L'ex-magnat de l'automobile de 65 ans, qui possède trois nationalités (française, libanaise et brésilienne), est parvenu à sortir de l'archipel où il était en liberté surveillée sans que quiconque ne s'en aperçoive.

Alors qu'il préparait son procès avec assiduité, selon ses défenseurs, et semblait, selon des proches, se plier avec application à toutes les règles imposées (pas de séjour à l'étranger, ne pas voir ni contacter sa femme, rapporter toutes ses rencontres, ne pas quitter Tokyo plus de trois jours), cette fuite a surpris tout le monde.

Son principal avocat, Junichiro Hironaka, qui a appris la nouvelle "par la télévision", s'est dit "abasourdi". "Bien sûr que c'est inexcusable, puisque c'est une violation des conditions de sa libération sous caution, c'est illégal au regard de la loi japonaise, mais pour autant, de là à dire que je ne comprends pas son ressenti, c'est une autre histoire", a-t-il déclaré aux médias, visiblement affecté.

Selon une source anonyme de la chaîne publique NHK, "l'Agence des services d'immigration a indiqué n'avoir aucune trace quelconque" (informatique, vidéo) d'un Carlos Ghosn quittant le pays.

Or, ses trois passeports officiels sont détenus par ses avocats japonais, garants du respect des condition de sa liberté sous caution.

Ces sésames sont toujours en leur possession, a précisé mardi M. Hironaka, ce qui laisse supposer que M. Ghosn a fui avec un autre document ou en échappant à des contrôles.

"Il n'était pas censé partir. Si nous avions été informés avant, nous aurions prévenu l'autorité judiciaire", a de son côté indiqué, toujours à la NHK, un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.

Des critiques de parlementaires commençaient à fuser sur les réseaux sociaux, telle celle de Masahisa Sato, du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, jugeant "problématique qu'un pays laisse ainsi faire un départ illégal".

En l'état, les procureurs nippons apparaissent bien démunis. Selon M. Hironaka, en toute logique, la libération sous caution va être annulée, l'argent versé (quelque 12 millions d'euros au total) gardé par la justice. Mais en l'absence de traité d'extradition entre Beyrouth et Tokyo, M. Ghosn a peu de risque d'être renvoyé au Japon.

Dans tous les cas, même si les procureurs vont à coup sûr se démener, les charges à son encontre seront difficiles à faire valoir à l'étranger, surtout envers un Liban enclin à défendre son citoyen, a expliqué à l'AFP l'ex-procureur et aujourd'hui avocat Nobuo Gohara, extérieur au dossier mais qui en analyse depuis le départ les éléments.

"Une chose est sûre. Pour les procureurs, c'est une situation extrêmement grave. Nissan doit avoir peur. Les procureurs aussi", estime M. Gohara. "L'équipe de défense a complètement perdu la face. Ils ont promis au juge que M. Ghosn resterait au Japon comme condition de sa libération sous caution. Ils ont conservé ses passeports mais il est parti à l'étranger", souligne-t-il.

Un procès en l'absence du prévenu n'est pas envisageable au Japon, selon cet avocat. Pour lui cette fuite est aussi le résultat d'un système judiciaire qui laisse peu d'espoir de s'en sortir.

M. Ghosn et sa famille ont depuis l'arrestation protesté contre les méthodes japonaises, qualifiant le système de "justice de l'otage", à l'instar de ses défenseurs français.

Les procureurs, eux, avaient de leur côté fait des pieds et des mains pour qu'il ne soit pas libéré, arguant justement qu'il risquait de partir.

En quittant le Japon, "je ne suis plus l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité, où la discrimination est généralisée et où les droits de l'homme sont bafoués, cela au mépris absolu des lois et traités internationaux que le Japon a ratifiés et qu'il est tenu de respecter", a écrit M. Ghosn dans un communiqué qu'il termine ainsi: "je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique".

