Son histoire est fascinante. Et elle ne finit pas très bien. Le paquebot transatlatique britannique, mis sur les flots le 10 avril 1912, pour relier Southampton à New York, et censé être insubmersible, tire sa révérence 4 petits jours seulement après avoir pris la mer. Le navire, avec 2471 personnes à son bord, percute un iceberg dans la soirée du 14 avril 1912 et coule au large de Terre-Neuve, au Canada. Environ 1500 y perdent la vie.

L'épave de ce géant des mers n'est finalement retrouvée que 73 ans plus tard, en 1985, à plus de 3800m de profondeur et à plus de 600 kms de Terre-Neuve, par Robert Ballard, un scientifique maritime américain,accompagné d'une équipe de chercheurs français, du moins officiellement. La découverte de l'épave avait, à l'époque, fait les gros titres.

Mais l'expédition menée par Ballard avait un but bien plus officieux, peut-on lire sur Slate. L'armée américaine avait eu l'idée de camoufler ses vraies intérêts en lançant une grande opération pour retrouver l'épave du malheureux paquebot : il s'agissait en fait d'un stratagème mis en place pour retrouver deux sous-marins, l'USS Scorpion et l'USS Thresher, coulés vingt ans plus tôt. "Je devais trouver une couverture, ils ne voulaient pas que le monde sache", avait confié Ballard, dans une interview à CNN.

Toujours en période de Guerre Froide, les Américains veulent la jouer discrète: "Nous savions où les sous-marins étaient", explique ensuite Ballard, qui n'était pas que scientifique, mais également commandant dans la marine. "Ils voulaient que je retourne sur le lieu de l'épave sans être suivi par les Russes. Les armes nucléaires du Scorpion nous intéressaient, de même que l'impact des réacteurs nucléaires sur l'environnement".

Pour pouvoir bénéficier du financement nécessaire, une couverture aussi importante que la recherche de l'épave du Titanic était nécessaire. Une fois les sous-marins retrouvés, l'expédition a pu finalement se concentrer sur le paquebot, et 12 jours ont pu être consacrés à la recherche de l'épave tant convoitée.

Si vous êtes intéressés par "l'histoire derrière l'histoire", les détails se trouvent jusqu'à la fin de l'année au musée National Geographic à... Washington.