Le président américain Donald Trump, qui s'est engagé en décembre sans aucune consultation à retirer ses troupes - quelque 2.000 hommes - de Syrie, a exhorté la semaine dernière ses alliés européens à rapatrier leurs ressortissants ayant rejoint les rangs du groupe djihadiste EI, par crainte de les voir s'échapper et reprendre la lutte ailleurs, suscitant des réactions en sens divers parmi les Européens.

En Belgique, le Premier ministre Charles Michel a plaidé dès lundi pour que les djihadistes étrangers - et notamment belges - détenus en Syrie soient "au maximum" jugés dans la région, tout en invoquant la possibilité de créer une juridiction internationale ad hoc. "Ma préférence va vers une forme de justice internationale bien que je sois conscient des grandes difficultés que cela implique", a répété dimanche M. Michel à quelques journalistes, peu avant son arrivée à Charm el-Cheikh.

Cette solution est en effet assez complexe. La première difficulté tient dans le fait que le terrorisme n'est pas défini par le statut de Rome - qui régit le fonctionnement de la Cour pénale internationale (CPI) - et n'entre donc pas dans les compétences de cette juridiction basée à la Haye et mise en place pour lutter contre l'impunité, poursuivre les responsables des pires atrocités commises dans le monde et dissuader la commission des crimes internationaux les plus graves.

Second écueil, la mise en place d'une juridiction ad hoc nécessiterait quant à elle un accord sur son financement et ses modalités entre les différents Etats à la manoeuvre. De surcroît, il conviendrait de déterminer le lieu qui accueillerait cette juridiction ainsi que celui où seraient détenus les combattants étrangers. "Un dialogue intense, d'abord entre Européens, puis avec d'autres partenaires" doit être mené à ce propos, a estimé M. Michel.

Dans la cité balnéaire égyptienne, le Premier ministre multipliera en tout cas les rencontres bilatérales avec des représentants de pays arabes sur le sujet. Des échanges avec des ministres ou des chefs d'Etat et de gouvernement du Liban, d'Oman, de Jordanie, d'Egypte, d'Arabie saoudite, ou encore d'Irak sont à son programme.

Ces discussions doivent lui permettre de mieux connaître les points de vue des uns et des autres afin d'envisager les initiatives possibles à court terme, a-t-il expliqué.