Après des décennies de baisse, la sous-alimentation a repris de la vigueur depuis 2015. Figurant parmi les objectifs de développement durable fixés pour 2030, la perspective d'un monde sans aucune personne en état de sous-alimentation à cette échéance relève d'un "immense défi", note le rapport.

Intitulé "L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde", le document a été rédigé par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, avec le concours du Fonds international pour le développement de l'agriculture, le Fonds de l'ONU pour les enfants (Unicef), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

"Pour préserver la sécurité alimentaire et la nutrition, il est essentiel de mettre en place des politiques économiques et sociales pour contrecarrer à tout prix les effets des cycles économiques défavorables, tout en évitant de réduire les services essentiels tels que les soins de santé et l'éducation", affirme le rapport. En appelant à une "transformation structurelle" inclusive avec les plus démunis, les auteurs du document demandent d'"intégrer les préoccupations de sécurité alimentaire et de nutrition dans les efforts de réduction de la pauvreté", tout en luttant contre les inégalités entre les sexes et l'exclusion de groupes sociaux.

La sous-alimentation reste prévalente sur de nombreux continents: en Afrique (près de 20% de la population concernée), en Amérique latine et dans les Caraïbes (moins de 7%) et en Asie (plus de 12%). En ajoutant les populations souffrant de famine aux personnes touchées par l'insécurité alimentaire, on estime que plus de deux milliards de personnes, dont 8% vivent en Amérique du Nord et en Europe, n'ont pas régulièrement accès à des aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante.