"Nous avons un pistolet sur la tempe" expliquait hier Evangelos Apostolou, ministre grec du Développement rural, entre une visite d'une délégation belge dans son bureau athénien et une manifestation d'agriculteurs en colère. "Cette rencontre, ce n'est pas un choix, c'est marche ou crève", avouait l'homme, désabusé entre ses trois gardes du corps, avant le départ du premier ministre grec Alexis Tsipras pour Bruxelles.
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"Nous avons un pistolet sur la tempe" expliquait hier Evangelos Apostolou, ministre grec du Développement rural, entre une visite d'une délégation belge dans son bureau athénien et une manifestation d'agriculteurs en colère. "Cette rencontre, ce n'est pas un choix, c'est marche ou crève", avouait l'homme, désabusé entre ses trois gardes du corps, avant le départ du premier ministre grec Alexis Tsipras pour Bruxelles.Une situation intenableLe gouvernement grec doit faire face à des remboursements de 7 milliards d'euros cet été, qu'il ne pourra honorer sans le versement de nouvelles tranches du plan d'aide de 86 milliards d'euros accordé à Athènes.Le climat est morose dans la capitale grecque, tant dans les rues, où un magasin sur trois est fermé, que dans le regard du peuple qui n'ose plus espérer que Bruxelles sauve le pays enlisé dans la crise. "Est-ce que cette fois-ci vous allez nous aider?", demandait hier encore un commerçant.C'est que mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a publié un rapport accablant l'économie grecque, sous perfusion depuis 2010. Il juge la dette "intenable" et "explosive" et doute de sa capacité à dégager un excédent primaire de 3,5% du produit intérieur brut (PIB), conformément à l'objectif assigné par les Européens.La Grèce n'a pas d'alternativePour rester dans les carcans du plan de redressement, concrètement, les Grecs verraient le seuil des revenus non imposables diminuer, au même titre que les pensions, qui ont pourtant déjà baissé de près de 50% depuis le début de la crise.Une condition sine qua non pour que le FMI revoit la dette grecque à la baisse et reste dans la Troïka, où visiblement tous les créanciers ne dansent pas sur le même pied. Pour rappel, la Troïka est composée de la Commission européenne (CE) de la Banque centrale européenne (CBE) et du FMI.Dans ce contexte, deux solutions s'offrent à Tsipras. Soit, il cède dans les prochaines semaines et camoufle l'échec des négociations, ce qui provoquerait à terme, au vu du durcissement de l'austérité, la tenue de nouvelles élections, alors que Syriza tourne autour des 15% de popularité dans les derniers sondages. Soit, il refuse la proposition européenne et provoque un référendum.Quel que soit le choix du premier ministre grec, 2017 sera une année clé pour le parti de la gauche radicale grecque.Laurent Zanella