"L'Europe ne doit pas devenir le théâtre d'une nouvelle course aux armements", a estimé le ministre autrichien des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, après que les deux puissances ont acté dans la matinée la fin de ce texte emblématique conclu à la fin de la Guerre froide. "La fin du traité INF représente une menace pour la sécurité de l'Europe", a souligné le diplomate, appelant de ses voeux "une déclaration volontaire des deux côtés sur le non-déploiement en Europe de missiles terrestres de moyenne portée".

L'Autriche, un pays neutre, est un des pays à l'origine du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires de 2017, auquel n'ont souscrit aucune des puissances nucléaires. "Une interdiction internationale est une condition pour parvenir à un monde sans armes nucléaires" et ce texte représente "un signal important contre la dangereuse tendance au réarmement" symbolisée par la fin du traité INF, a plaidé M. Schallenberg.

A l'expiration d'un ultimatum de Washington, la Russie a déclaré officiellement mort vendredi le traité INF, accusant les Etats-Unis d'être responsables de cette issue. Moscou a renouvelé sa proposition de ne pas déployer des missiles prohibés par cet accord de la Guerre froide si Washington faisait de même. Dans l'accord INF conclu en 1987, les deux super-puissances s'étaient engagées à détruire tous leurs missiles balistiques d'une portée comprise entre 500 et 5.000 km, un geste alors considéré comme une avancée majeure en matière de désarmement.