Face au nombre record de prétendants à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, la chaîne CNN a choisi de diviser le débat en deux soirées, avec à chaque fois dix participants.

Le premier volet mardi soir a été marqué par l'opposition entre les figures de l'aile gauche du parti, les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren, qui ont défendu leur programme de réformes radicales pour battre Donald Trump, et les candidats plus modérés, plaidant pour des solutions plus pragmatiques.

Le ton devrait être différent mercredi soir, les deux têtes d'affiche, l'ancien vice-président de Barack Obama et la sénatrice californienne Kamala Harris, se positionnant bien plus au centre.

"Les gens que j'ai vus hier soir, et vous pouvez inclure Joe l'endormi, Harris et les autres, vont nous conduire vers un gouffre économique", a taclé Donald Trump sur Twitter mercredi matin.

"Le moins socialiste parmi deux socialistes est toujours socialiste!", a-t-il également tweeté, citant le sénateur de Louisiane John Kennedy. Le terme socialiste est marqué très à gauche aux Etats-Unis.

- Duel Harris-Biden -

L'enjeu pour Joe Biden mercredi: se montrer plus solide qu'il ne l'avait été lors du premier débat démocrate, organisé fin juin à Miami. Il s'était notamment fait surprendre par les sévères critiques de l'ex-procureure californienne sur ses positions passées face à la ségrégation raciale.

Kamala Harris, qui ambitionne de devenir la première présidente noire des Etats-Unis, lui avait reproché son opposition, dans les années 1970, à une politique gouvernementale visant à apporter plus de mixité dans les écoles.

Après cette première performance jugée terne et décevante, Joe Biden avait temporairement chuté dans les sondages, même s'il était resté en tête de la course. Il a depuis confirmé sa confortable avance (32%).

Le nouveau duel entre ce vétéran de la politique américaine et la quatrième dans les sondages (10,5%) sera donc scruté de près. "Je ne serai pas poli cette fois-ci", a mis en garde M. Biden.

La question raciale promet d'être de nouveau au coeur des débats, et probablement plus longuement abordée que mardi, les candidats sur scène reflétant bien plus la diversité inédite des candidats aux primaires que la veille.

Parmi les huit autres prétendants qui s'affronteront mercredi: le sénateur noir Cory Booker, le seul candidat hispanique de la course Julian Castro, l'homme d'affaires d'origine taïwanaise Andrew Yang, ainsi que le maire de New York Bill de Blasio, ou l'élue à la Chambre des représentants Tulsi Gabbard.

- "Socialistes dingues" -

Mardi, une ligne de fracture s'était clairement dessinée entre démocrates modérés et plus radicaux, au sein de ce théâtre de Détroit, dans le Michigan, l'un des Etats pivots gagné par Donald Trump en 2016 et que les démocrates doivent reconquérir pour gagner en novembre 2020.

Au coude-à-coude dans les sondages (environ 15% des soutiens chacun), Elizabeth Warren et Bernie Sanders ont pour cela défendu la création d'une couverture maladie universelle financée par des fonds publics sans aucun rôle pour les assurances privées, l'abandon des poursuites pénales contre les migrants entrés illégalement aux Etats-Unis ou encore l'annulation des dettes étudiantes.

Mais les idées des deux septuagénaires ont été vivement attaquées par les autres candidats. "Pourquoi être aussi extrême?" s'est insurgé l'ancien parlementaire John Delaney.

Le maire de South Bend dans l'Indiana et plus jeune candidat, Pete Buttigieg (6%), a lui tenté de rester au-dessus de la mêlée: quoi que les démocrates proposent, les républicains "diront que nous sommes une bande de socialistes dingues", a-t-il argué.

Le premier vote de la primaire démocrate aura lieu dans le petit Etat de l'Iowa, le 3 février 2020.