Hélicoptères de combat, chars, lance-grenades et armes d'assaut font régner la peur dans les rues de Juba indique un correspondant AFP. Des évènements auxquels le Soudan du Sud est malheureusement familier. En 2013, un terrible conflit plongeait le pays dans une guerre civile. Le président sud-soudanais Salva Kiir accusait son vice-président Riek Machar d'organiser un coup d'Etat. Un conflit qui s'était achevé par la signature d'un fragile accord de paix en août 2015, avec la condition que le chef rebelle Riek Machar revienne dans le gouvernement de transition.

La semaine dernière, de nouvelles provocations ont eu lieu entre deux groupes ethniques, les Dinka et les Nuer. Salva Kiir, président du Soudan du Sud et reconnaissable à son chapeau de cow-boy, est originaire de l'ethnie Dinka. Riek Machar, vice-président, est un Nuer. Deux hommes qui avaient combattu côte à côte pour l'indépendance de leur pays. Aujourd'hui, les deux "frères" ennemis sont en voie de remettre le pays à feu et à sang. Une rivalité meurtrière et un conflit latent où les dirigeants utilisent le nom des Dinka et des Nuer pour protéger leurs propres intérêts politiques.

Le 8 juillet, alors que le président et le vice-président étaient réunis pour une conférence de presse, des tirs ont été à nouveau entendus. La veille, un accrochage, à un barrage routier, entre des soldats fidèles au président Salva Kiir, de l'armée régulière (Armée populaire de libération du Soudan, APLS) et des hommes de l'ex-rébellion avait causé la mort de 5 militaires de l'APLS. Les deux armées qui se sont affrontées pendant de longs mois avaient été forcées de cohabiter après l'accord de paix signé en août 2015 mais s'observaient avec méfiance.

En août 2015, Slava Kiir (à gauche) et Riek Machar (à droite) signaient un fragile accord de paix., REUTERS
En août 2015, Slava Kiir (à gauche) et Riek Machar (à droite) signaient un fragile accord de paix. © REUTERS

Les Nations Unies condamnent les violences

Le conseil de sécurité des Nations Unies a demandé aux pays de la région d'intervenir dans le but de renforcer la mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) et ont condamné les violences, qui touchent particulièrement les civils et les femmes. Un conflit forçant plus de 860 000 Sud-Soudanais a trouvé refuge dans les pays voisins. "Près d'un quart des citoyens du Soudan du Sud sont déplacés à l'intérieur de leurs frontières ou dans les pays voisins, soit environ 2,6 millions de personnes pour une population totale de près de 11,3 millions en 2013", a précisé, Melissa Fleming, porte-parole de l'Office du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le Soudan du Sud "figure actuellement parmi les pays ayant les plus importants niveaux de déplacements de population provoqués par des conflits", a-t-elle rappelé.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est dit "profondément alarmé par la poursuite des combats à Juba (la capitale sud-soudanaise) entre les soldats de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et l'APLS dans l'opposition " dans un communiqué publié le 8 juillet 2016. "Je prie instamment le Président Kiir et le Premier Vice-Président Riek Machar de mettre immédiatement un terme à la poursuite des combats, de discipliner les chefs militaires responsables de la violence et, enfin, de travailler ensemble en tant que partenaires pour mettre en oeuvre l'Accord sur la résolution du conflit au Soudan du Sud", a appelé le Secrétaire général.

Pas de célébration pour les 5 ans d'indépendance

Une escalade meurtrière qui prend place quelques jours après l'anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud. La plus jeune nation du monde devait célébrer ses 5 ans d'indépendance. Une indépendance, obtenue au prix du sang et arrachée au Soudan, contre l'armée de Khartoum. Ce 9 juillet 2016, aucune célébration annoncée pour les Sud-Soudanais annonçait le Sudan Tribune. En cause, la crise économique qui touche gravement le pays. La guerre civile a eu une incidence considérable sur les revenus pétroliers dont dépend en grande partie le budget national. Le prix des barils de pétrole est au plus bas et le Soudan du Sud vend aujourd'hui son pétrole à perte.

Pour faire face à la crise qui ronge le pays, le gouvernement sud-soudanais se serre déjà la ceinture, indique le Sudan Tribune. "Les nouveaux ministres du gouvernement de transition n'ont pas eu droit à de nouveaux véhicules et ceux du précédent gouvernement ont été priés de quitter leur maison de fonction." Cependant la crise est profonde. Dans un pays qui peine à trouver un équilibre économique et politique, les évènements de ces derniers jours, laissent craindre un nouveau bain de sang.

