Le nourrisson se trouvait dans les bras de l'un des deux jeunes hommes sur lesquels des assaillants ont fait feu depuis leur voiture dans le quartier de Old Town. "Il se trouve dans un état stable", a rassuré jeudi Eric Carter, numéro deux de la police de Chicago, ville à la criminalité endémique. "C'est déchirant. Ce n'est normal pour personne, que ce soit à Chicago ou ailleurs".

Les fusillades sont tristement devenues de plus en plus "normales" cet été à travers les Etats-Unis, où des centaines de personnes ont été tuées, dont des dizaines d'enfants, et des milliers d'autres blessées. Un enfant d'un an est mort fin juin à Chicago. Un autre du même âge a subi le même funeste sort, dans sa poussette, le 12 juillet à New York.

Certains quartiers de Chicago ont pris des allures de zones de combat. Selon le journal Chicago Tribune, 1.901 personnes avaient, à la date du 13 juillet, été touchées par balle dans la troisième ville des Etats-Unis, faisant 373 morts, soit une centaine de plus que l'année précédente.

A New York, 795 personnes avaient été touchées par balle à la même date, avec plus de 200 morts, là aussi une hausse conséquente par rapport à 2019.

De nombreuses autres grandes villes américaines, parmi lesquelles Philadelphie, Indianapolis, Atlanta, Los Angeles et Baltimore, sont frappées par cette vague de violence qui ne cesse de prendre de l'ampleur depuis début juillet. "Si on ne s'en occupe pas, cela pourrait devenir encore bien pire dans les mois à venir", prévient Corey Brooks, pasteur d'une église de Chicago.

- Snapchat, Covid et Floyd -

Les auteurs et victimes des fusillades sont en grande majorité de jeunes hommes afro-américains, souvent membres de petits clans ou gangs qui prennent les armes pour régler querelles personnelles ou territoriales, sur fond de trafic de drogue. Moqueries et provocations sur le réseau social Snapchat, particulièrement prisé des jeunes, sont à l'origine de nombreuses fusillades.

Ces petits groupes, que la police peine à surveiller, y publient des vidéos de rap dans lesquelles fusent les menaces jusqu'à ce que la situation dégénère.

"Ce ne sont que des représailles, amplifiées par les réseaux sociaux", analyse Christopher Herrmann, enseignant au John Jay College of Criminal Justice de New York. "Ce n'est même pas lié à la drogue, ce sont des vengeances personnelles", appuie le pasteur Brooks. "Ils sont si jeunes, ils n'ont pas encore appris à régler les conflits".

Le nombre de fusillades augmente traditionnellement pendant l'été lorsque les gens sortent de chez eux pour se retrouver dans la rue, parfois jusqu'à tard. Et l'épidémie de Covid-19 a encore accentué le mouvement après de longs mois de confinement pendant lesquels "la violence s'est accumulée", note l'universitaire Christopher Herrmann.

L'impact économique de l'épidémie, qui a mis au chômage des millions d'Américains, a aussi mis sous pression les gangs et leurs familles. "Nos communautés n'ont pas d'économie stable. Et quand vous y ajoutez le Covid, la frustration est encore plus grande", avance le pasteur de Chicago Corey Brooks.

La mort de George Floyd - un Afro-Américain tué fin mai par un policier blanc à Minneapolis - et les manifestations qui ont suivi contre le racisme et les brutalités policières peuvent aussi expliquer en partie la flambée actuelle de violence aux Etats-Unis.

Gil Monrose, pasteur dans le quartier de Brooklyn à New York, affirme que la police est aujourd'hui plus réticente à enquêter et moins présente la nuit, laissant ainsi le champ libre aux gangs. "La police et la population semblent être en guerre", dit-il.

Certaines autorités locales, durement touchées par la pandémie de Covid-19, ont fait des coupes dans les budgets de la police, note par ailleurs Christopher Herrmann. Il regrette notamment le démantèlement, par le maire de New York, de la brigade anti-criminalité de la ville, qui a largement contribué par le passé à limiter le nombre d'armes en circulation. "Le problème, c'est les armes", estime l'enseignant. "Nous avons un nombre d'armes absurdement élevé aux Etats-Unis."

