A 90,23% du dépouillement des bulletins de vote, le non à l'indépendance de cet archipel français stratégique du Pacifique-Sud l'emporte à 96,32%, selon la chaîne de télévision NC la 1ère.

Lors des référendum du 4 octobre 2020 et du 4 novembre 2018, le "non" à l'indépendance l'avait emporté à 56,7%, et 53,3%.

A 17H00 dimanche, la participation s'élevait à 41,60%, contre 73,68% en 2018 et 79,63% en 2020.

Les indépendantistes avaient annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l'impossibilité d'organiser "une campagne équitable" alors que l'archipel est touché depuis septembre par l'épidémie de Covid et que la population kanak est plongée dans le deuil.

En lançant un appel "au calme", Yvon Kona, le président du Sénat coutumier (une assemblée compétente sur les questions touchant aux coutumes et à l'identité des Kanak), avait demandé "aux citoyens kanak et aux progressistes calédoniens d'observer une journée nationale de 'deuil kanak' en ne se rendant pas aux bureaux de vote".

Le mot d'ordre de non-participation des nationalistes semble avoir été suivi à la lettre, mais ce boycott favorise de fait le non à l'indépendance.

Dans ce contexte, la victoire des loyalistes (pour le maintien dans le giron de la France) était attendue et tous les états-majors sont déjà en train de réfléchir à leurs propositions pour la suite.

"Ce qui m'intéresse c'est la société qu'on va construire après", expliquait dans la journée Cathy, libraire à Nouméa, "venue par civisme" au bureau de vote mais pour laquelle "ce référendum n'a pas trop de sens car la moitié de la population a décidé de ne pas voter".

Il s'agit pourtant d'une étape cruciale d'un processus ouvert en 1988 par les accords de Matignon, à Paris, qui avait scellé la réconciliation entre les Kanak, premiers habitants de Nouvelle-Calédonie, et les Caldoches, descendants des colons blancs, après des années de tensions et de violences.

Triple référendum

Les Calédoniens sont engagés dans ce processus depuis les années 1980 quand leur territoire, colonisé par la France au XIXe siècle, a connu une période de troubles qui a culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, au cours desquels 19 militants kanak et six militaires ont été tués.

Moins de deux mois après ce drame, indépendantistes et loyalistes arrivaient à conclure les accords de Matignon, qui revoyaient la répartition des pouvoirs en Nouvelle-Calédonie. Dix ans plus tard, la signature de l'accord de Nouméa instaurait un processus de décolonisation sur vingt ans pour cette collectivité.

Cet accord prévoyait une succession de trois référendums pour demander aux habitants s'ils voulaient que l'île "accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".

Ce troisième référendum arrive dans un monde qui a beaucoup changé: d'une part l'archipel, qui dispose de quelque 1,5 million de km2 de zone économique exclusive, se trouve dans une zone devenue stratégique avec la montée en puissance de la Chine.

D'autre part le nickel et le cobalt qu'elle produit sont devenus des ressources minières indispensables pour le nouveau marché des batteries électriques, garantes de la transition écologique de la planète.

"Une vie ensemble"

Quel que soit le résultat du référendum, "le jour d'après il y aura une vie ensemble" avec la France, notamment "compte tenu de la réalité géopolitique de la région", a assuré jeudi le président Emmanuel Macron.

En juin à Paris, les acteurs calédoniens avaient décidé avec l'Etat qu'après le 12 décembre s'ouvrirait "une période de stabilité et de convergence". Cette période préparera un "référendum de projet" d'ici juin 2023, qui, en cas de oui dimanche, portera sur la constitution d'un nouvel Etat et, en cas de non, sur un nouveau statut pour le territoire au sein de la France.

Le dialogue ne sera cependant pas si facile: le parti indépendantiste FLNKS et les nationalistes ont déjà prévenu jeudi qu'ils récusaient toute rencontre avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, arrivé vendredi à Nouméa, avant l'élection présidentielle française, en avril 2022.

La Nouvelle-Calédonie est inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l'ONU.

