"Il y a du boulot pour les sociologues ces prochaines années", s'exclame M. Jaumain évoquant notamment la faillite des instituts de sondage, puisque la nette victoire annoncée de Joe Biden est finalement bien plus étriquée. "Il est probable qu'il y ait toute une série de votes souterrains ou d'électeurs qui ne veulent pas déclarer qu'ils ont voté pour Trump", commente M. Jaumain.

Selon lui, le processus électoral est en outre extrêmement bien rôdé aux Etats-Unis où "la fraude électorale n'existe quasiment pas". En particulier ces élections-ci, "il y avait des observateurs de part et d'autre et, globalement, c'est très difficile de tricher. D'ailleurs, ce n'est quasi jamais arrivé. On a quelques exemples de tricherie mais qui portaient chaque fois sur quelques bulletins, sans aucun impact sur le résultat des élections."

L'historien revient par ailleurs sur le coude-à-coude qui avait opposé en 2000 Al Gore et Georges W. Bush. "C'est la dernière fois qu'il y a eu une contestation forte." Et elle portait sur un seul État la Floride, où il n'était pas question de fraude mais d'un recomptage. Aujourd'hui, s'il n'y avait qu'un seul État qui était concerné, et quelques milliers de voix, on pourrait accorder un certain crédit aux volontés de recours de Donald Trump. "Mais tout indique qu'il est impossible raisonnablement de penser qu'il y a eu des fraudes dans une série d'États, et toujours en sa défaveur. Il faudra qu'à un moment, il accepte de reconnaître sa défaite, qui semble très claire."

Une certaine paralysie administrative n'est pas à exclure

Selon l'expert, une certaine paralysie administrative n'est pas à exclure si Trump traîne à s'avouer vaincu.

Il conviendra en outre, et ce sera l'une des tâches les plus importantes du nouveau pensionnaire de la Maison blanche, de tenter de réconcilier les deux camps qui ont animé cette campagne électorale.

"Les Etats-Unis sont plus divisés que jamais. Les électorats donnent l'impression de deux bulles qui ne se parlent pas", observe le professeur, soulignant le rôle "considérable" des réseaux sociaux dans l'élaboration de ce fossé. "Le discours de Biden de réconcilier les deux Amériques était important mais ce sera très difficile car il n'y a pas que Trump. Il y a les 70 millions d'électeurs derrière lui."

Pour Serge Jaumain, le vote Trump "reste impressionnant après une présidence très atypique et qui a choqué beaucoup de personnes un peu partout dans le monde. Il a non seulement conservé son électorat mais il l'a agrandi en passant de 63 à 70 millions d'électeurs. Ceux qui pensaient que les quatre dernières années avaient dégoûté la majorité des Américains, ce n'est pas le cas. Donald Trump a vraiment réussi à faire le plein de voix malgré ses mensonges, sa brutalité en interne et et en externe".

Un référendum sur Donald Trump

Si l'élection a surtout semblé être un référendum sur Donald Trump, le vainqueur n'en reste pas moins le président historiquement le mieux élu, et qui est parvenu à s'imposer face au candidat républicain qu'avait affronté Hillary Clinton lors du précédent scrutin présidentiel. L'âge vieillissant de Joe Biden pourrait même s'avérer un avantage après des années Trump chahutées. Serge Jaumain pointe l'esprit d'ouverture du futur président démocrate à l'égard des électeurs de son rival, là où Hillary Clinton avait été très dure avec ceux-ci pendant la campagne électorale il y a quatre ans. "On a ici quelqu'un de plus ouvert et modéré, et c'est ce qui fait sa grande force et sa sagesse, ce qui apaise le climat après Trump."

L'autre force de Joe Biden est d'avoir désigné Kamala Harris comme vice-présidente. Le duo constitue "un couple politique impressionnant", commente M. Jaumain, avec "une personnalité de tout premier plan" en la personne de Kamala Harris, qui va rassurer quelque peu les Américains compte tenu de l'âge avancé de M. Biden.

