Vissarion, de son vrai nom Sergueï Torop, est un ancien policier qui a fondé en 1991 son mouvement suite à une révélation divine. S'étant autoproclamé dans la foulée la réincarnation du Christ, son "Eglise du Dernier Testament"s'installe dans une zone isolée de Sibérie où il prône une doctrine qui mélange sans complexes des éléments du christianisme orthodoxe avec le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, l'islam, des directives écologiques et encore quelques autres règles. Ainsi, les adeptes ne sont pas autorisés à attacher une quelconque valeur aux objets matériels et les échanges monétaires sont interdits. L'homme crée de ses mains maisons, meubles et nourriture et les femmes portent les enfants et s'occupent du ménage. On croit à la réincarnation sur terre (jusqu'à dix fois), l'apocalypse, les champs d'énergie, les fantômes ou encore les OVNI. Les fidèles, qui visent l'autosuffisance, y disent vivre en communion avec la nature en rejetant notamment la viande, l'alcool et le tabac. Par contre, la polygamie est, elle, encouragée. Et comme Torop est la réincarnation de Jésus, ces adeptes comptent les années à partir de 1961, année de naissance de Vissari...

Vissarion, de son vrai nom Sergueï Torop, est un ancien policier qui a fondé en 1991 son mouvement suite à une révélation divine. S'étant autoproclamé dans la foulée la réincarnation du Christ, son "Eglise du Dernier Testament"s'installe dans une zone isolée de Sibérie où il prône une doctrine qui mélange sans complexes des éléments du christianisme orthodoxe avec le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, l'islam, des directives écologiques et encore quelques autres règles. Ainsi, les adeptes ne sont pas autorisés à attacher une quelconque valeur aux objets matériels et les échanges monétaires sont interdits. L'homme crée de ses mains maisons, meubles et nourriture et les femmes portent les enfants et s'occupent du ménage. On croit à la réincarnation sur terre (jusqu'à dix fois), l'apocalypse, les champs d'énergie, les fantômes ou encore les OVNI. Les fidèles, qui visent l'autosuffisance, y disent vivre en communion avec la nature en rejetant notamment la viande, l'alcool et le tabac. Par contre, la polygamie est, elle, encouragée. Et comme Torop est la réincarnation de Jésus, ces adeptes comptent les années à partir de 1961, année de naissance de Vissarion, tandis que Noël a été remplacé par une fête le 14 janvier, date de son anniversaire.Vissarion diffuse ses multiples instructions par le biais de livres, de discours audio en ligne et de séances de questions-réponses avec ses adeptes. Ces dernières s'étant tout de même faites plus rares, le gourou vivant de plus en plus retiré. Son "Eglise du Dernier Testament" ne vivait pas pour autant complètement coupée du monde, accueillant notamment régulièrement la presse.La peur de la violence, la corruption à grande échelle et le faible niveau de vie sans perspectives d'avenir après la chute de l'Union soviétique ont joué en sa faveur. Tout comme la fin de l'athéisme officiel qui a redonné du souffle aux mouvements religieux. Autant de facteurs qui ont permis au mouvement de prendre de l'ampleur. Si dans les années 1990, la concurrence sur le marché du messie russe était féroce, puisqu'il y avait plus d'une douzaine Messie, Vissarion sera le seul à avoir perduré. On estime ainsi qu'aujourd'hui près de 5000 adeptes vivent dans une trentaine de hameaux, dont le principal est disposé en forme de soleil, dans la région de Krasnoïarsk en Sibérie. Parmi les convertis à ce culte, on compte des personnes venues de toute la Russie ainsi que des pèlerins venus de l'étranger. La communauté avait par ailleurs connu un nouvel afflux d'adeptes suite à l'incertitude causée par pandémie. Ce messie autoproclamé préparait ses milliers de disciples pour le jour du Jugement dernier. L'idée était de faire de la communauté une sorte d'Arche de Noé qui sauverait l'humanité d'un cataclysme que l'Homme est en train de provoquer. La maison de Vissarion, lieu central du culte et où est vénéré Torop, se trouve au sommet du mont Sukhaya. C'est aussi le seul endroit où, selon lui, lui est ses adeptes sont à l'abri d'un raz-de-marée apocalyptique et imminent. "La fin arrive, elle est déjà en route. Seul celui qui reste sur la montagne sera en sécurité ", avait-il déclaré lors de sa cérémonie d'anniversaire l'année dernière. Torop risque cependant de ne pas être au bon endroit si l'apocalypse se produit trop rapidement, puisque mardi, les autorités russes sont intervenues avec fracas. A l'aube, les services de sécurité ont pris d'assaut la colonie avec des kalachnikovs, quatre hélicoptères et des dizaines de voitures blindées. Le chef de la secte, âgé aujourd'hui de 59 ans, aux cheveux longs et à la barbe grise, a été emmené en hélicoptère avec deux proches collaborateurs. En plus de Torop, les policiers ont également arrêté Vadim Redkin, son bras droit et, dans une vie antérieure, chanteur d'un groupe de rock russe, et Vladimir Vedernikov. Les trois hommes sont accusés d'avoir utilisé la secte pour extorquer de l'argent à leurs disciples, d'avoir exercé des "violences psychologiques" sur eux, entraînant des "dommages graves à la santé". Aucune précision n'a été donnée quant aux faits exacts qui leur sont reprochés. Ils risquent douze ans de prison, rapporte l'agence de presse russe RIA.Si les relations avec les autorités russes ont toujours été difficiles - l'église orthodoxe russe officielle a longtemps condamné le groupe - celles-ci ont largement laissé les fidèles tranquilles. Seul un membre du parlement russe a tenté de mettre fin à la secte dans les années 1990. Et il n'y a plus rien eu depuis.L'une des raisons de l'intervention pourrait être d'ordre bassement pécuniaire. Certains médias russes ont en effet rapporté que la communauté s'était engagée dans un conflit avec des intérêts commerciaux locaux. Et au début de l'année, le service de sécurité du FSB a interrogé plusieurs membres de la communauté sur une possible fraude à l'école primaire de Torop. L'argent manque dans la secte. La communauté n'est, contrairement à ses ambitions, pas autosuffisante. Les chauffeurs des camionnettes doivent être payés. Les produits de base comme les fenêtres, le savon, le papier toilette viennent de l'extérieur. Mais aussi les produits de luxe comme la motoneige américaine de Vissarion, le ciment pour la nouvelle église de Vissarion ou encore le marbre pour les décorations de l'église de Vissarion. Et puis il y avait les voyages à l'étranger de Vissarion et de son assistant. "Dieu m'a appelé à voyager", disait-il. Pour financer tout cela, les résidents donnaient de l'argent. Un argent qu'ils n'avaient guère le temps de gagner, puisque l'essentiel de leur journée étant consacrée aux travaux communautaires. Pour l'instant, personne ne sait ce qu'il va advenir aux milliers d'adeptes. De quoi inquiéter les experts tant la vie des adeptes dépendait complètement de Torop. Ils lui avaient abandonné tous leurs biens et leurs liens sociaux dans "le monde".