Plusieurs d'entre eux ont expliqué à l'AFP que l'obtention d'un visa, pour eux et pour leur famille, était désormais une exigence vitale.

"Si un imam n'est pas en sécurité dans sa mosquée ou une petite fille de dix ans dans son école, comment pourrions-nous l'être", demande Omid Mahmoodi, interprète pour l'armée américaine entre 2018 et 2020. Remercié après avoir échoué à un test de routine au détecteur de mensonges, il s'est vu refuser un visa.

"Ils nous traquent. Ils vont nous trouver et nous décapiter. Les talibans ne nous pardonneront jamais", assure-t-il en évoquant les insurgés islamistes.

Chassés du pouvoir par l'intervention américaine en 2001, ces derniers contrôlent aujourd'hui de vastes pans du territoire afghan, encerclant la plupart des grandes villes et multipliant les attentats et les assassinats ciblés de responsables politiques, de militants de la société civile et de journalistes.

"La pire erreur de ma vie"

Les talibans, Omar a déjà été contraint de les fuir: il a transféré sa famille de la grande ville du Nord, Mazar-i-Sharif, vers Kaboul, où il travaillait, après que ses proches ont été menacés de mort.

"Je regrette d'avoir travaillé pour les Etats-Unis en Afghanistan. Cela a été la pire erreur de ma vie", témoigne cet ancien employé de l'ambassade américaine, également remercié après un échec au polygraphe, qui a demandé que son nom de famille ne soit pas divulgué.

Des dizaines d'anciens traducteurs ou d'interprètes en fonction, ainsi que d'autres employés des ambassades ou des armées occidentales ont déjà été assassinés par les talibans.

Mais les combattants islamistes ne sont pas les seuls à les considérer comme des traîtres ou des espions de l'étranger.

"Mon oncle, mes propres cousins disent que je suis un agent de l'Amérique", souligne Omar, dont la demande de visa pour les Etats-Unis est toujours à l'étude.

., capture d'écran
. © capture d'écran

"L'armée française nous a trahis"

Plus de 18.000 Afghans et 45.000 membres de leur famille proche ont déjà obtenu des visas et immigré aux États-Unis dans le cadre d'un programme pour les interprètes, les membres d'opérations spéciales et ceux ayant pris des risques en travaillant avec les Américains - même pour la coopération civile.

Mais 18.000 demandes supplémentaires sont encore à l'étude.

Et les Américains, même s'ils étaient les étrangers les plus nombreux, n'étaient pas les seuls à employer des interprètes.

Lors d'un rassemblement la semaine dernière à Kaboul d'une trentaine d'anciens employés de l'armée française, Waheedullah Hanifi, 32 ans, a expliqué que Paris avait refusé de lui donner asile, considérant que sa vie n'était pas en danger.

"Nous étions la voix des soldats français en Afghanistan et maintenant ils nous abandonnent aux talibans", dénonce ce père de deux enfants, employé de 2010 à 2012. "Si je reste ici, je n'ai aucune chance de rester en vie. L'armée française nous a trahis".

Faire venir les familles

Même pour ceux qui ont réussi à fuir l'Afghanistan, un nouveau combat reste souvent à mener: obtenir que leurs familles puissent les rejoindre.

Jamal, 29 ans, ancien interprète pour l'armée britannique, a été blessé deux fois en opérations. Il a pu s'installer à Coventry, dans le centre de l'Angleterre, en 2015.

Mais ce n'est qu'aujourd'hui, six ans plus tard, que son épouse a obtenu l'autorisation du ministère britannique de la Défense pour le rejoindre.

Son père en revanche, qui fut homme d'entretien sur une base de l'armée britannique, vit toujours à Lashkar Gah, dans le Helmand (sud), une province quasiment aux mains des talibans et toujours théâtre de combats intenses avec l'armée afghane.