Hélicoptères de combat, chars, lance-grenades et armes d'assaut font régner la peur dans les rues de Juba indique un correspondant AFP. Des évènements auxquels le Soudan du Sud est malheureusement familier. En 2013, un terrible conflit plongeait le pays dans une guerre civile. Le président sud-soudanais Salva Kiir accusait son vice-président Riek Machar d'organiser un coup d'Etat. Un conflit qui s'était achevé par la signature d'un fragile accord de paix en août 2015, avec la condition que le chef rebelle Riek Machar revienne dans le gouvernement de transition. La semaine dernière, de nouvelles provocations ont eu lieu entre deux groupes ethniques, les Dinka et les Nuer. Salva Kiir, président du Soudan du Sud et reconnaissable à son chapeau de cow-boy, est originaire de l'ethnie Dinka. Riek Machar, vice-président, est un Nuer. Deux hommes qui avaient combattu côte à côte pour l'indépendance de leur pays. Aujourd'hui, les deux "frères" ennemis sont en voie de remettre le pays à feu et à sang. Une rivalité meurtrière et un conflit latent où les dirigeants utilisent le nom des Dinka et des Nuer pour protéger leurs propres intérêts politiques. Le 8 juillet, alors que le président et le vice-président étaient réunis pour une conférence de presse, des tirs ont été à nouveau entendus. La veille, un accrochage, à un barrage routier, entre des soldats fidèles au président Salva Kiir, de l'armée régulière (Armée populaire de libération du Soudan, APLS) et des hommes de l'ex-rébellion avait causé la mort de 5 militaires de l'APLS. Les deux armées qui se sont affrontées pendant de longs mois avaient été forcées de cohabiter après l'accord de paix signé en août 2015 mais s'observaient avec méfiance.Le conseil de sécurité des Nations Unies a demandé aux pays de la région d'intervenir dans le but de renforcer la mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss) et ont condamné les violences, qui touchent particulièrement les civils et les femmes. Un conflit forçant plus de 860 000 Sud-Soudanais a trouvé refuge dans les pays voisins. "Près d'un quart des citoyens du Soudan du Sud sont déplacés à l'intérieur de leurs frontières ou dans les pays voisins, soit environ 2,6 millions de personnes pour une population totale de près de 11,3 millions en 2013", a précisé, Melissa Fleming, porte-parole de l'Office du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Le Soudan du Sud "figure actuellement parmi les pays ayant les plus importants niveaux de déplacements de population provoqués par des conflits", a-t-elle rappelé. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est dit "profondément alarmé par la poursuite des combats à Juba (la capitale sud-soudanaise) entre les soldats de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et l'APLS dans l'opposition " dans un communiqué publié le 8 juillet 2016. "Je prie instamment le Président Kiir et le Premier Vice-Président Riek Machar de mettre immédiatement un terme à la poursuite des combats, de discipliner les chefs militaires responsables de la violence et, enfin, de travailler ensemble en tant que partenaires pour mettre en oeuvre l'Accord sur la résolution du conflit au Soudan du Sud", a appelé le Secrétaire général.Une escalade meurtrière qui prend place quelques jours après l'anniversaire de l'indépendance du Soudan du Sud. La plus jeune nation du monde devait célébrer ses 5 ans d'indépendance. Une indépendance, obtenue au prix du sang et arrachée au Soudan, contre l'armée de Khartoum. Ce 9 juillet 2016, aucune célébration annoncée pour les Sud-Soudanais annonçait le Sudan Tribune. En cause, la crise économique qui touche gravement le pays. La guerre civile a eu une incidence considérable sur les revenus pétroliers dont dépend en grande partie le budget national. Le prix des barils de pétrole est au plus bas et le Soudan du Sud vend aujourd'hui son pétrole à perte. Pour faire face à la crise qui ronge le pays, le gouvernement sud-soudanais se serre déjà la ceinture, indique le Sudan Tribune. "Les nouveaux ministres du gouvernement de transition n'ont pas eu droit à de nouveaux véhicules et ceux du précédent gouvernement ont été priés de quitter leur maison de fonction." Cependant la crise est profonde. Dans un pays qui peine à trouver un équilibre économique et politique, les évènements de ces derniers jours, laissent craindre un nouveau bain de sang.