Le Congrès national du peuple est sur le point d'adopter une loi destinée à mettre un frein aux ingérences étrangères ou aux activités qui nuisent à l'État. Cette loi pourrait viser directement les militants antigouvernementaux qui ont défié l'autorité de Pékin. Le gouvernement chinois a essayé de blâmer des étrangers, y compris les États-Unis, pour avoir manigancé le mouvement pro-démocratique à Hong Kong.

Hong Kong est censé être gouverné selon la règle "un pays, deux systèmes". La partie "un pays" signifie qu'il fait officiellement partie de la Chine, tandis que la partie "deux systèmes" lui confère un certain degré d'autonomie, y compris des droits comme la liberté de la presse. La Chine est censée respecter cet arrangement jusqu'en 2047, mais elle tente de contrôler plus étroitement Hong Kong depuis des années.

La pandémie de coronavirus et les mesures de distanciation sociale nécessaires pour ralentir sa propagation ont mis en veilleuse une grande partie de l'activisme public. Profitant de cette accalmie, la Chine tente d'introduire cette loi sur la sécurité nationale. Cette dernière constitue une étape beaucoup plus directe vers ce que Pékin tente d'accomplir depuis des années : un pays, un système.

La Chine veut avoir la mainmise sur Hong Kong depuis des années

En 2003, Pékin a voulu adopter une loi sur la sécurité nationale. Cette dernière aurait également établi des règles contre la subversion de l'État et l'ingérence étrangère, mais elle a été abandonnée après des protestations de masse.

Et en 2014, lorsque Pékin est revenu sur sa promesse d'accorder le suffrage universel à Hong Kong, la révolution des parapluies a éclaté. Plus récemment, il y a un an, lorsque le corps législatif de Hong Kong a essayé d'adopter cette loi d'extradition controversée, des mois de manifestations ont éclaté. Pendant des années, la Chine a tenté de faire passer cette loi de manière plus ou moins démocratique et avec l'aide des législateurs hongkongais favorables à Pékin.

Mais aujourd'hui, la Chine tente un passage en force. Il s'agit d'une évolution importante parce que Pékin affirme avec plus de ferveur son autorité. En faisant cela, la Chine fait un pas de plus pour sortir de ce "un pays, deux systèmes", elle est en train de transformer Hong Kong en une ville comme les autres.

Cette loi pourrait cadenasser les Hongkongais dans deux camps

La loi n'a pas encore été approuvée, et les détails sont encore flous. Les responsables chinois ont surtout indiqué que la loi vise l'influence étrangère. En réalité, cette loi veut surtout appuyer le pouvoir de Pékin et tenter de contenir les rébellions. Pari risqué puisqu'il y a fort à parier que cela aggravera encore les tensions.

Hong Kong avait déjà été divisé entre deux camps : les "bleus" (ceux qui soutiennent la police) et les "jaunes" (ceux qui soutiennent les manifestants). Mais beaucoup de ces partisans "jaunes" étaient en désaccord avec certaines des tactiques les plus radicales des manifestants de Hong Kong, comme la prise d'assaut du Conseil législatif ou l'occupation d'un campus universitaire.

En fait, cette loi pourrait mettre en difficulté les Hongkongais pro-démocratie voulant plaider en faveur d'une position plus modérée. Ces derniers finiront peut-être par être poussés à devenir soit totalement pro-Pékin, soit des protestataires pro-conflit.

Le premier véritable test pour la dissidence à Hong Kong pourrait bientôt avoir lieu. Traditionnellement, Hong Kong accueille une veillée en l'honneur du massacre de la place Tiananmen, le 4 juin 1989 à Pékin, une répression sanglante contre les manifestants pro-démocratie. En Chine, cet événement a été effacé de l'histoire, mais à Hong Kong, des milliers de personnes le commémorent. Les mesures de distanciation sociale de Hong Kong interdisant les rassemblements de masse sont en vigueur jusqu'au 4 juin, il faudra donc trouver d'autres moyens de commémorer cette journée. Il y a de fortes chances que la Chine interdise tout rassemblement possible.

Tensions internationales à venir ?

Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont tous deux condamné la décision. L'année dernière, le président Donald Trump a signé le Hong Kong Freedom and Democracy Act. Celui-ci stipule que le secrétaire d'État Mike Pompeo évalue si Hong Kong doit encore se voir accorder un statut commercial spécial en vertu du droit américain. Pour ce faire, le gouvernement de Hong Kong doit toujours être majoritairement autonome et respecter l'État de droit. La loi demande également au président d'imposer des sanctions aux fonctionnaires qui violent les droits de l'homme à Hong Kong.

Révoquer le statut de Hong Kong serait une étape dramatique, aux conséquences incertaines. Cela enverrait un signal fort à la Chine, mais cela pourrait avoir des répercussions tant pour les États-Unis que pour Hong Kong. Les États-Unis pourraient perdre des dizaines de milliards d'euros et cela pourrait mettre en péril le statut de Hong Kong en tant que centre financier mondial, ce qui porterait un nouveau coup à la ville.

