Le tribunal d'Oslo avait provoqué la stupeur en avril, notamment parmi les proches des victimes, en concluant que les conditions de détention de l'extrémiste de 37 ans violaient la Convention européenne des droits de l'Homme.

La Norvège, qui se pique d'avoir scrupuleusement respecté l'Etat de droit face à la pire attaque commise sur son sol depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait aussitôt fait appel de cette condamnation, qu'elle avait perçue comme un camouflet.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait traqué pendant plus d'une heure les participants d'un camp d'été de la Jeunesse travailliste piégés sur l'île d'Utøya, abattant 69 d'entre eux, pour la plupart adolescents. Un peu plus tôt, il avait tué huit autres personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo.

Condamné à une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée indéfiniment, il dispose de trois cellules où il peut regarder la télévision, jouer à des jeux vidéo, s'entraîner avec des appareils de musculation, user d'un ordinateur (sans accès à internet) et lire livres et journaux.

Préparés 'au pire'

La juge de première instance avait pourtant conclu que son régime carcéral contrevenait à l'article 3 de la Convention qui interdit les "peines ou traitements inhumains ou dégradants". "Une valeur fondamentale dans une société démocratique", qui "vaut aussi pour le traitement de terroristes et d'assassins", avait-elle souligné.

En cause: l'isolement de Breivik, détenu dans un quartier de très haute sécurité à l'écart des autres prisonniers, et l'absence de mesures suffisantes pour compenser ce régime sévère.

En cinq ans et demi d'incarcération, l'extrémiste n'a eu que des contacts avec des intervenants professionnels (surveillants, avocats, personnels de santé, religieux...), derrière une paroi de verre, à l'exception d'une brève visite de sa mère juste avant sa mort.

Le jugement pointait aussi les nombreuses fouilles corporelles potentiellement "humiliantes", le recours systématique aux menottes et autres réveils réguliers de nuit, surtout dans les premiers temps de sa détention.

Le nouveau procès risque de rouvrir des cicatrices en Norvège, d'autant que Breivik est coutumier des provocations. En première instance, il avait fait le salut nazi, critiqué le café froid et les plats préparés et s'était comparé à Nelson Mandela.

Alors que nombreux sont ceux qui dans le pays cherchent à ignorer les frasques du tueur, le groupe de soutien aux familles des victimes a prévenu ses membres de se préparer "au pire", à savoir un nouveau battage médiatique.

Filtrage du courrier

Notant que Breivik avait "entre autres essayé de mettre le système judiciaire hors-jeu avec ses attaques", le groupe a cependant souligné que "la meilleure façon de défendre l'Etat de droit est d'appliquer ses règles, dans cette affaire comme dans les autres".

L'état mental du détenu devrait être au centre du nouveau procès qui, comme le premier, se tiendra dans le gymnase de la prison de Skien (sud) où il est incarcéré.

Son avocat, Øystein Storrvik, estime que "l'Etat n'a pas mis en place de mesures concrètes pour remédier à la vulnérabilité mentale de Breivik et aux dommages dus à l'isolement prolongé", malgré quelques allègements tels que le remplacement de la paroi de verre par un grillage lors de ses propres visites à son client.

En face, le Procureur général, Fredrik Sejersted, estime au contraire qu'"il n'y a pas de preuve que Breivik souffre de troubles physiques ou mentaux dus à ses conditions de détention".

Les trois magistrats de la Cour d'appel devront aussi se prononcer sur un autre point, soulevé par l'extrémiste celui-là.

En avril, la juge avait donné raison à l'Etat, qui filtre étroitement la correspondance de Breivik afin de l'empêcher de former un réseau capable de perpétrer de nouvelles attaques. Lui estime que cela viole l'article 8 de la Convention des droits de l'Homme garantissant le droit à une vie privée.

Le tribunal d'Oslo avait provoqué la stupeur en avril, notamment parmi les proches des victimes, en concluant que les conditions de détention de l'extrémiste de 37 ans violaient la Convention européenne des droits de l'Homme.La Norvège, qui se pique d'avoir scrupuleusement respecté l'Etat de droit face à la pire attaque commise sur son sol depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait aussitôt fait appel de cette condamnation, qu'elle avait perçue comme un camouflet. Le 22 juillet 2011, Breivik avait traqué pendant plus d'une heure les participants d'un camp d'été de la Jeunesse travailliste piégés sur l'île d'Utøya, abattant 69 d'entre eux, pour la plupart adolescents. Un peu plus tôt, il avait tué huit autres personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo.Condamné à une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée indéfiniment, il dispose de trois cellules où il peut regarder la télévision, jouer à des jeux vidéo, s'entraîner avec des appareils de musculation, user d'un ordinateur (sans accès à internet) et lire livres et journaux.La juge de première instance avait pourtant conclu que son régime carcéral contrevenait à l'article 3 de la Convention qui interdit les "peines ou traitements inhumains ou dégradants". "Une valeur fondamentale dans une société démocratique", qui "vaut aussi pour le traitement de terroristes et d'assassins", avait-elle souligné.En cause: l'isolement de Breivik, détenu dans un quartier de très haute sécurité à l'écart des autres prisonniers, et l'absence de mesures suffisantes pour compenser ce régime sévère. En cinq ans et demi d'incarcération, l'extrémiste n'a eu que des contacts avec des intervenants professionnels (surveillants, avocats, personnels de santé, religieux...), derrière une paroi de verre, à l'exception d'une brève visite de sa mère juste avant sa mort.Le jugement pointait aussi les nombreuses fouilles corporelles potentiellement "humiliantes", le recours systématique aux menottes et autres réveils réguliers de nuit, surtout dans les premiers temps de sa détention.Le nouveau procès risque de rouvrir des cicatrices en Norvège, d'autant que Breivik est coutumier des provocations. En première instance, il avait fait le salut nazi, critiqué le café froid et les plats préparés et s'était comparé à Nelson Mandela.Alors que nombreux sont ceux qui dans le pays cherchent à ignorer les frasques du tueur, le groupe de soutien aux familles des victimes a prévenu ses membres de se préparer "au pire", à savoir un nouveau battage médiatique.Notant que Breivik avait "entre autres essayé de mettre le système judiciaire hors-jeu avec ses attaques", le groupe a cependant souligné que "la meilleure façon de défendre l'Etat de droit est d'appliquer ses règles, dans cette affaire comme dans les autres". L'état mental du détenu devrait être au centre du nouveau procès qui, comme le premier, se tiendra dans le gymnase de la prison de Skien (sud) où il est incarcéré.Son avocat, Øystein Storrvik, estime que "l'Etat n'a pas mis en place de mesures concrètes pour remédier à la vulnérabilité mentale de Breivik et aux dommages dus à l'isolement prolongé", malgré quelques allègements tels que le remplacement de la paroi de verre par un grillage lors de ses propres visites à son client. En face, le Procureur général, Fredrik Sejersted, estime au contraire qu'"il n'y a pas de preuve que Breivik souffre de troubles physiques ou mentaux dus à ses conditions de détention".Les trois magistrats de la Cour d'appel devront aussi se prononcer sur un autre point, soulevé par l'extrémiste celui-là. En avril, la juge avait donné raison à l'Etat, qui filtre étroitement la correspondance de Breivik afin de l'empêcher de former un réseau capable de perpétrer de nouvelles attaques. Lui estime que cela viole l'article 8 de la Convention des droits de l'Homme garantissant le droit à une vie privée.