Le 27 décembre, les États membres de l'UE ont pu démarrer leurs campagnes de vaccination anti-Covid. L'Union européenne a permis de centraliser les contrats auprès des firmes pharmaceutiques, mais est aussi pointée du doigt pour la lenteur du processus. Chaque État est ensuite libre de mener sa campagne de vaccination comme bon lui semble. Si les doses sont ainsi réservées au prorata de leur population, et que tous sont désormais tributaires de retards de livraisons notamment des doses Pfizer, les pays n'évoluent pas au même rythme.
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Le 27 décembre, les États membres de l'UE ont pu démarrer leurs campagnes de vaccination anti-Covid. L'Union européenne a permis de centraliser les contrats auprès des firmes pharmaceutiques, mais est aussi pointée du doigt pour la lenteur du processus. Chaque État est ensuite libre de mener sa campagne de vaccination comme bon lui semble. Si les doses sont ainsi réservées au prorata de leur population, et que tous sont désormais tributaires de retards de livraisons notamment des doses Pfizer, les pays n'évoluent pas au même rythme.Parmi les bons élèves, on retrouve sans conteste le Danemark, qui était en tête depuis début de la campagne de vaccination. Il a déjà vacciné plus de 3,5% de sa population contre le Covid-19. Le Danemark doit sa rapidité notamment au succès logistique d'une campagne à flux tendu. Contrairement à d'autres pays qui, par prudence ou complexité d'organisation, gardent de nombreuses doses au congélateur en vue de la deuxième injection, le pays scandinave a choisi d'utiliser au plus vite ses premières cargaisons du vaccin Pfizer/BioNTech, considérant le programme de livraison du fabricant comme suffisamment sûr. "La position claire du gouvernement est que le moment où les vaccins touchent le sol danois est celui où ils doivent être utilisés", a affirmé la Première ministre sociale-démocrate, Mette Frederiksen.Présentée fin novembre, la stratégie danoise vise d'abord les personnels en première ligne et les plus vulnérables. L'objectif est de vacciner tous les volontaires (80% des Danois, selon les sondages) d'ici juin. "Notre objectif est de pouvoir vacciner 100.000 Danois par jour quand nous aurons les vaccins disponibles", avait promis Mme Frederiksen. La logistique danoise est bien rodée. À cela s'ajoute une campagne rapide dans les maisons de repos. Le pays ressortait jusqu'il y a peu en tête de l'UE, devant l'Italie et la Slovénie, avec un rythme près de trois fois supérieur à la moyenne des 27. Depuis le 19 janvier, Malte l'a rattrapé, et même surpassé. Une comparaison qui s'effectue non pas en nombre de doses totales administrées, mais en couverture vaccinale. Fort d'un État-providence robuste, le Danemark explique aussi son départ fulgurant par des infrastructures de santé gérées au niveau régional et facilement mobilisables. "Notre configuration est telle qu'elle permet une distribution rapide et nous avons une très bonne infrastructure informatique qui nous permet d'enregistrer le vaccin chaque fois que quelqu'un le reçoit" grâce à son identifiant numérique de Sécurité sociale, explique Jens Lundgren, professeur à l'Université de Copenhague, spécialiste des maladies infectieuses.Cibler les établissements pour personnes âgées et dépendantes, où le vaccin est administré sur place, a permis de débuter la campagne sur de bons chiffres, relève l'épidémiologiste Lone Simonsen, professeur à l'Université de Roskilde.Pour maximiser le nombre de personnes recevant une première dose, le Danemark fait également partie de ceux ayant autorisé à décaler la deuxième injection - jusqu'à six semaines. Cette pratique a été validée de façon exceptionnelle par l'OMS malgré quelques réticences du fabricantIl y a dix jours, on assurait que tout le monde aurait bien sa seconde dose dans les temps. Mais c'était sans compter les retards de livraisons de Pfizer. Le Danemark a d'ailleurs annoncé revoir à la baisse de 10% ses objectifs de vaccination au premier trimestre. Le groupe américain Pfizer, associé au laboratoire allemand BioNTech, a annoncé un plan qui doit permettre de limiter à une semaine les retards de livraison du vaccin contre le Covid-19, alors que l'Europe craignait de voir faiblir les livraisons de doses pendant trois à quatre semaines. Outre les questions d'approvisionnement, le rythme pourrait ralentir maintenant que les personnes doivent se déplacer jusqu'au centre de vaccination.Malte, désormais numéro un en termes de doses administrées par habitant, négocie avec l'UE pour s'assurer qu'une pénurie de vaccins à l'échelle européenne n'aura pas d'impact sur le pays. Le Premier ministre Robert Abela a déclaré qu'il était "convaincu" que Malte ne serait pas touchée par une pénurie de vaccin, ajoutant que le pays était proactif en s'engageant auprès des organes de l'UE sur la question. Malte a commencé par un lent déploiement du vaccin, mais les efforts s'intensifient et continueront de l'être au cours des prochaines semaines dans le petit État insulaire de 450.000 habitants.