Dans la vision complotiste du réalisateur de Hold-up, Fabrice Fries est issu de la même promotion de l'ENA qu'Emmanuel Macron. C'est à cette proximité qu'il doit sa nomination en 2018 à la présidence de l'Agence France-Presse et c'est ce qui explique qu'il est à la botte du pouvoir. Dans la vraie vie, Fabrice Fries est de la promotion 1984-1986 de la grande école d'admin...

Dans la vision complotiste du réalisateur de Hold-up, Fabrice Fries est issu de la même promotion de l'ENA qu'Emmanuel Macron. C'est à cette proximité qu'il doit sa nomination en 2018 à la présidence de l'Agence France-Presse et c'est ce qui explique qu'il est à la botte du pouvoir. Dans la vraie vie, Fabrice Fries est de la promotion 1984-1986 de la grande école d'administration alors qu'Emmanuel Macron est de la "2002-2004". Il n'a jamais rencontré le président de la République et l'AFP est une entreprise de droit commercial sans actionnaire pour la soustraire à toute influence. Ce qui a frappé l'auteur de L'emprise du faux (1), c'est combien ce "documentaire" Hold-up n'a pas surpris et scandalisé plus que cela. L'essai intelligent et didactique de Fabrice Fries est donc la réponse d'un artisan de l'information aux propagateurs de la désinformation. Il en rappelle la constance dans l'histoire des médias, les exemples marquants et la virulence contemporaine facilitée par les réseaux sociaux qui l'ont banalisée et en ont accéléré la diffusion (il n'a fallu que trente minutes après l'attentat du Bataclan pour voir émerger l'idée d'un complot fomenté par le gouvernement). L'emprise du faux n'est cependant pas qu'un bréviaire décrivant les différentes formes de désinformation, les motivations de ses diffuseurs ou les caractéristiques du complotisme. Il ouvre aussi des pistes de solutions au défi de la prolifération des fake news. Autorégulation et responsabilisation des plateformes, collaboration entre celles-ci et les professionnels de l'information, sensibilisation des entreprises à l'environnement vertueux de leurs placements publicitaires...: la riposte est en marche. Tout n'est pas perdu. Mais les dégâts déjà opérés sont considérables.