Le président du Conseil européen Donald Tusk avait recommandé mardi aux dirigeants de l'UE d'accepter un nouveau report du divorce avec le Royaume-Uni pour permettre aux députés britanniques d'examiner et de se prononcer sur le nouvel accord de retrait conclu par Boris Johnson.

"La question de l'octroi d'une prolongation (...) semble très bonne", a déclaré jeudi à la presse Ursula von der Leyen, lors d'une visite à Helsinki.

La présidente a toutefois précisé que si un nouveau délai était accordé au Royaume-Uni, Londres devrait proposer un candidat à la Commission.

"Si après le 1er novembre -- et ce n'est pas chose acquise d'avance -- il y avait une prolongation et que le Royaume-Uni fasse toujours partie de l'Union européenne, je demanderais bien sûr au Royaume-Uni d'envoyer un commissaire" à Bruxelles, a déclaré Mme von der Leyen.

La nouvelle Commission devait entrer en fonction le 1er novembre. Mais pour laisser le temps à la France, ainsi qu'à la Roumanie et la Hongrie, dont les candidats ont été aussi écartés, de proposer de nouveaux noms, la prise de fonction de cette Commission a été repoussée d'un mois, au 1er décembre.

Le Royaume-Uni a jusque-là refusé de proposer un candidat pour la prochaine administration, en raison du départ prévu du pays avant le début des travaux de la nouvelle Commission. Mais selon la législation européenne, chaque État membre doit avoir un représentant au sein de la Commission.

M. Johnson avait demandé samedi une prolongation de trois mois, jusqu'au 31 janvier 2020. Donald Tusk a recommandé aux dirigeants de l'UE d'accepter de retarder une nouvelle fois le Brexit, lequel a déjà été différé à deux reprises, du 29 mars au 12 avril puis au 31 octobre.

"Je propose que cela soit décidé par procédure écrite", sans avoir besoin de convoquer un sommet, a tweeté mardi M. Tusk.

S'exprimant aux côtés de Mme von der Leyen jeudi, le Premier ministre finlandais Antti Rinne, qui assure la présidence tournante de l'UE, a indiqué s'attendre à ce que les dirigeants européens parviennent à un accord sur la durée d'une prolongation sans devoir convoquer un sommet extraordinaire à Bruxelles.

"S'il est nécessaire de discuter (de la durée d'une prolongation) à Bruxelles, je suis prêt à y aller aussi, mais il me semble maintenant qu'il est possible d'avoir une procédure écrite", a-t-il expliqué.