L'ex-magnat de l'automobile de 65 ans, qui possède trois nationalités (française, libanaise et brésilienne), est parvenu à sortir de l'archipel où il était en liberté surveillée sans que quiconque ne s'en aperçoive. Alors qu'il préparait son procès avec assiduité, selon ses défenseurs, et semblait, selon des proches, se plier avec application à toutes les règles imposées (pas de séjour à l'étranger, ne pas voir ni contacter sa femme, rapporter toutes ses rencontres, ne pas quitter Tokyo plus de trois jours), cette fuite a surpris tout le monde. Son principal avocat, Junichiro Hironaka, qui a appris la nouvelle "par la télévision", s'est dit "abasourdi". "Bien sûr que c'est inexcusable, puisque c'est une violation des conditions de sa libération sous caution, c'est illégal au regard de la loi japonaise, mais pour autant, de là à dire que je ne comprends pas son ressenti, c'est une autre histoire", a-t-il déclaré aux médias, visiblement affecté. Selon une source anonyme de la chaîne publique NHK, "l'Agence des services d'immigration a indiqué n'avoir aucune trace quelconque" (informatique, vidéo) d'un Carlos Ghosn quittant le pays. Or, ses trois passeports officiels sont détenus par ses avocats japonais, garants du respect des condition de sa liberté sous caution. Ces sésames sont toujours en leur possession, a précisé mardi M. Hironaka, ce qui laisse supposer que M. Ghosn a fui avec un autre document ou en échappant à des contrôles. "Il n'était pas censé partir. Si nous avions été informés avant, nous aurions prévenu l'autorité judiciaire", a de son côté indiqué, toujours à la NHK, un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. Des critiques de parlementaires commençaient à fuser sur les réseaux sociaux, telle celle de Masahisa Sato, du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, jugeant "problématique qu'un pays laisse ainsi faire un départ illégal". En l'état, les procureurs nippons apparaissent bien démunis. Selon M. Hironaka, en toute logique, la libération sous caution va être annulée, l'argent versé (quelque 12 millions d'euros au total) gardé par la justice. Mais en l'absence de traité d'extradition entre Beyrouth et Tokyo, M. Ghosn a peu de risque d'être renvoyé au Japon. Dans tous les cas, même si les procureurs vont à coup sûr se démener, les charges à son encontre seront difficiles à faire valoir à l'étranger, surtout envers un Liban enclin à défendre son citoyen, a expliqué à l'AFP l'ex-procureur et aujourd'hui avocat Nobuo Gohara, extérieur au dossier mais qui en analyse depuis le départ les éléments. "Une chose est sûre. Pour les procureurs, c'est une situation extrêmement grave. Nissan doit avoir peur. Les procureurs aussi", estime M. Gohara. "L'équipe de défense a complètement perdu la face. Ils ont promis au juge que M. Ghosn resterait au Japon comme condition de sa libération sous caution. Ils ont conservé ses passeports mais il est parti à l'étranger", souligne-t-il. Un procès en l'absence du prévenu n'est pas envisageable au Japon, selon cet avocat. Pour lui cette fuite est aussi le résultat d'un système judiciaire qui laisse peu d'espoir de s'en sortir. M. Ghosn et sa famille ont depuis l'arrestation protesté contre les méthodes japonaises, qualifiant le système de "justice de l'otage", à l'instar de ses défenseurs français. Les procureurs, eux, avaient de leur côté fait des pieds et des mains pour qu'il ne soit pas libéré, arguant justement qu'il risquait de partir. En quittant le Japon, "je ne suis plus l'otage d'un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité, où la discrimination est généralisée et où les droits de l'homme sont bafoués, cela au mépris absolu des lois et traités internationaux que le Japon a ratifiés et qu'il est tenu de respecter", a écrit M. Ghosn dans un communiqué qu'il termine ainsi: "je n'ai pas fui la justice, je me suis libéré de l'injustice et de la persécution politique".