Les Kurdes de la région "sont très inquiets" après l'annonce américaine d'un retrait des troupes, et "ils craignent que cela mette le feu à toute la région". "Il faut éviter ça à tout prix", a dit Sergueï Lavrov, en déplacement au Kazakhstan.

M. Lavrov a dénoncé les "contradictions" des Etats-Unis et leur "incapacité à parvenir à des compromis", assurant que "les Américains ont enfreint leurs promesses de nombreuses fois".

Selon lui, le soutien de Washington aux Kurdes en Syrie ces dernières années a "provoqué la colère des populations arabes habitant traditionnellement sur ces territoires". "C'est un jeu dangereux", a-t-il estimé.

La Turquie a affirmé mardi être sur le point de lancer une nouvelle offensive en Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qu'elle considère comme un groupe "terroriste".

Le président américain Donald Trump a semblé donner son feu vert à cette opération avant de revenir sur ses propos et d'assurer que les Etats-Unis n'avaient "pas abandonné les Kurdes".

Dimanche, le milliardaire américain avait créé la surprise en annonçant le retrait des troupes américaines de Syrie. L'armée turque avait dépêché dès le lendemain des renforts, notamment des chars, à sa frontière avec la Syrie, et de nouveaux véhicules blindés y ont été massés mardi.

Accusé jusque dans son propre camp de lâcher des alliés des Etats-Unis, le président Trump a réorienté lundi son discours en affirmant qu'il "anéantirait complètement l'économie de la Turquie" si celle-ci "dépassait les bornes".

Les forces kurdes, alliées des Américains et déterminantes dans la campagne qui est venue à bout du groupe jihadiste Etat islamique, sont considérées comme "terroristes" par Ankara.

Les Kurdes appellent à trois jours de "mobilisation générale"

Les autorités semi-autonomes kurdes en Syrie ont appelé mercredi à "une mobilisation générale pendant trois jours" pour faire face aux menaces d'une offensive de la Turquie voisine, exhortant les habitants du nord-est à la "résistance".

"Nous proclamons l'état de mobilisation générale pendant trois jours dans le nord-est de la Syrie", a annoncé l'administration semi-autonome kurde dans un communiqué.

"Nous appelons toutes les composantes de notre peuple à se diriger vers la zone frontalière (...) pour assurer la résistance dans ce moment historique délicat", d'après le texte.

Pointant du doigt les Etats-Unis, leur grand allié, mais aussi l'ONU, la Russie ou encore l'Union européenne, le communiqué kurde leur fait porter "l'entière responsabilité" en cas de "catastrophe humanitaire" dans leur région.