Le patron d'Amazon, Jeff Bezos et le prince saoudien sulfureux ont noué une relation amicale au fil du temps et ont pour habitude de communiquer via la messagerie WhatsApp. Au cours de l'un de ces échanges virtuels, Mohammed ben Salmane aurait hacké le smartphone de son "ami", révèle le Guardian.

Il y serait parvenu en lui envoyant un fichier vidéo qui aurait permis, en l'espace de quelques heures, d'exfiltrer illégalement de nombreuses informations depuis le téléphone de l'homme le plus riche du monde, explique le quotidien britannique de référence. Au terme de sa longue enquête, le Guardian n'est cependant pas parvenu à déterminer l'ampleur des vols ni si les informations dérobées avaient été utilisées par "MBS".

Mardi soir, le Washington Post a, de son côté, rapporté que les Nations unies allaient publier mercredi un rapport affirmant que le téléphone de Bezos avait été piraté. L'ambassade d'Arabie saoudite à Washington a démenti mardi l'implication du royaume dans le piratage du téléphone de Jeff Bezos. "Les récents articles qui suggèrent que le Royaume est derrière le piratage du téléphone de Jeff Bezos sont absurdes", a déclaré l'ambassade d'Arabie saoudite sur son compte Twitter. "Nous demandons une enquête sur ces allégations afin que toute la lumière soit faite sur ces faits", a-t-elle ajouté.

Cette intrusion dans l'appareil du fondateur d'Amazon remonte à 2018, elle avait conduit à la publication d'images intimes de Bezos en janvier 2019 dans le National Enquirer. La révélation par ce journal tabloïd d'informations sur une liaison du patron d'Amazon avait mené à son divorce. Bezos avait à l'époque engagé la société Gavin de Becker & Associates pour découvrir comment des messages et photographies privées avaient pu parvenir au National Enquirer. Alors que le média jurait qu'il avait été renseigné par le frère de la petite amie de Bezos, la propre équipe du milliardaire avait déjà mis en cause les autorités saoudiennes dans cette récolte d'informations. "Nos enquêteurs et plusieurs experts ont conclu avec un haut degré de confiance que les Saoudiens ont eu accès au téléphone de Bezos, et récolté des informations privées", avait-il affirmé sur le site Daily Beast, sans pour autant citer de nom au sein du gouvernement saoudien, ni donner de détails sur ce qui lui avait permis d'arriver à cette conclusion.

Une nouvelle enquête sur le prince héritier ?

Jeff Bezos est également le propriétaire du Washington Post, titre prestigieux pour lequel travaillait un certain Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Des experts saoudiens - dissidents et analystes - ont assuré au Guardian que Bezos était probablement visé en raison de sa qualité de propriétaire du Washington Post et de sa couverture de l'Arabie saoudite. Les chroniques critiques de Khashoggi sur le prince héritier et sa campagne de répression contre les activistes et les intellectuels ont choqué le prince héritier et son entourage. "Il est clair que les Saoudiens n'ont pas de véritables frontières ou limites quant à ce qu'ils sont prêts à faire pour protéger MBS, qu'ils s'en prennent à la tête de l'une des plus grandes entreprises du monde ou à un dissident isolé", indique Andrew Miller, expert du Moyen-Orient qui a siégé au Conseil de sécurité nationale sous le président Obama, cité par le journal Le Point.

Selon le journal français, ce nouvel épisode pourrait donc aussi conduire à une nouvelle enquête sur les agissements du prince héritier et de son entourage les mois précédant le meurtre de Jamal Khashoggi, assassiné cinq mois après le fameux piratage.

Ainsi, en décembre 2019, un tribunal saoudien a condamné huit personnes impliquées dans le meurtre à la suite d'un procès qualifié d'imposture par de nombreux spécialistes des droits de l'homme. Un procès d'autant plus décrié qu'il exonérait l'entourage de Mohammed ben Salmane de toute responsabilité dans le meurtre de Khashoggi. Le verdict sera largement décrié dans le monde comme une parodie de justice, à l'exception notable de Washington.

La CIA, comme l'envoyée spéciale des Nations unies Agnès Callamard, vont pourtant directement lier le prince Mohammed ben Salmane au meurtre, ce que dément avec véhémence le royaume. Jusqu'ici, l'Arabie saoudite a nié avoir ciblé le téléphone de l'Américain et insisté sur le fait que le meurtre de Khashoggi était le résultat d'une "opération illégale". Ces révélations pourraient néanmoins avoir des répercussions, et notamment miner les efforts déployés par le prince pour attirer davantage d'investisseurs occidentaux en Arabie saoudite, où il s'est engagé à transformer économiquement le royaume.