Le nourrisson se trouvait dans les bras de l'un des deux jeunes hommes sur lesquels des assaillants ont fait feu depuis leur voiture dans le quartier de Old Town. "Il se trouve dans un état stable", a rassuré jeudi Eric Carter, numéro deux de la police de Chicago, ville à la criminalité endémique. "C'est déchirant. Ce n'est normal pour personne, que ce soit à Chicago ou ailleurs". Les fusillades sont tristement devenues de plus en plus "normales" cet été à travers les Etats-Unis, où des centaines de personnes ont été tuées, dont des dizaines d'enfants, et des milliers d'autres blessées. Un enfant d'un an est mort fin juin à Chicago. Un autre du même âge a subi le même funeste sort, dans sa poussette, le 12 juillet à New York.Certains quartiers de Chicago ont pris des allures de zones de combat. Selon le journal Chicago Tribune, 1.901 personnes avaient, à la date du 13 juillet, été touchées par balle dans la troisième ville des Etats-Unis, faisant 373 morts, soit une centaine de plus que l'année précédente.A New York, 795 personnes avaient été touchées par balle à la même date, avec plus de 200 morts, là aussi une hausse conséquente par rapport à 2019. De nombreuses autres grandes villes américaines, parmi lesquelles Philadelphie, Indianapolis, Atlanta, Los Angeles et Baltimore, sont frappées par cette vague de violence qui ne cesse de prendre de l'ampleur depuis début juillet. "Si on ne s'en occupe pas, cela pourrait devenir encore bien pire dans les mois à venir", prévient Corey Brooks, pasteur d'une église de Chicago. - Snapchat, Covid et Floyd -Les auteurs et victimes des fusillades sont en grande majorité de jeunes hommes afro-américains, souvent membres de petits clans ou gangs qui prennent les armes pour régler querelles personnelles ou territoriales, sur fond de trafic de drogue. Moqueries et provocations sur le réseau social Snapchat, particulièrement prisé des jeunes, sont à l'origine de nombreuses fusillades. Ces petits groupes, que la police peine à surveiller, y publient des vidéos de rap dans lesquelles fusent les menaces jusqu'à ce que la situation dégénère. "Ce ne sont que des représailles, amplifiées par les réseaux sociaux", analyse Christopher Herrmann, enseignant au John Jay College of Criminal Justice de New York. "Ce n'est même pas lié à la drogue, ce sont des vengeances personnelles", appuie le pasteur Brooks. "Ils sont si jeunes, ils n'ont pas encore appris à régler les conflits". Le nombre de fusillades augmente traditionnellement pendant l'été lorsque les gens sortent de chez eux pour se retrouver dans la rue, parfois jusqu'à tard. Et l'épidémie de Covid-19 a encore accentué le mouvement après de longs mois de confinement pendant lesquels "la violence s'est accumulée", note l'universitaire Christopher Herrmann.L'impact économique de l'épidémie, qui a mis au chômage des millions d'Américains, a aussi mis sous pression les gangs et leurs familles. "Nos communautés n'ont pas d'économie stable. Et quand vous y ajoutez le Covid, la frustration est encore plus grande", avance le pasteur de Chicago Corey Brooks. La mort de George Floyd - un Afro-Américain tué fin mai par un policier blanc à Minneapolis - et les manifestations qui ont suivi contre le racisme et les brutalités policières peuvent aussi expliquer en partie la flambée actuelle de violence aux Etats-Unis. Gil Monrose, pasteur dans le quartier de Brooklyn à New York, affirme que la police est aujourd'hui plus réticente à enquêter et moins présente la nuit, laissant ainsi le champ libre aux gangs. "La police et la population semblent être en guerre", dit-il.Certaines autorités locales, durement touchées par la pandémie de Covid-19, ont fait des coupes dans les budgets de la police, note par ailleurs Christopher Herrmann. Il regrette notamment le démantèlement, par le maire de New York, de la brigade anti-criminalité de la ville, qui a largement contribué par le passé à limiter le nombre d'armes en circulation. "Le problème, c'est les armes", estime l'enseignant. "Nous avons un nombre d'armes absurdement élevé aux Etats-Unis."