Pour contrer la progression des troupes turques, les forces kurdes, lâchées par Washington, ont appelé l'armée de Bachar al-Assad à se déployer dans certains secteurs du nord, notamment à Minbej et à Aïn Issa, situés à une trentaine de kilomètres de la frontière. Depuis le lancement de leur offensive il y a une semaine, l'armée turque et ses supplétifs syriens -anciens combattants rebelles qui luttaient autrefois pour la chute du régime- ont déjà conquis une bande de territoire à la frontière s'étalant sur environ 120 kilomètres.

Mercredi, de "violents affrontements" au nord-est d'Aïn Issa opposaient l'armée syrienne et les forces kurdes aux rebelles proturcs, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces combats se déroulaient près de l'autoroute stratégique M4, dans des secteurs séparant les territoires sous contrôle des forces kurdes de zones récemment conquises par les supplétifs syriens d'Ankara, a précisé l'OSDH.

Le régime et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les forces kurdes, combattent "ensemble", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Grand allié du régime de Bachar al-Assad, la Russie a souligné qu'elle ne permettrait pas des combats entre les armées turque et syrienne.

Accusé d'avoir lâché les Kurdes, le président américain Donald Trump a annoncé que le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo se rendraient mercredi en Turquie pour négocier un "cessez-le-feu". Mais dès mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a catégoriquement écarté la proposition américaine d'un cessez-le-feu.

Quelque 500 Kurdes de Syrie ont par ailleurs fui ces quatre derniers jours vers le Kurdistan irakien voisin face à la progression de l'offensive militaire turque dans le nord de la Syrie, ont indiqué des responsables. Toutes ces familles ont été escortées vers des camps de déplacés installés dans le nord-ouest de l'Irak, où des millions de déplacés irakiens avaient trouvé refuge depuis la percée du groupe Etat islamique (EI) en 2014.