A 90,23% du dépouillement des bulletins de vote, le non à l'indépendance de cet archipel français stratégique du Pacifique-Sud l'emporte à 96,32%, selon la chaîne de télévision NC la 1ère. Lors des référendum du 4 octobre 2020 et du 4 novembre 2018, le "non" à l'indépendance l'avait emporté à 56,7%, et 53,3%.A 17H00 dimanche, la participation s'élevait à 41,60%, contre 73,68% en 2018 et 79,63% en 2020.Les indépendantistes avaient annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux urnes, invoquant l'impossibilité d'organiser "une campagne équitable" alors que l'archipel est touché depuis septembre par l'épidémie de Covid et que la population kanak est plongée dans le deuil.En lançant un appel "au calme", Yvon Kona, le président du Sénat coutumier (une assemblée compétente sur les questions touchant aux coutumes et à l'identité des Kanak), avait demandé "aux citoyens kanak et aux progressistes calédoniens d'observer une journée nationale de 'deuil kanak' en ne se rendant pas aux bureaux de vote".Le mot d'ordre de non-participation des nationalistes semble avoir été suivi à la lettre, mais ce boycott favorise de fait le non à l'indépendance.Dans ce contexte, la victoire des loyalistes (pour le maintien dans le giron de la France) était attendue et tous les états-majors sont déjà en train de réfléchir à leurs propositions pour la suite."Ce qui m'intéresse c'est la société qu'on va construire après", expliquait dans la journée Cathy, libraire à Nouméa, "venue par civisme" au bureau de vote mais pour laquelle "ce référendum n'a pas trop de sens car la moitié de la population a décidé de ne pas voter".Il s'agit pourtant d'une étape cruciale d'un processus ouvert en 1988 par les accords de Matignon, à Paris, qui avait scellé la réconciliation entre les Kanak, premiers habitants de Nouvelle-Calédonie, et les Caldoches, descendants des colons blancs, après des années de tensions et de violences.Triple référendum Les Calédoniens sont engagés dans ce processus depuis les années 1980 quand leur territoire, colonisé par la France au XIXe siècle, a connu une période de troubles qui a culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, au cours desquels 19 militants kanak et six militaires ont été tués.Moins de deux mois après ce drame, indépendantistes et loyalistes arrivaient à conclure les accords de Matignon, qui revoyaient la répartition des pouvoirs en Nouvelle-Calédonie. Dix ans plus tard, la signature de l'accord de Nouméa instaurait un processus de décolonisation sur vingt ans pour cette collectivité.Cet accord prévoyait une succession de trois référendums pour demander aux habitants s'ils voulaient que l'île "accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".Ce troisième référendum arrive dans un monde qui a beaucoup changé: d'une part l'archipel, qui dispose de quelque 1,5 million de km2 de zone économique exclusive, se trouve dans une zone devenue stratégique avec la montée en puissance de la Chine.D'autre part le nickel et le cobalt qu'elle produit sont devenus des ressources minières indispensables pour le nouveau marché des batteries électriques, garantes de la transition écologique de la planète."Une vie ensemble" Quel que soit le résultat du référendum, "le jour d'après il y aura une vie ensemble" avec la France, notamment "compte tenu de la réalité géopolitique de la région", a assuré jeudi le président Emmanuel Macron.En juin à Paris, les acteurs calédoniens avaient décidé avec l'Etat qu'après le 12 décembre s'ouvrirait "une période de stabilité et de convergence". Cette période préparera un "référendum de projet" d'ici juin 2023, qui, en cas de oui dimanche, portera sur la constitution d'un nouvel Etat et, en cas de non, sur un nouveau statut pour le territoire au sein de la France.Le dialogue ne sera cependant pas si facile: le parti indépendantiste FLNKS et les nationalistes ont déjà prévenu jeudi qu'ils récusaient toute rencontre avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, arrivé vendredi à Nouméa, avant l'élection présidentielle française, en avril 2022.La Nouvelle-Calédonie est inscrite depuis 1986 sur la liste des territoires non-autonomes à décoloniser de l'ONU.