"C'est un piège, un attrape-couillons, ils font un show avec la nourriture pourrie et contaminée", a assuré le chef de l'Etat vénézuélien dans un discours à Ciudad Bolívar, au sud-est du Venezuela, répétant que les Etats-Unis ne cherchaient qu'un pretexte pour intervenir militairement.

Nicolas Maduro, qui dément l'existence d'une "urgence humanitaire", rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines et une "guerre de l'oligarchie". Caracas évalue à 30 milliards de dollars par an l'impact sur l'économie vénézuélienne. "Maintenant, ils ont cette fable de l'aide humanitaire. Ils nous volent 30 milliards de dollars et nous offrent quatre miettes de nourriture pourrie", a lancé le président socialiste. M. Maduro a assuré que son gouvernement distribuait des caisses d'aide alimentaire à des prix subventionnés à six millions de familles. Il a également indiqué avoir acheté 933 tonnes de matériel médical à la Chine, Cuba et la Russie. "On va le payer avec notre propre argent car nous ne sommes pas des mendiants", a-t-il lancé.

Plusieurs tonnes de médicaments, de nourriture et de produits de première nécessité sont stockées depuis le 7 février dans des entrepôts de la ville colombienne de Cucuta, tout près du pont transfrontalier de Tienditas, que des militaires vénézuéliens ont bloqué. L'entrée de cette aide d'urgence est l'objet depuis plusieurs jours d'un bras de fer entre Nicolas Maduro et Juan Guaido. Mardi, Juan Guaido, 35 ans, a assuré que l'aide entrerait dans le pays le 23 février, soit un mois après qu'il se soit autoproclamé président par intérim.

Vingt-cinq pays ont promis 100 millions de dollars d'aide au Venezuela, où sévissent des pénuries et la dénutrition, a annoncé jeudi le conseiller à la sécurité américain John Bolton. Le Venezuela est secoué par une grave crise économique qui a provoqué l'exil de plus de 2,3 millions de ses habitants, selon l'ONU.