Une invasion est-elle réaliste? Kiev et ses alliés occidentaux accusent la Russie d'avoir massé des dizaines de milliers d'hommes à la frontière de l'Ukraine en prévision d'une invasion, que le commandement militaire ukrainien juge possible dès fin janvier.

Moscou a qualifié ces déploiements de routine. "Tout ce que fait la Russie se fait sur le territoire de la fédération de Russie", a encore martelé mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Des experts s'interrogent sur la faisabilité d'une offensive, alors qu'arrive le rude hiver de cette région et face à une armée ukrainienne aguerrie par plus de sept ans de conflit dans l'Est contre des séparatistes pro-russes.

Une confrontation russo-ukrainienne risquerait donc de représenter un bilan humain et financier prohibitif.

En avril, Moscou avait déjà massé environ 100.000 militaires à la frontière, nourrissant de premières craintes d'invasion, restées sans lendemain.

Reste que le Kremlin et son armée sont capables d'agir très rapidement, comme lors de l'annexion de la Crimée en 2014 ou encore pour le soutien depuis sept ans aux séparatistes pro-russes de l'Est ukrainien.

En 2008, l'armée russe a aussi écrasé en cinq jours l'armée géorgienne qui avait voulu reprendre la région séparatiste d'Ossétie du Sud.

Que veut Poutine?

Moscou rappelle sans cesse avoir des lignes rouges et souligne que l'Ukraine s'en rapproche dangereusement en déployant des drones militaires turcs, en réaffirmant son ambition d'adhérer à l'Otan et en réclamant plus d'armes occidentales.

Lors de son entretien mardi avec Joe Biden, Vladimir Poutine a exigé des "garanties juridiques" excluant la possibilité d'une adhésion de l'Ukraine à l'Alliance, lui qui accuse les Occidentaux d'avoir trahi leur promesse de la fin de la Guerre Froide de ne pas élargir l'Otan à l'Est.

"La Russie mène une politique extérieure pour la paix, mais elle a le droit de protéger sa sécurité", a déclaré mercredi le président russe, estimant que laisser l'Otan s'approcher sans réagir serait "criminel".

Le Kremlin dénonce en outre le regain d'activité de l'Otan dans la zone de la mer Noire.

Mais parallèlement, Moscou veut renouer avec Washington sur des dossiers clés --stabilité stratégique, nucléaire iranien-- et conforter sa stature de puissance. Et jouer des tensions autour de l'Ukraine dans ce jeu diplomatique.

Vladimir Poutine a d'ailleurs jugé "constructifs" ses échanges avec M. Biden.

Et les Etats-Unis?

Après et pendant leur entretien, le président américain a menacé le président russe de sanctions "jamais vues" en cas d'offensive contre l'Ukraine. Washington s'est aussi dit prêt à renforcer sa présence militaire en Europe de l'Est.

Mais, M. Biden a également écarté l'envoi de troupes américaines en soutien aux Ukrainiens.

Rien ne l'y oblige, Kiev n'étant pas membre de l'Otan, une organisation dont les adhérents se doivent assistance en cas d'agression.

belga
© belga

Washington comme les Européens ont d'ailleurs clairement dit à maintes reprises qu'une adhésion ukrainienne à l'Alliance atlantique n'était pas dans les cartes. Propos qui ont d'ailleurs beaucoup agacé l'Ukraine.

Enfin, Washington veut aussi pouvoir reprendre la coopération avec la Russie sur des dossiers dépassant l'Ukraine, notamment sur le désarmement et la cybersécurité.

Et sur le terrain, quelle situation?

La situation sur le front en Ukraine, pays déchiré depuis 2014 par un conflit entre séparatistes prorusses et Kiev, est tendue, mais elle ne semble pas s'être trop détériorée ces dernières semaines.

"Le nombre de violations du cessez-le-feu rapportées lors des deux dernières semaines est inférieur à celui des deux semaines précédentes", a même relevé mercredi l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), se disant toutefois "préoccupée" par les tensions.

Du côté de la Russie, des dizaines de milliers de militaires sont en effet déployés non loin de l'Ukraine, mais une grosse partie l'est depuis le printemps et une précédente période de tensions.

