Tout comme Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou devra se soumettre au verdict des urnes en 2020. Les élections législatives du 2 mars seront les troisièmes en moins d'un an après des scrutins, en avril et septembre 2019, à l'issue desquels ni le dirigeant du Likoud ni son nouveau rival de la coalition centriste Bleu et Blanc, Benny Gantz, ne sont parvenus à former de gouvernement. Vu la sensibilité légitime de la population israélienne à la menace que fait peser l'Iran des ayatollahs sur l'existence même de leur Etat, la con- sécration d'une politique d'extrême fermeté à l'en...

Tout comme Donald Trump, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou devra se soumettre au verdict des urnes en 2020. Les élections législatives du 2 mars seront les troisièmes en moins d'un an après des scrutins, en avril et septembre 2019, à l'issue desquels ni le dirigeant du Likoud ni son nouveau rival de la coalition centriste Bleu et Blanc, Benny Gantz, ne sont parvenus à former de gouvernement. Vu la sensibilité légitime de la population israélienne à la menace que fait peser l'Iran des ayatollahs sur l'existence même de leur Etat, la con- sécration d'une politique d'extrême fermeté à l'encontre de Téhéran pourrait apporter au Premier ministre israélien sortant des dividendes électoraux plus importants qu'à un président américain dont l'électorat est préoccupé en priorité par l'économie. Benjamin Netanyahou a incontestablement l'oreille de Donald Trump. Mais il est difficile d'établir que son influence, certaine, dicte la politique américaine dans le sens d'une confrontation directe avec l'Iran alors même que, jusqu'à l'assassinat du général Qassem Soleimani à Bagdad, le locataire de la Maison-Blanche s'en tenait à sa stratégie de pression maximale, portée par le renforcement des sanctions, pour faire plier l'Iran, y compris dans le dossier du développement de son infrastructure nucléaire, potentiellement à visée militaire. Un autre volet de la menace iranienne réside, pour Israël, dans le soutien aux mouvements chiites du monde arabe. Le conflit en Syrie et la lutte contre le djihadisme sunnite de l'Etat islamique ont sensiblement renforcé la présence d'éléments iraniens aux côtés du régime de Damas. Avec l'appui essentiel de l'armée russe, des combattants des Gardiens de la révolution iraniens ont participé, aux côtés de ceux du Hezbollah libanais, lui aussi chiite et proiranien, à la reconquête du territoire syrien, qui autorise Bachar al-Assad à revendiquer la victoire dans le conflit. Au Liban contre le Hezbollah et en Syrie aux dépens du même mouvement ou des forces iraniennes, Israël ne se prive pas, depuis longtemps, de mener des frappes aériennes ou de perpétrer des sabotages qui handicapent l'acheminement, de Téhéran à Beyrouth en passant par Damas, d'armements à leurs ennemis. Un nouveau développement dans cette politique d'attaques préventives est survenu à l'été 2019, qui n'est peut-être pas sans relation avec la poussée de fièvre actuelle. Entre mi-juillet et fin août, Israël s'est livré, pour la première fois depuis le bombardement du réacteur nucléaire d'Osirak en 1981, à des frappes aériennes sur le territoire irakien. Elles auraient touché huit dépôts d'armes et camps d'entraînement, à Bagdad, dans le centre du pays et à Al-Qaïm, à la frontière avec la Syrie, où les Unités de mobilisation populaire chiites, dont le Hezbollah, menaient des activités. Entraver l'acheminement d'armes aux groupes chiites de Syrie et du Liban motivait en premier lieu le gouvernement israélien. Les militaires y ont acquis une expertise, le cas échéant utile à leurs alliés américains.