Au pouvoir depuis seize ans, Joseph Kabila estime qu'il a amélioré la situation du Congo. "Quand j'ai prêté serment en 2001, le pays était divisé. On se battait dans l'est, il y avait un front de 3000 kilomètres. La République démocratique du Congo comptait quatre, cinq armées différentes. Il n'y avait presque plus de vie économique. L'infrastructure du pays était dans un état déplorable. L'anarchie régnait. Et où en est-il maintenant ? Le pays est uni, l'économie est stabilisée, quelles qu'aient été les difficultés. Ce sont à nouveau la paix et la sécurité qui règnent. Nous avons réussi deux fois à organiser des élections. Nous pourrions parler de tous ces résultats pendant toute une journée."
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Au pouvoir depuis seize ans, Joseph Kabila estime qu'il a amélioré la situation du Congo. "Quand j'ai prêté serment en 2001, le pays était divisé. On se battait dans l'est, il y avait un front de 3000 kilomètres. La République démocratique du Congo comptait quatre, cinq armées différentes. Il n'y avait presque plus de vie économique. L'infrastructure du pays était dans un état déplorable. L'anarchie régnait. Et où en est-il maintenant ? Le pays est uni, l'économie est stabilisée, quelles qu'aient été les difficultés. Ce sont à nouveau la paix et la sécurité qui règnent. Nous avons réussi deux fois à organiser des élections. Nous pourrions parler de tous ces résultats pendant toute une journée."Interrogé sur le report des élections et son refus de démissionner, Kabila explique que le scrutin n'a pas pu avoir lieu l'année dernière à cause des combats dans l'est du pays pour lesquels il a fallu mobiliser tous les moyens. "Nous n'allions tout de même pas financer des élections au moment où nous devions regagner du terrain occupé par l'ennemi !" Il ajoute qu'il n'a pas promis d'élections pour cette année. "Je n'ai rien promis! Je voudrais organiser des élections le plus rapidement possible, mais il faut qu'elles soient parfaites, que ce ne soient pas simplement des élections. On y travaille, et les résultats sont prometteurs. Nous avons déjà enregistré 24 millions d'électeurs. Tout se passe bien". "Vous ne pouvez pas poser un regard occidental sur ce pays", conclut-il, rappelant que le Congo "est un continent en soi qui ne possède pas 10% de l'infrastructure présente en Allemagne".Une pure invention Il affirme aussi qu'il est hors de question de modifier la Constitution, qui limite le mandat du président à deux fois cinq ans. "Je suis très clair. Tout ce qu'on dit à propos d'une modification de la constitution est totalement absurde", dit-il. "C'est une pure invention de quelques esprits éclairés d'Europe et d'ailleurs. Selon lui, il est partial et même incorrect d'affirmer que seuls les pays africains ont tendance à modifier la Constitution. Quand on lui demande pourquoi il est si difficile de céder le pouvoir alors que s'il l'avait fait il aurait été considéré comme un exemple pour l'Afrique et un père de la démocratie, Kabila évoque une nouvelle fois les troubles qui ravagent son pays. "Vous venez ici de votre bureau à Bruxelles, Berlin ou Paris, où il fait toujours calme. C'est facile à dire. J'espère que vous trouverez le temps de découvrir le Congo, avec tous ses problèmes. Patrice Lumumba était le père de la démocratie, notre premier Premier ministre après l'indépendance qui a été assassiné. Quel est l'avantage d'entrer dans l'histoire comme père de la démocratie si je précipite mon pays dans le chaos ? La constitution est claire sur les conditions requises pour transférer le pouvoir. C'est possible uniquement à un successeur élu." Interrogé sur ce qu'il fera une fois qu'il ne sera plus président, Kabila préfère ne pas répondre. "Mais n'ayez pas peur, je ne me suiciderai pas et je resterai en tout cas au service de mon pays". Hypocrisie de l'Occident Questionné au sujet du grand projet du G20 pour l'Afrique qui pourrait être une sorte de plan Marshall, mais qui viendrait en contrepartie d'une politique sérieuse, de réformes et d'élections démocratiques, le président congolais n'hésite pas à s'en prendre vivement à l'Occident. "Ce n'est pas à l'un ou l'autre savant occidental de juger de la légalité de nos institutions. Et pour ce qui est d'un plan Marshall pour l'Afrique - je n'y crois pas. Nous, les Africains, cela fait cinquante ans qu'on nous envoie promener avec ce genre de phrases creuses. L'Occident a exploité l'Afrique et maintenant il voudrait la sauver ? On connaît ce genre d'hypocrisie depuis longtemps ! Pourquoi parle-t-on soudain d'un plan Marshall ? Parce que l'Europe est submergée de migrants. Et c'est la raison pour laquelle l'Europe doit agir pour garder tous ces Africains chez eux, là où ils sont à leur place. Mais ce plan cache-t-il de bonnes intentions ? Pas du tout. Pour moi, ce n'est que de l'hypocrisie".