Le patron d'Amazon, Jeff Bezos et le prince saoudien sulfureux ont noué une relation amicale au fil du temps et ont pour habitude de communiquer via la messagerie WhatsApp. Au cours de l'un de ces échanges virtuels, Mohammed ben Salmane aurait hacké le smartphone de son "ami", révèle le Guardian.Il y serait parvenu en lui envoyant un fichier vidéo qui aurait permis, en l'espace de quelques heures, d'exfiltrer illégalement de nombreuses informations depuis le téléphone de l'homme le plus riche du monde, explique le quotidien britannique de référence. Au terme de sa longue enquête, le Guardian n'est cependant pas parvenu à déterminer l'ampleur des vols ni si les informations dérobées avaient été utilisées par "MBS". Mardi soir, le Washington Post a, de son côté, rapporté que les Nations unies allaient publier mercredi un rapport affirmant que le téléphone de Bezos avait été piraté. L'ambassade d'Arabie saoudite à Washington a démenti mardi l'implication du royaume dans le piratage du téléphone de Jeff Bezos. "Les récents articles qui suggèrent que le Royaume est derrière le piratage du téléphone de Jeff Bezos sont absurdes", a déclaré l'ambassade d'Arabie saoudite sur son compte Twitter. "Nous demandons une enquête sur ces allégations afin que toute la lumière soit faite sur ces faits", a-t-elle ajouté.Cette intrusion dans l'appareil du fondateur d'Amazon remonte à 2018, elle avait conduit à la publication d'images intimes de Bezos en janvier 2019 dans le National Enquirer. La révélation par ce journal tabloïd d'informations sur une liaison du patron d'Amazon avait mené à son divorce. Bezos avait à l'époque engagé la société Gavin de Becker & Associates pour découvrir comment des messages et photographies privées avaient pu parvenir au National Enquirer. Alors que le média jurait qu'il avait été renseigné par le frère de la petite amie de Bezos, la propre équipe du milliardaire avait déjà mis en cause les autorités saoudiennes dans cette récolte d'informations. "Nos enquêteurs et plusieurs experts ont conclu avec un haut degré de confiance que les Saoudiens ont eu accès au téléphone de Bezos, et récolté des informations privées", avait-il affirmé sur le site Daily Beast, sans pour autant citer de nom au sein du gouvernement saoudien, ni donner de détails sur ce qui lui avait permis d'arriver à cette conclusion.Jeff Bezos est également le propriétaire du Washington Post, titre prestigieux pour lequel travaillait un certain Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Des experts saoudiens - dissidents et analystes - ont assuré au Guardian que Bezos était probablement visé en raison de sa qualité de propriétaire du Washington Post et de sa couverture de l'Arabie saoudite. Les chroniques critiques de Khashoggi sur le prince héritier et sa campagne de répression contre les activistes et les intellectuels ont choqué le prince héritier et son entourage. "Il est clair que les Saoudiens n'ont pas de véritables frontières ou limites quant à ce qu'ils sont prêts à faire pour protéger MBS, qu'ils s'en prennent à la tête de l'une des plus grandes entreprises du monde ou à un dissident isolé", indique Andrew Miller, expert du Moyen-Orient qui a siégé au Conseil de sécurité nationale sous le président Obama, cité par le journal Le Point.Selon le journal français, ce nouvel épisode pourrait donc aussi conduire à une nouvelle enquête sur les agissements du prince héritier et de son entourage les mois précédant le meurtre de Jamal Khashoggi, assassiné cinq mois après le fameux piratage. Ainsi, en décembre 2019, un tribunal saoudien a condamné huit personnes impliquées dans le meurtre à la suite d'un procès qualifié d'imposture par de nombreux spécialistes des droits de l'homme. Un procès d'autant plus décrié qu'il exonérait l'entourage de Mohammed ben Salmane de toute responsabilité dans le meurtre de Khashoggi. Le verdict sera largement décrié dans le monde comme une parodie de justice, à l'exception notable de Washington. La CIA, comme l'envoyée spéciale des Nations unies Agnès Callamard, vont pourtant directement lier le prince Mohammed ben Salmane au meurtre, ce que dément avec véhémence le royaume. Jusqu'ici, l'Arabie saoudite a nié avoir ciblé le téléphone de l'Américain et insisté sur le fait que le meurtre de Khashoggi était le résultat d'une "opération illégale". Ces révélations pourraient néanmoins avoir des répercussions, et notamment miner les efforts déployés par le prince pour attirer davantage d'investisseurs occidentaux en Arabie saoudite, où il s'est engagé à transformer économiquement le royaume.