec des candidats républicains qui se voient bientôt à la Maison Blanche, les signaux vont plutôt dans l'autre sens.Ainsi l'Etat américain du Tennessee, par un vote quasi-unanime de ses sénateurs, s'est fièrement choisi mercredi comme "arme officielle" une mitrailleuse capable de descendre un avion de ligne. Fusil 'mascotte' de l'Etat Un glorieux symbole qui est venu rejoindre les autres emblèmes du Tennessee, comme le drapeau à trois étoiles, l'oiseau moqueur ou le raton laveur.Cet impressionnant engin d'usage militaire, "made in Tennessee" par le fabricant Barrett, tire des projectiles de 661 grammes pouvant percer des blindages ou encore "faire exploser des réservoirs de stockage de produits chimiques toxiques", souligne le Violence Policy Center, une association de lutte contre les violences par armes à feu. Cette arme semi-automatique est pourtant proposée à la vente pour les civils. Pour la vaste majorité des Européens, des Sud-Américains ou des Asiatiques, il ne fait aucun doute qu'une arme à feu étant par définition mortelle, mieux vaut l'écarter le plus possible des lieux de vie et a fortiori des enfants. Mais pas en Amérique où, comme cette semaine dans l'Etat de l'Iowa, on a pu assister à des débats surréalistes sur le fait de savoir si la main d'un enfant de maternelle était suffisamment développée pour tenir un revolver. Dans cet Etat du Midwest, où le très conservateur sénateur du Texas Ted Cruz a remporté les primaires républicaines au début du mois, la chambre des représentants s'est prononcée à une majorité de 62 contre 36 en faveur d'un projet de loi permettant aux enfants de tirer à balles réelles sans restriction d'âge, sous la supervision de leurs parents. Il n'est pas inhabituel aux Etats-Unis d'occuper son temps libre au stand de tir, où se retrouvent les familles à la fois pour déjeuner et vider des chargeurs.'Milice de bambins'"Ce projet de loi autorise les enfants de 1 an, 2 ans, 3 ans ou 4 ans à se servir d'une arme de poing", a déploré Kirsten Running-Marquardt, une démocrate de la chambre. "Nous n'avons pas besoin d'une milice de bambins", a poursuivi Mme Running-Marquardt, alors que les textes en voie de révision dans l'Iowa interdisent normalement aux mineurs de moins de 14 ans de toucher un pistolet. Les défenseurs du projet de loi, s'appuyant sur le sacro-saint deuxième amendement de la Constitution, soutiennent que c'est aux parents de décider à quel âge confier une arme à leur progéniture. "Voilà pourquoi nous avons une cinquantaine d'enfants atteints par balle chaque jour dans ce pays! Voilà pourquoi sept d'entre eux meurent chaque jour dans ce pays!", a martelé, en vain, Bruce Hunter, député démocrate de l'Iowa.Le texte doit désormais être examiné par le Sénat local pour être adopté.