Après un accueil officiel par le Premier ministre Charles Michel et une réunion gouvernementale au Palais d'Egmont, M. Tshisekedi - un ex-opposant ayant longtemps vécu en Belgique et proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre dernier - sera reçu par le roi Philippe au Palais royal.

"Le président rencontrera ensuite des représentants des entreprises belges. Il poursuivra sa visite en Belgique par des réunions de travail avec des acteurs institutionnels et économiques", a indiqué le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères dans un communiqué sans préciser la durée de cette visite.

Mais des indiscrétions font état d'une arrivée à Bruxelles le lundi 16 septembre en soirée et d'un séjour en Belgique jusqu'au 20, avec des visites à Anvers - peut-être pour concrétiser la réouverture du consulat congolais - et à la Faculté agronomique de Gembloux. Une rencontre pourrait également avoir lieu avec la diaspora congolaise, selon les journaux 'La Libre Belgique' et 'L'Echo'.

"La visite officielle confirme la redynamisation de la relation de grande proximité qui existe entre la RDC et la Belgique et offre également l'opportunité d'élargir et intensifier la coopération bilatérale", soulignent les Affaires étrangères.

"Les échanges sur les attentes et projets des autorités congolaises permettront aux deux pays d'identifier les domaines où la Belgique pourrait soutenir les efforts de réformes et de changements annoncés par les autorités congolaises, au bénéfice de la population", conclut le communiqué.

Il s'agira de la première visite officielle d'un président congolais en Belgique depuis celle du prédécesseur de M. Tshisekedi, Joseph Kabila Kabange, en 2007.

M. Kabila, arrivé au pouvoir après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001, l'a cédé au nouveau chef de l'Etat le 24 janvier dernier, au terme d'élections générales contestées mais qui ont conduit à la première transition pacifique du pouvoir depuis l'indépendance de la RDC, en juin 1960.

Le camp de l'ancien président reste toutefois très majoritaire tant au sein du nouveau gouvernement qui a vu le jour lundi, au terme de mois de négociations entre le Front commun pour le Congo (FCC, kabiliste) et Cap pour le changement (Cach, la coalition de M. Tshisekedi), qu'au sein des deux chambres du parlement congolais.

L'accession de M. Tshisekedi à la présidence a permis un dégel des relations belgo-congolaises, plongées durant près de deux ans dans une crise profonde sur fond de report des élections, initialement prévues fin 2016.

La Belgique et son ancienne colonie émergent de cette énième crise, qui avait débuté par la suspension par Kinshasa, le 14 avril 2017, de la coopération militaire belgo-congolaise mise sur pied en 2003. Cette décision faisait suite à des critiques du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, sur le choix d'un Premier ministre congolais issu de l'opposition.

La RDC a ensuite pris en janvier 2018 une série d'autres mesures à l'encontre de la Belgique, comme la fermeture du bureau de coopération installé au sein de l'ambassade à Kinshasa, celle du consulat général de Lubumbashi (sud-est), le seul poste diplomatique belge dans la partie orientale du pays, et celle de la Maison Schengen à Kinshasa - une sorte du bureau consulaire belge chargé de traiter les dossiers des Congolais demandeurs de visa au profit de 18 pays européens.

Kinshasa ripostait à la décision prise par le gouvernement belge de réviser la coopération bilatérale.

Les relations entre Bruxelles et Kinshasa sont désormais en voie de totale normalisation, avec notamment l'arrivée récente d'un nouvel ambassadeur de Belgique, Johan Indekeu - qui doit toutefois encore présenter ses lettres de créances au président Tshisekedi avant d'entrer en fonction.