"Quand vous avez travaillé pour l'armée britannique, que vous vous êtes tenu épaule contre épaule avec ses soldats, vous attendez d'eux autre chose", soupire Jamal.

Plusieurs d'entre eux ont expliqué à l'AFP que l'obtention d'un visa, pour eux et pour leur famille, était désormais une exigence vitale."Si un imam n'est pas en sécurité dans sa mosquée ou une petite fille de dix ans dans son école, comment pourrions-nous l'être", demande Omid Mahmoodi, interprète pour l'armée américaine entre 2018 et 2020. Remercié après avoir échoué à un test de routine au détecteur de mensonges, il s'est vu refuser un visa."Ils nous traquent. Ils vont nous trouver et nous décapiter. Les talibans ne nous pardonneront jamais", assure-t-il en évoquant les insurgés islamistes.Chassés du pouvoir par l'intervention américaine en 2001, ces derniers contrôlent aujourd'hui de vastes pans du territoire afghan, encerclant la plupart des grandes villes et multipliant les attentats et les assassinats ciblés de responsables politiques, de militants de la société civile et de journalistes.Les talibans, Omar a déjà été contraint de les fuir: il a transféré sa famille de la grande ville du Nord, Mazar-i-Sharif, vers Kaboul, où il travaillait, après que ses proches ont été menacés de mort."Je regrette d'avoir travaillé pour les Etats-Unis en Afghanistan. Cela a été la pire erreur de ma vie", témoigne cet ancien employé de l'ambassade américaine, également remercié après un échec au polygraphe, qui a demandé que son nom de famille ne soit pas divulgué.Des dizaines d'anciens traducteurs ou d'interprètes en fonction, ainsi que d'autres employés des ambassades ou des armées occidentales ont déjà été assassinés par les talibans.Mais les combattants islamistes ne sont pas les seuls à les considérer comme des traîtres ou des espions de l'étranger."Mon oncle, mes propres cousins disent que je suis un agent de l'Amérique", souligne Omar, dont la demande de visa pour les Etats-Unis est toujours à l'étude.Plus de 18.000 Afghans et 45.000 membres de leur famille proche ont déjà obtenu des visas et immigré aux États-Unis dans le cadre d'un programme pour les interprètes, les membres d'opérations spéciales et ceux ayant pris des risques en travaillant avec les Américains - même pour la coopération civile.Mais 18.000 demandes supplémentaires sont encore à l'étude.Et les Américains, même s'ils étaient les étrangers les plus nombreux, n'étaient pas les seuls à employer des interprètes.Lors d'un rassemblement la semaine dernière à Kaboul d'une trentaine d'anciens employés de l'armée française, Waheedullah Hanifi, 32 ans, a expliqué que Paris avait refusé de lui donner asile, considérant que sa vie n'était pas en danger."Nous étions la voix des soldats français en Afghanistan et maintenant ils nous abandonnent aux talibans", dénonce ce père de deux enfants, employé de 2010 à 2012. "Si je reste ici, je n'ai aucune chance de rester en vie. L'armée française nous a trahis".Même pour ceux qui ont réussi à fuir l'Afghanistan, un nouveau combat reste souvent à mener: obtenir que leurs familles puissent les rejoindre.Jamal, 29 ans, ancien interprète pour l'armée britannique, a été blessé deux fois en opérations. Il a pu s'installer à Coventry, dans le centre de l'Angleterre, en 2015.Mais ce n'est qu'aujourd'hui, six ans plus tard, que son épouse a obtenu l'autorisation du ministère britannique de la Défense pour le rejoindre.Son père en revanche, qui fut homme d'entretien sur une base de l'armée britannique, vit toujours à Lashkar Gah, dans le Helmand (sud), une province quasiment aux mains des talibans et toujours théâtre de combats intenses avec l'armée afghane."Quand vous avez travaillé pour l'armée britannique, que vous vous êtes tenu épaule contre épaule avec ses soldats, vous attendez d'eux autre chose", soupire Jamal.