Outre plus de 10.000 personnes évacuées dans le Var, plus de 7.000 hectares ont été détruits dans le sud-est de la France et en Corse.

Les secouristes luttaient pour le troisième jour consécutif contre le feu. Au total, 4.000 hommes sont déployés, appuyés par 19 bombardiers d'eau.

Dans la très touristique zone de Bormes-les-Mimosas, dont la population double, voire triple, en été, entre 10.000 et 12.000 personnes ont été évacuées de leurs maisons ou campings dans la nuit. Aux salles municipales ouvertes pour eux, certains ont préféré leur voiture ou la plage.

Mais mercredi en fin de journée, le feu était "en train de passer sous contrôle", a indiqué le représentant de l'État dans la région, Stéphane Bouillon.

L'incendie a ravagé 1.300 hectares et mobilisé plus de 550 sapeurs-pompiers.

Selon le Premier ministre Edouard Philippe, qui a survolé les collines en feu à Bormes-les-Mimosas, "la situation est encore intense si on regarde le nombre de feux en cours dans la région, elle s'améliore mais je reste prudent car il y aura encore des départs de feu demain".

Avec 8 à 9 millions de visiteurs par an, selon le Comité Var Tourisme, le département arrive juste après Paris comme principale destination touristique en France.

"Toutes les collines étaient en feu jusqu'à la mer", témoigne Jean-Paul Poinsart, 68 ans, un habitant de la région. "Toute la montagne en feu", c'est aussi ce qu'évoque Amélie, une Allemande d'une vingtaine d'année venue de Francfort, qui campait avec ses proches.

'La Berezina'

Dans le département voisin des Bouches-du-Rhône, un autre incendie a parcouru une centaine d'hectares, gagnant le village de Carro où 400 personnes ont été évacuées par sécurité.

Un autre foyer qui avait éclaté plus tôt à Peynier, au nord-est de Marseille et a détruit 80 hectares, "est en cours de maîtrise", a précisé le préfet Bouillon.

Autre site très touristique varois, la Croix-Valmer, où plus de 400 hectares ont été détruits par les flammes mardi, a connu "une reprise du feu assez importante", mercredi après-midi, selon le premier adjoint à la mairie René Carandante. "Là où est passé le feu, ça ressemble à la Berezina, il n'y a plus rien", se lamente cet élu catastrophé.

Tout un quartier a été évacué, "au moins 200 personnes", par précaution, et des plages ont fermé, a-t-il dit à l'AFP. Dans la soirée, le préfet de région a indiqué qu'il avait de nouveau été "maîtrisé".

Des reprises ont aussi eu lieu dans la journée sur un feu dans le Haut-Var (1.700 hectares brûlés).

Dans l'île méditerranéenne de Corse, où des feux ont détruit près de 2.000 hectares de maquis depuis lundi, "le feu est stabilisé mais pas maîtrisé", selon les pompiers.

La France a sollicité deux avions Canadair dans le cadre de l'aide européenne. Mardi soir, un premier avion prêté par l'Italie est arrivé en Corse.

Le Portugal sous les flammes

La France n'était pas seule en Europe à être frappée mercredi par des incendies violents. Après avoir débuté dimanche, des feux continuaient de dévaster le centre du Portugal, à peine cinq semaines après l'immense incendie qui a fait 64 morts et plus de 200 blessés dans la même zone.

Attisés par le vent et la chaleur, les incendies continuaient à faire rage dans la nuit de mercredi à jeudi.

Le plus gros foyer, près de la commune de Serta dans la région de Castelo Branco, mobilisait à lui seul plus de 1.000 sur un total de 4.000 pompiers à pied d'oeuvre dans l'ensemble du pays pour tenter de freiner la progression des flammes.

"Nous n'arrivons pas à contrôler les flammes qui avancent sur quatre ou cinq fronts", s'est inquiété le maire de la commune de Maçao, Vasco Estrela, une trentaine de kilomètres plus au sud.

Peu avant minuit, les flammes étaient aux portes de la ville de 2.000 habitants, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Tous les ingrédients sont réunis pour que nous nous retrouvions avec des incendies d'une dimension tragique. Nos forêts sont dans un état de grand abandon, il y a trop de pins et d'eucalyptus", a déploré le Premier ministre Antonio Costa.

En Allemagne en revanche, ce sont les pluies incessantes depuis mardi qui menacent d'inondation la région de Basse-Saxe (nord).

AFP