"Nous quittons les Etats-Unis avec le sentiment de la mission accomplie", s'est félicité mardi soir le président Bolsonaro, évoquant sur Twitter des "avancées importantes dans le domaine économique, de la sécurité et de la politique extérieure", ainsi que l'installation d'une "forte amitié entre le Brésil et les Etats-Unis".

Un enthousiasme partagé par Matias Spektor, de la Fondation Getulio Vargas (FGV). "C'est le plus grand nombre de concessions jamais accordées par un président américain à un homologue brésilien ces 30 dernières années", a-t-il estimé, lui aussi sur Twitter, évoquant "une victoire énorme pour Bolsonaro".

Il a ensuite énuméré "l'OCDE, le statut d'allié majeur non-membre de l'Otan", la base spatiale d'Alcantara et l'affirmation "d'une identité commune (foi, famille et Nation)", fondement de la ligne ultra-conservatrice en vigueur à Brasilia comme à Washington.

Donald Trump a promis à son homologue d'appuyer la candidature de Brasilia à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les Etats-Unis pourront lancer des satellites de la base d'Alcantara, dans le nord du Brésil.

Pour David Fleischer, professeur de sciences politiques à l'Université de Brasilia, Jair Bolsonaro a fait des concessions "et n'a reçu en échange que quelques promesses", qui ne seront pas forcément honorées en raison du mantra "l'Amérique d'abord" de Donald Trump.

Mais la grande harmonie affichée par MM. Trump et Bolsonaro lors de leur première rencontre n'est pas sans risque pour la première puissance d'Amérique latine.

- "Position subalterne " -

Ancien ambassadeur du Brésil à Washington, Rubens Ricupero estime qu'être "un allié prioritaire" signifie pour Brasilia "adhérer à l'agenda des Etats-Unis en matière de sécurité: endiguement de la Chine, hostilité à la Russie (...), à l'Iran, et combat permanent contre le terrorisme fondamentaliste islamique".

Des priorités américaines qui "n'ont pas grand chose à voir avec les intérêts du Brésil" et pourraient se traduire par "une série de freins pour sa diplomatie", selon l'ex-ambassadeur.

Le quotidien O Globo tirait aussi la sonnette d'alarme sur l'adhésion totale de Jair Bolsonaro, non seulement à la politique des Etats-Unis, mais à la personnalité de Donald Trump, "dont le mandat se termine l'an prochain".

"Le fait que cette visite débouche sur un alignement rigide et automatique (sur Washington) du Brésil, qui resterait dans une position subalterne, est très préoccupant", estimait un éditorialiste du quotidien.

"Un alignement automatique peut entraîner des problèmes avec d'autres pays, comme les pays européens et la Chine, le premier partenaire commercial du Brésil", poursuivait l'éditorialiste.

Il pourrait aussi entraîner le Brésil dans des développements qu'il ne souhaitait pas. Ainsi sur le Venezuela, Jair Bolsonaro n'a pas voulu réaffirmer son opposition à toute intervention militaire contre le régime socialiste de Nicolas Maduro, alors que Donald Trump martelait encore que "toutes les options sont sur la table".

Cette visite aura par ailleurs permis à Jair Bolsonaro de parler à sa base, soulignaient les commentateurs, puisqu'il a insisté à Washington sur les valeurs familiales et religieuses.

Pour M. Ricupero, sa visite "a davantage été un pèlerinage religieux aux sources de l'extrême droite américaine" qu'une visite officielle.

Dimanche soir, le chef de l'Etat brésilien avait invité à l'ambassade du Brésil à Washington des représentants de l'ultra-droite américaine, au premier rang desquels Steve Bannon, l'ancien stratège controversé de la Maison blanche.

"Nous quittons les Etats-Unis avec le sentiment de la mission accomplie", s'est félicité mardi soir le président Bolsonaro, évoquant sur Twitter des "avancées importantes dans le domaine économique, de la sécurité et de la politique extérieure", ainsi que l'installation d'une "forte amitié entre le Brésil et les Etats-Unis".Un enthousiasme partagé par Matias Spektor, de la Fondation Getulio Vargas (FGV). "C'est le plus grand nombre de concessions jamais accordées par un président américain à un homologue brésilien ces 30 dernières années", a-t-il estimé, lui aussi sur Twitter, évoquant "une victoire énorme pour Bolsonaro". Il a ensuite énuméré "l'OCDE, le statut d'allié majeur non-membre de l'Otan", la base spatiale d'Alcantara et l'affirmation "d'une identité commune (foi, famille et Nation)", fondement de la ligne ultra-conservatrice en vigueur à Brasilia comme à Washington.Donald Trump a promis à son homologue d'appuyer la candidature de Brasilia à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les Etats-Unis pourront lancer des satellites de la base d'Alcantara, dans le nord du Brésil.Pour David Fleischer, professeur de sciences politiques à l'Université de Brasilia, Jair Bolsonaro a fait des concessions "et n'a reçu en échange que quelques promesses", qui ne seront pas forcément honorées en raison du mantra "l'Amérique d'abord" de Donald Trump.Mais la grande harmonie affichée par MM. Trump et Bolsonaro lors de leur première rencontre n'est pas sans risque pour la première puissance d'Amérique latine.Ancien ambassadeur du Brésil à Washington, Rubens Ricupero estime qu'être "un allié prioritaire" signifie pour Brasilia "adhérer à l'agenda des Etats-Unis en matière de sécurité: endiguement de la Chine, hostilité à la Russie (...), à l'Iran, et combat permanent contre le terrorisme fondamentaliste islamique".Des priorités américaines qui "n'ont pas grand chose à voir avec les intérêts du Brésil" et pourraient se traduire par "une série de freins pour sa diplomatie", selon l'ex-ambassadeur.Le quotidien O Globo tirait aussi la sonnette d'alarme sur l'adhésion totale de Jair Bolsonaro, non seulement à la politique des Etats-Unis, mais à la personnalité de Donald Trump, "dont le mandat se termine l'an prochain"."Le fait que cette visite débouche sur un alignement rigide et automatique (sur Washington) du Brésil, qui resterait dans une position subalterne, est très préoccupant", estimait un éditorialiste du quotidien."Un alignement automatique peut entraîner des problèmes avec d'autres pays, comme les pays européens et la Chine, le premier partenaire commercial du Brésil", poursuivait l'éditorialiste.Il pourrait aussi entraîner le Brésil dans des développements qu'il ne souhaitait pas. Ainsi sur le Venezuela, Jair Bolsonaro n'a pas voulu réaffirmer son opposition à toute intervention militaire contre le régime socialiste de Nicolas Maduro, alors que Donald Trump martelait encore que "toutes les options sont sur la table".Cette visite aura par ailleurs permis à Jair Bolsonaro de parler à sa base, soulignaient les commentateurs, puisqu'il a insisté à Washington sur les valeurs familiales et religieuses.Pour M. Ricupero, sa visite "a davantage été un pèlerinage religieux aux sources de l'extrême droite américaine" qu'une visite officielle.Dimanche soir, le chef de l'Etat brésilien avait invité à l'ambassade du Brésil à Washington des représentants de l'ultra-droite américaine, au premier rang desquels Steve Bannon, l'ancien stratège controversé de la Maison blanche.