Ksenia Sobtchak a annoncé ce mercredi qu'elle se présenterait à l'élection présidentielle qui aura lieu en Russie au mois de mars 2018. La jeune femme, "it girl" et figure télévisuelle dans son pays, se considère comme libérale. Elle prend régulièrement part à des manifestations de l'opposition et s'est déclarée comme candidate à la contestation 'contre tous'. "Au cours des 17 dernières années, une toute nouvelle génération a grandi, qui veut voir une Russie différente, civilisée et européenne", confie-t-elle sur la chaîne télévisée où elle a annoncé sa candidature.
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Ksenia Sobtchak a annoncé ce mercredi qu'elle se présenterait à l'élection présidentielle qui aura lieu en Russie au mois de mars 2018. La jeune femme, "it girl" et figure télévisuelle dans son pays, se considère comme libérale. Elle prend régulièrement part à des manifestations de l'opposition et s'est déclarée comme candidate à la contestation 'contre tous'. "Au cours des 17 dernières années, une toute nouvelle génération a grandi, qui veut voir une Russie différente, civilisée et européenne", confie-t-elle sur la chaîne télévisée où elle a annoncé sa candidature. Après avoir incarné la jeunesse dorée de la première décennie de l'ère Poutine, la jeune femme s'est rapprochée d'Alexeï Navalny, la figure la plus proéminente de l'opposition à Vladimir Poutine, lors des manifestations de 2011-2012. La même année, elle quitte le show de téléréalité Dom-2 pour animer une émission de débat sur MTV-Russie, supprimée quand elle a tenté d'inviter l'opposant. Elle est aussi devenue depuis l'un des principaux visages de la chaîne d'opposition Dojd.Très vite, des voix se sont élevées pour dénoncer un "coup monté" du Kremlin pour reprendre la main à l'approche du scrutin. Selon les analystes, sa candidature ressemble fort à une campagne de pseudo-opposition soutenue par le Kremlin, dans le but de renforcer la crédibilité et la légitimité de l'élection. Pour participer officiellement au scrutin, elle doit récolter les 300.000 signatures nécessaires et remplir toute une série de critères. Le porte-parole de Poutine a déclaré que c'était le cas, ce qui peut apparaitre comme une sorte de bénédiction de la part du Kremlin.Sa candidature ouvre également la voie à des divisions parmi les différents mouvements et représentants de l'opposition au gouvernement russe actuel. Surtout quand on sait qu' Alexeï Navalny sera absent du scrutin puisque la commission électorale russe a décidé qu'il ne serait éligible qu'à partir de 2028 "à cause de son passé judiciaire". Pour le politologue Konstantin Kalatchev, la candidature de Ksenia Sobtchak s'explique par la "volonté de créer de l'intérêt pour les élections" tout en créant un contre-feu à Alexeï Navalny. "C'est une tentative de construire une candidate libérale et séduisante de manière artificielle", explique-t-il à l'AFP. Sobtchak considère Navalny comme un "ami et allié" et espère qu'elle aura son soutien. Elle a en outre dit qu'elle serait prête à retirer sa candidature s'il parvenait à se faire accepter officiellement comme candidat à l'élection.Malgré son statut "d'opposante", Sobtchak s'est jusqu'à présent gardée d'émettre des critiques directes à l'encontre de Vladimir Poutine. Elle l'a d'ailleurs rencontré récemment pour l'interviewer dans le cadre d'une émission de télévision sur son père, Anatoli Sobtchak, qui était un des mentors de l'actuel président russe. Ce dernier a d'ailleurs à maintes reprises parlé de sa dette politique envers Sobtchak. Du côté de l'opinion publique, beaucoup de Russes trouvent invraisemblable le fait qu'elle ait choisi de se battre indépendamment pour la présidence. Surtout qu'un journal russe annonçait le mois dernier que l'administration présidentielle envisageait de lui demander de se présenter. Ce que la principale intéressée nie en bloc. "C'est un mensonge. Je n'ai eu aucun contact direct ou indirect avec l'administration présidentielle à ce sujet. Je n'ai pas besoin de leurs bénédictions, je peux décider quoi faire moi-même", a-t-elle argumenté sur son blog. En 2012, la candidature du milliardaire Mikhaïl Prokhorov, arrivé troisième avec 8%, avait déjà été interprétée comme orchestrée par le Kremlin pour calmer la vague de protestations accompagnant la réélection de Vladimir Poutine.Quoi qu'il en soit, la candidature de Ksenia Sobtchak peut être vue par le Kremlin comme un moyen de conférer une certaine légitimé et une consistance à la course à la présidence. En effet, les principaux "challengers" de Poutine sont des hommes d'environ 70 ans, issus de partis qualifiés "d'opposition dirigée", qui n'offrent pas une réelle opposition et soutiennent globalement la politique de Poutine. Ce dernier n'a d'ailleurs pas encore officiellement déposé sa candidature, mais il est certain qu'il briguera un quatrième mandat de six ans.