Le Congrès national du peuple est sur le point d'adopter une loi destinée à mettre un frein aux ingérences étrangères ou aux activités qui nuisent à l'État. Cette loi pourrait viser directement les militants antigouvernementaux qui ont défié l'autorité de Pékin. Le gouvernement chinois a essayé de blâmer des étrangers, y compris les États-Unis, pour avoir manigancé le mouvement pro-démocratique à Hong Kong.Hong Kong est censé être gouverné selon la règle "un pays, deux systèmes". La partie "un pays" signifie qu'il fait officiellement partie de la Chine, tandis que la partie "deux systèmes" lui confère un certain degré d'autonomie, y compris des droits comme la liberté de la presse. La Chine est censée respecter cet arrangement jusqu'en 2047, mais elle tente de contrôler plus étroitement Hong Kong depuis des années.La pandémie de coronavirus et les mesures de distanciation sociale nécessaires pour ralentir sa propagation ont mis en veilleuse une grande partie de l'activisme public. Profitant de cette accalmie, la Chine tente d'introduire cette loi sur la sécurité nationale. Cette dernière constitue une étape beaucoup plus directe vers ce que Pékin tente d'accomplir depuis des années : un pays, un système.En 2003, Pékin a voulu adopter une loi sur la sécurité nationale. Cette dernière aurait également établi des règles contre la subversion de l'État et l'ingérence étrangère, mais elle a été abandonnée après des protestations de masse.Et en 2014, lorsque Pékin est revenu sur sa promesse d'accorder le suffrage universel à Hong Kong, la révolution des parapluies a éclaté. Plus récemment, il y a un an, lorsque le corps législatif de Hong Kong a essayé d'adopter cette loi d'extradition controversée, des mois de manifestations ont éclaté. Pendant des années, la Chine a tenté de faire passer cette loi de manière plus ou moins démocratique et avec l'aide des législateurs hongkongais favorables à Pékin.Mais aujourd'hui, la Chine tente un passage en force. Il s'agit d'une évolution importante parce que Pékin affirme avec plus de ferveur son autorité. En faisant cela, la Chine fait un pas de plus pour sortir de ce "un pays, deux systèmes", elle est en train de transformer Hong Kong en une ville comme les autres.La loi n'a pas encore été approuvée, et les détails sont encore flous. Les responsables chinois ont surtout indiqué que la loi vise l'influence étrangère. En réalité, cette loi veut surtout appuyer le pouvoir de Pékin et tenter de contenir les rébellions. Pari risqué puisqu'il y a fort à parier que cela aggravera encore les tensions.Hong Kong avait déjà été divisé entre deux camps : les "bleus" (ceux qui soutiennent la police) et les "jaunes" (ceux qui soutiennent les manifestants). Mais beaucoup de ces partisans "jaunes" étaient en désaccord avec certaines des tactiques les plus radicales des manifestants de Hong Kong, comme la prise d'assaut du Conseil législatif ou l'occupation d'un campus universitaire.En fait, cette loi pourrait mettre en difficulté les Hongkongais pro-démocratie voulant plaider en faveur d'une position plus modérée. Ces derniers finiront peut-être par être poussés à devenir soit totalement pro-Pékin, soit des protestataires pro-conflit. Le premier véritable test pour la dissidence à Hong Kong pourrait bientôt avoir lieu. Traditionnellement, Hong Kong accueille une veillée en l'honneur du massacre de la place Tiananmen, le 4 juin 1989 à Pékin, une répression sanglante contre les manifestants pro-démocratie. En Chine, cet événement a été effacé de l'histoire, mais à Hong Kong, des milliers de personnes le commémorent. Les mesures de distanciation sociale de Hong Kong interdisant les rassemblements de masse sont en vigueur jusqu'au 4 juin, il faudra donc trouver d'autres moyens de commémorer cette journée. Il y a de fortes chances que la Chine interdise tout rassemblement possible.Le Royaume-Uni et l'Union européenne ont tous deux condamné la décision. L'année dernière, le président Donald Trump a signé le Hong Kong Freedom and Democracy Act. Celui-ci stipule que le secrétaire d'État Mike Pompeo évalue si Hong Kong doit encore se voir accorder un statut commercial spécial en vertu du droit américain. Pour ce faire, le gouvernement de Hong Kong doit toujours être majoritairement autonome et respecter l'État de droit. La loi demande également au président d'imposer des sanctions aux fonctionnaires qui violent les droits de l'homme à Hong Kong.Révoquer le statut de Hong Kong serait une étape dramatique, aux conséquences incertaines. Cela enverrait un signal fort à la Chine, mais cela pourrait avoir des répercussions tant pour les États-Unis que pour Hong Kong. Les États-Unis pourraient perdre des dizaines de milliards d'euros et cela pourrait mettre en péril le statut de Hong Kong en tant que centre financier mondial, ce qui porterait un nouveau coup à la ville.