"Il y a du boulot pour les sociologues ces prochaines années", s'exclame M. Jaumain évoquant notamment la faillite des instituts de sondage, puisque la nette victoire annoncée de Joe Biden est finalement bien plus étriquée. "Il est probable qu'il y ait toute une série de votes souterrains ou d'électeurs qui ne veulent pas déclarer qu'ils ont voté pour Trump", commente M. Jaumain. Selon lui, le processus électoral est en outre extrêmement bien rôdé aux Etats-Unis où "la fraude électorale n'existe quasiment pas". En particulier ces élections-ci, "il y avait des observateurs de part et d'autre et, globalement, c'est très difficile de tricher. D'ailleurs, ce n'est quasi jamais arrivé. On a quelques exemples de tricherie mais qui portaient chaque fois sur quelques bulletins, sans aucun impact sur le résultat des élections." L'historien revient par ailleurs sur le coude-à-coude qui avait opposé en 2000 Al Gore et Georges W. Bush. "C'est la dernière fois qu'il y a eu une contestation forte." Et elle portait sur un seul État la Floride, où il n'était pas question de fraude mais d'un recomptage. Aujourd'hui, s'il n'y avait qu'un seul État qui était concerné, et quelques milliers de voix, on pourrait accorder un certain crédit aux volontés de recours de Donald Trump. "Mais tout indique qu'il est impossible raisonnablement de penser qu'il y a eu des fraudes dans une série d'États, et toujours en sa défaveur. Il faudra qu'à un moment, il accepte de reconnaître sa défaite, qui semble très claire."Selon l'expert, une certaine paralysie administrative n'est pas à exclure si Trump traîne à s'avouer vaincu. Il conviendra en outre, et ce sera l'une des tâches les plus importantes du nouveau pensionnaire de la Maison blanche, de tenter de réconcilier les deux camps qui ont animé cette campagne électorale. "Les Etats-Unis sont plus divisés que jamais. Les électorats donnent l'impression de deux bulles qui ne se parlent pas", observe le professeur, soulignant le rôle "considérable" des réseaux sociaux dans l'élaboration de ce fossé. "Le discours de Biden de réconcilier les deux Amériques était important mais ce sera très difficile car il n'y a pas que Trump. Il y a les 70 millions d'électeurs derrière lui." Pour Serge Jaumain, le vote Trump "reste impressionnant après une présidence très atypique et qui a choqué beaucoup de personnes un peu partout dans le monde. Il a non seulement conservé son électorat mais il l'a agrandi en passant de 63 à 70 millions d'électeurs. Ceux qui pensaient que les quatre dernières années avaient dégoûté la majorité des Américains, ce n'est pas le cas. Donald Trump a vraiment réussi à faire le plein de voix malgré ses mensonges, sa brutalité en interne et et en externe". Si l'élection a surtout semblé être un référendum sur Donald Trump, le vainqueur n'en reste pas moins le président historiquement le mieux élu, et qui est parvenu à s'imposer face au candidat républicain qu'avait affronté Hillary Clinton lors du précédent scrutin présidentiel. L'âge vieillissant de Joe Biden pourrait même s'avérer un avantage après des années Trump chahutées. Serge Jaumain pointe l'esprit d'ouverture du futur président démocrate à l'égard des électeurs de son rival, là où Hillary Clinton avait été très dure avec ceux-ci pendant la campagne électorale il y a quatre ans. "On a ici quelqu'un de plus ouvert et modéré, et c'est ce qui fait sa grande force et sa sagesse, ce qui apaise le climat après Trump." L'autre force de Joe Biden est d'avoir désigné Kamala Harris comme vice-présidente. Le duo constitue "un couple politique impressionnant", commente M. Jaumain, avec "une personnalité de tout premier plan" en la personne de Kamala Harris, qui va rassurer quelque peu les Américains compte tenu de l'âge avancé de M. Biden.