Créé en 2009, le système de primaires générales pour tous les partis politiques, le même jour, lors d'un scrutin national, est une particularité argentine.

Dans ce pays où le vote est obligatoire pour près de 34 millions d'Argentins, il s'agit plutôt d'un sondage grandeur nature avant les élections générales d'octobre, les partis politiques ayant choisi cette année, pour des raisons de stratégie électorale, d'investir à l'avance leurs candidats comme la loi le leur permet.

A la fermeture des bureaux de vote à 18H00 (23H00 GMT) le taux de participation était de 75%, selon le ministre de l'Intérieur Rogelio Frigeiro. Les premiers résultats étaient attendus à partir de 00H00 GMT lundi.

Ces résultats seront observés à la loupe, car depuis 2009 les scores des scrutins présidentiels ont été dans la ligne des scores des primaires.

"Une différence de plus de cinq points serait très difficile à surmonter, car il n'existe pas de marge pour trouver des voix en raison de la polarisation" du pays, a expliqué l'analyste politique Raul Aragon.

Autre particularité de la présidentielle à venir, le mouvement péroniste qui a gouverné l'Argentine de 1989 à 1999 et de 2002 à 2015 se présente divisé.

L'ancien ministre de l'Economie Roberto Lavagna, l'ex-chef du gouvernement Alberto Fernandez associé à l'ex-présidente Cristina Kirchner et le président sortant de centre droit Mauricio Macri sont les trois principaux candidats.

Mauricio Macri a créé la surprise avec son choix de colistier: en choisissant le dirigeant péroniste Miguel Angel Pichetto, il a rompu avec sa doctrine qui l'avait conduit jusque-là à tenir à l'écart les péronistes de son gouvernement. La volonté d'élargir la coalition gouvernementale a primé. Leur ticket évolue sous la bannière "Ensemble pour le changement" (Juntos por el cambio), créée pour l'occasion.

Alberto Fernandez, chef du gouvernement de Nestor puis de Cristina Kirchner entre 2003 et 2008, jure qu'il a rompu avec les politiques de gauche suivies par le passé et qu'il s'est recentré.

A la surprise générale car elle était en tête des sondages, Mme Kirchner a annoncé le 18 mai son retrait, laissant M. Fernandez briguer le fauteuil de président qu'elle a occupé de 2007 à 2015.

Inculpée dans plusieurs affaires de corruption, l'ex-présidente conserve une influence déterminante sur le parti Unité citoyenne qu'elle a fondé et qui a investi Alberto Fernandez. Leur ticket électoral se présente sous une bannière récemment créée et baptisée "Le Front de tous" (El Frente de todos).