Depuis samedi, ceux qui rentrent d'Inde, du Brésil, du Chili, d'Afrique du Sud, d'Argentine, ont vu leurs conditions d'isolement se durcir. Les forces de l'ordre vérifient de manière inopinée leur présence sur leur lieu de quarantaine et peuvent leur infliger une amende allant de 1.000 à 1.500 euros en cas d'absence.

Une sanction sévère que la jeune Indienne de 27 ans approuve totalement. "La seule langue que les gens comprennent aujourd'hui, c'est celle de l'argent", soupire-t-elle, dans l'entrée de son vaste appartement du XVIe arrondissement de Paris.

Avoir deux policiers sur son palier, quelques heures après son atterrissage, "c'est très bon signe, ça veut dire que le gouvernement ici, ça marche", estime-t-elle, dans son peignoir coloré, derrière un masque à fleurs.

De retour de New Delhi, cette salariée d'une ONG environnementale met un point d'honneur à s'isoler strictement et à télétravailler, au vu de la situation "hyper grave" de son pays.

Là-bas, le variant indien du Covid-19 et sa "double mutation" font des ravages. L'Inde recense plus de 300.000 contaminations quotidiennes, son système hospitalier est à genoux, et 2.767 personnes sont décédées dans les dernières 24 heures, un triste record national.

Amende dissuasive

"Très inquiète" pour sa famille et ses amis restés là-bas, la jeune femme insiste sur sa "responsabilité" de protéger son entourage ici avec une stricte quarantaine.

Comme Anuttama, la plupart des voyageurs "comprennent le contrôle et l'action de la police", explique à l'AFP le commissaire central adjoint du XVIe arrondissement. Depuis samedi, la préfecture de police l'informe de tous les voyageurs qui déclarent vouloir passer leur quarantaine dans ce quartier cossu de la capitale, dont il a la responsabilité.

Dans les dix jours de leur quarantaine, "tout le monde devra être contrôlé (...) au moins une fois", assure le responsable, qui n'a pour l'instant eu à verbaliser personne. "Mille euros d'amende, c'est quand même assez dissuasif", estime-t-il.

Les contrôles "ont lieu plutôt dans l'après-midi", poursuit-il. Car chaque jour entre 10 heures et midi, les voyageurs assignés à résidence peuvent rompre leur isolement afin d'aller faire des achats de première nécessité ou de prendre l'air.

Avec ces contrôles annoncés systématiques, la France a durci de manière assez radicale son processus de quarantaine. Auparavant, les voyageurs venant de pays extérieurs à l'Union européenne devaient simplement déclarer sur l'honneur leur engagement moral à rester confiné pendant sept jours, sous peine d'une amende de 135 euros.

"C'est la loi"

Grâce à ce tour de vis, le gouvernement espère contrôler les variants plus contagieux du virus, apparus notamment en Afrique du Sud, en Inde et au Brésil. Un enjeu important, alors que la pandémie a officiellement tué près de 103.000 personnes en France, que le nombre de patients en réanimation est proche de 6.000 et que les autorités maintiennent leur calendrier de levée progressive des restrictions sanitaires à partir de la mi-mai.

"Nous avons engagé la bataille contre ces variants, qui sont une menace face à laquelle nous devons nous protéger", a martelé le Premier ministre Jean Castex, en déplacement dimanche à l'aéroport parisien de Roissy. Il assure que "toutes les précautions sont prises" et que "les variants (sud-africain et brésilien) sont très peu nombreux et ont tendance à régresser".

Un discours loin de convaincre tous les assignés à résidence.

"A l'aéroport, on a été bloqués tous ensemble pendant deux heures à cause des tests antigéniques, et ça, déjà, c'est pas génial pour le Covid", raconte Rodrigo Laiz, de retour d'Argentine.

Encore mal réveillé à cause du décalage horaire, le quadragénaire ouvre la porte sans masque face aux policiers, qui lui demandent de le mettre. Il confie s'isoler "parce que c'est la loi", mais doute "que ça serve pour arrêter le virus".

Pour son aller-retour, l'Argentin a dû effectuer "quatre tests" pour prouver qu'il n'avait pas le Covid. "Je pense que c'est suffisant", lâche-t-il, lassé.