Tout au long de l'automne, Kiev a même tempéré les affirmations américaines sur une escalade en préparation à Moscou, avant de finalement se ranger derrière ces accusations.

Une invasion est-elle réaliste? Kiev et ses alliés occidentaux accusent la Russie d'avoir massé des dizaines de milliers d'hommes à la frontière de l'Ukraine en prévision d'une invasion, que le commandement militaire ukrainien juge possible dès fin janvier.Moscou a qualifié ces déploiements de routine. "Tout ce que fait la Russie se fait sur le territoire de la fédération de Russie", a encore martelé mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.Des experts s'interrogent sur la faisabilité d'une offensive, alors qu'arrive le rude hiver de cette région et face à une armée ukrainienne aguerrie par plus de sept ans de conflit dans l'Est contre des séparatistes pro-russes. Une confrontation russo-ukrainienne risquerait donc de représenter un bilan humain et financier prohibitif. En avril, Moscou avait déjà massé environ 100.000 militaires à la frontière, nourrissant de premières craintes d'invasion, restées sans lendemain.Reste que le Kremlin et son armée sont capables d'agir très rapidement, comme lors de l'annexion de la Crimée en 2014 ou encore pour le soutien depuis sept ans aux séparatistes pro-russes de l'Est ukrainien.En 2008, l'armée russe a aussi écrasé en cinq jours l'armée géorgienne qui avait voulu reprendre la région séparatiste d'Ossétie du Sud.Moscou rappelle sans cesse avoir des lignes rouges et souligne que l'Ukraine s'en rapproche dangereusement en déployant des drones militaires turcs, en réaffirmant son ambition d'adhérer à l'Otan et en réclamant plus d'armes occidentales.Lors de son entretien mardi avec Joe Biden, Vladimir Poutine a exigé des "garanties juridiques" excluant la possibilité d'une adhésion de l'Ukraine à l'Alliance, lui qui accuse les Occidentaux d'avoir trahi leur promesse de la fin de la Guerre Froide de ne pas élargir l'Otan à l'Est. "La Russie mène une politique extérieure pour la paix, mais elle a le droit de protéger sa sécurité", a déclaré mercredi le président russe, estimant que laisser l'Otan s'approcher sans réagir serait "criminel".Le Kremlin dénonce en outre le regain d'activité de l'Otan dans la zone de la mer Noire.Mais parallèlement, Moscou veut renouer avec Washington sur des dossiers clés --stabilité stratégique, nucléaire iranien-- et conforter sa stature de puissance. Et jouer des tensions autour de l'Ukraine dans ce jeu diplomatique. Vladimir Poutine a d'ailleurs jugé "constructifs" ses échanges avec M. Biden.Après et pendant leur entretien, le président américain a menacé le président russe de sanctions "jamais vues" en cas d'offensive contre l'Ukraine. Washington s'est aussi dit prêt à renforcer sa présence militaire en Europe de l'Est.Mais, M. Biden a également écarté l'envoi de troupes américaines en soutien aux Ukrainiens. Rien ne l'y oblige, Kiev n'étant pas membre de l'Otan, une organisation dont les adhérents se doivent assistance en cas d'agression. Washington comme les Européens ont d'ailleurs clairement dit à maintes reprises qu'une adhésion ukrainienne à l'Alliance atlantique n'était pas dans les cartes. Propos qui ont d'ailleurs beaucoup agacé l'Ukraine.Enfin, Washington veut aussi pouvoir reprendre la coopération avec la Russie sur des dossiers dépassant l'Ukraine, notamment sur le désarmement et la cybersécurité.La situation sur le front en Ukraine, pays déchiré depuis 2014 par un conflit entre séparatistes prorusses et Kiev, est tendue, mais elle ne semble pas s'être trop détériorée ces dernières semaines."Le nombre de violations du cessez-le-feu rapportées lors des deux dernières semaines est inférieur à celui des deux semaines précédentes", a même relevé mercredi l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), se disant toutefois "préoccupée" par les tensions.Du côté de la Russie, des dizaines de milliers de militaires sont en effet déployés non loin de l'Ukraine, mais une grosse partie l'est depuis le printemps et une précédente période de tensions. Tout au long de l'automne, Kiev a même tempéré les affirmations américaines sur une escalade en préparation à Moscou, avant de finalement se ranger derrière ces accusations.