Parmi les eurodéputés appelés à s'exprimer, 82 ont voté contre sa candidature, 29 pour et un s'est abstenu, a appris l'AFP auprès de sources parlementaires. En matinée, Mme Goulard s'était une nouvelle fois présentée devant les élus des deux commissions pour tenter de les convaincre de sa capacité à assumer un poste de commissaire dans l'exécutif de l'Allemande Ursula von der Leyen.

La taille du portefeuille brigué par la commissaire désignée par la France et des questions sur son intégrité avaient toutefois à nouveau occupé le devant de la scène.

Deux enquêtes sont en cours, l'une par la justice française, l'autre par l'office anti-fraude de l'UE (Olaf), sur la participation de Mme Goulard à un système d'emplois fictifs pour son parti, le MoDem (centre).

Des interrogations avaient également été émises par de nombreux élus sur les activités ayant justifié d'importantes rémunérations obtenues par la Française entre 2013 et 2016 de l'institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen.

L'Elysée dénonce "un jeu politique" qui touche toute la Commission

L'Elysée a estimé jeudi, après le rejet par le Parlement de la candidature de Sylvie Goulard à la Commission européenne, que la candidate de la France avait "fait l'objet d'un jeu politique qui touche la Commission européenne dans son ensemble".

"Le président échangera avec (la présidente de la Commission) Ursula von der Leyen pour examiner les suites à donner, dans le respect du portefeuille attribué à la France", ajoute la présidence française.

"Je prends acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie. Je remercie le Président de la République et Ursula von der Leyen (ndlr: la future présidente de la Commission européenne) pour leur confiance et tous les députés qui ont voté pour moi", a pour sa part écrit Mme Goulard, dans un message publié sur son compte twitter.