Depuis samedi, ceux qui rentrent d'Inde, du Brésil, du Chili, d'Afrique du Sud, d'Argentine, ont vu leurs conditions d'isolement se durcir. Les forces de l'ordre vérifient de manière inopinée leur présence sur leur lieu de quarantaine et peuvent leur infliger une amende allant de 1.000 à 1.500 euros en cas d'absence.Une sanction sévère que la jeune Indienne de 27 ans approuve totalement. "La seule langue que les gens comprennent aujourd'hui, c'est celle de l'argent", soupire-t-elle, dans l'entrée de son vaste appartement du XVIe arrondissement de Paris.Avoir deux policiers sur son palier, quelques heures après son atterrissage, "c'est très bon signe, ça veut dire que le gouvernement ici, ça marche", estime-t-elle, dans son peignoir coloré, derrière un masque à fleurs.De retour de New Delhi, cette salariée d'une ONG environnementale met un point d'honneur à s'isoler strictement et à télétravailler, au vu de la situation "hyper grave" de son pays.Là-bas, le variant indien du Covid-19 et sa "double mutation" font des ravages. L'Inde recense plus de 300.000 contaminations quotidiennes, son système hospitalier est à genoux, et 2.767 personnes sont décédées dans les dernières 24 heures, un triste record national."Très inquiète" pour sa famille et ses amis restés là-bas, la jeune femme insiste sur sa "responsabilité" de protéger son entourage ici avec une stricte quarantaine.Comme Anuttama, la plupart des voyageurs "comprennent le contrôle et l'action de la police", explique à l'AFP le commissaire central adjoint du XVIe arrondissement. Depuis samedi, la préfecture de police l'informe de tous les voyageurs qui déclarent vouloir passer leur quarantaine dans ce quartier cossu de la capitale, dont il a la responsabilité.Dans les dix jours de leur quarantaine, "tout le monde devra être contrôlé (...) au moins une fois", assure le responsable, qui n'a pour l'instant eu à verbaliser personne. "Mille euros d'amende, c'est quand même assez dissuasif", estime-t-il.Les contrôles "ont lieu plutôt dans l'après-midi", poursuit-il. Car chaque jour entre 10 heures et midi, les voyageurs assignés à résidence peuvent rompre leur isolement afin d'aller faire des achats de première nécessité ou de prendre l'air.Avec ces contrôles annoncés systématiques, la France a durci de manière assez radicale son processus de quarantaine. Auparavant, les voyageurs venant de pays extérieurs à l'Union européenne devaient simplement déclarer sur l'honneur leur engagement moral à rester confiné pendant sept jours, sous peine d'une amende de 135 euros.Grâce à ce tour de vis, le gouvernement espère contrôler les variants plus contagieux du virus, apparus notamment en Afrique du Sud, en Inde et au Brésil. Un enjeu important, alors que la pandémie a officiellement tué près de 103.000 personnes en France, que le nombre de patients en réanimation est proche de 6.000 et que les autorités maintiennent leur calendrier de levée progressive des restrictions sanitaires à partir de la mi-mai."Nous avons engagé la bataille contre ces variants, qui sont une menace face à laquelle nous devons nous protéger", a martelé le Premier ministre Jean Castex, en déplacement dimanche à l'aéroport parisien de Roissy. Il assure que "toutes les précautions sont prises" et que "les variants (sud-africain et brésilien) sont très peu nombreux et ont tendance à régresser".Un discours loin de convaincre tous les assignés à résidence."A l'aéroport, on a été bloqués tous ensemble pendant deux heures à cause des tests antigéniques, et ça, déjà, c'est pas génial pour le Covid", raconte Rodrigo Laiz, de retour d'Argentine.Encore mal réveillé à cause du décalage horaire, le quadragénaire ouvre la porte sans masque face aux policiers, qui lui demandent de le mettre. Il confie s'isoler "parce que c'est la loi", mais doute "que ça serve pour arrêter le virus".Pour son aller-retour, l'Argentin a dû effectuer "quatre tests" pour prouver qu'il n'avait pas le Covid. "Je pense que c'est suffisant", lâche-t-il, lassé.