Il aura dû attendre ses 77 ans et sa troisième candidature aux primaires démocrates. Mais après des débuts de campagne difficiles et de premières humiliations dans les urnes, l'ancien vice-président de Barack Obama a signé l'un des retours les plus spectaculaires de l'histoire politique américaine. Et semble bien parti pour défier le républicain Donald Trump en novembre.

"C'est plus qu'un come-back, selon moi", a affirmé Joe Biden après ses nouvelles victoires face à Bernie Sanders dans l'Etat clé du Michigan, ainsi que le Mississippi et le Missouri. "C'est un come-back pour l'âme de la Nation", qu'il a promis de "restaurer" en battant le milliardaire après quatre ans d'âpres divisions.

D'un ton sobre, le candidat modéré, accompagné de son épouse Jill, a de nouveau dédié ses victoires "à tous ceux qui ont été mis à terre, ignorés, laissés pour compte". Mais en tendant aussi la main, cette fois, à Bernie Sanders et ses partisans.

Soutien d'ex-candidats

Se présentant en rassembleur, Joe Biden martèle sans relâche depuis son entrée en lice, en avril 2019, qu'il battra "Donald Trump à plate couture". Sauf que ses deux premières cuisantes défaites aux primaires avaient profondément ébranlé ce message de "vainqueur" potentiel, tandis que le sénateur Bernie Sanders, bien plus à gauche, le doublait en position de favori.

Les moqueries sur sa forme et ses dérapages embarrassants --comme lorsqu'il se déclarait candidat "au Sénat"-- avaient alors pris un écho décuplé, reprises notamment sur Twitter par Donald Trump, qui le surnomme à l'envi "Joe l'endormi".

Choix de la raison ou option passionnée: après son retour fracassant opéré en Caroline du Sud, le 29 février, puis son avalanche de victoires lors du "Super Tuesday", le septuagénaire a finalement pris une avance déterminante mardi face au socialiste autoproclamé Bernie Sanders.

Fort du ralliement de nombreux ex-candidats modérés, il a démontré qu'il pouvait aussi bien convaincre les électeurs démocrates noirs que des ouvriers et des femmes. Trois groupes d'Américains qui ont joué un rôle clé dans la victoire de Donald Trump en 2016, certains en s'abstenant, d'autres en décidant de tourner le dos aux démocrates, se sentant ignorés.

Encore des doutes

Après plus de trente-cinq ans comme sénateur et huit ans comme bras droit de Barack Obama, Joe Biden devra encore répondre de nombreux chapitres de son épais bilan et faire taire les interrogations sur sa forme.

Biden, aux côtés d'Obama, en juillet 2015, Belga Images
Biden, aux côtés d'Obama, en juillet 2015 © Belga Images

Il sera, sans doute, la cible des piques des républicains, qui l'accusent sans preuves, Donald Trump en tête, d'être "corrompu" et crient au conflit d'intérêt car son fils Hunter était entré au conseil d'administration d'une compagnie gazière ukrainienne lorsqu'il était vice-président.

C'est d'ailleurs parce qu'il avait demandé à Kiev d'enquêter sur ces liens que Donald Trump a fait l'objet d'une procédure de destitution, les démocrates l'accusant d'avoir utilisé son pouvoir pour salir son rival. Le président américain a été acquitté en février.

Le septuagénaire devra aussi faire face à des interrogations sur son approche "tactile". S'il a assuré être "désolé d'avoir envahi" l'espace de femmes gênées par ses marques d'affection, il a aussi fermement défendu sa proximité avec les électeurs.

Et chez les stratèges démocrates, on s'inquiète de voir comment ce célèbre gaffeur, qui semble parfois perdre le fil de ses pensées, va pouvoir tenir la distance lors des débats contre Bernie Sanders et, peut-être, le tempétueux Donald Trump.

Empathie

Ses deux premières campagnes présidentielles, pour les scrutins de 1988 et 2008, avaient été rapidement avortées, entachées par des faux pas et des accusations de plagiat.

En 2007, il avait été accusé de racisme après avoir qualifié Barack Obama d'"intelligent" et "propre". Joe Biden avait exprimé ses regrets, et, pas rancunier, le démocrate en avait fait son vice-président.

Une expérience devenue un atout de choix pour Joe Biden, l'ex-président restant extrêmement populaire chez les démocrates.

Son empathie, qui séduit des électeurs touchés par sa vie personnelle marquée par la tragédie, le sert aussi.

Un mois seulement après son élection au Sénat américain, à tout juste 30 ans, il avait perdu en 1972 sa femme Neilia et leur petite fille Naomi dans un accident de voiture.

Un nouveau drame l'avait frappé en 2015, quand son aîné Beau, devenu procureur général du Delaware, fut emporté par un cancer au cerveau.

Il aura dû attendre ses 77 ans et sa troisième candidature aux primaires démocrates. Mais après des débuts de campagne difficiles et de premières humiliations dans les urnes, l'ancien vice-président de Barack Obama a signé l'un des retours les plus spectaculaires de l'histoire politique américaine. Et semble bien parti pour défier le républicain Donald Trump en novembre."C'est plus qu'un come-back, selon moi", a affirmé Joe Biden après ses nouvelles victoires face à Bernie Sanders dans l'Etat clé du Michigan, ainsi que le Mississippi et le Missouri. "C'est un come-back pour l'âme de la Nation", qu'il a promis de "restaurer" en battant le milliardaire après quatre ans d'âpres divisions. D'un ton sobre, le candidat modéré, accompagné de son épouse Jill, a de nouveau dédié ses victoires "à tous ceux qui ont été mis à terre, ignorés, laissés pour compte". Mais en tendant aussi la main, cette fois, à Bernie Sanders et ses partisans.Soutien d'ex-candidats Se présentant en rassembleur, Joe Biden martèle sans relâche depuis son entrée en lice, en avril 2019, qu'il battra "Donald Trump à plate couture". Sauf que ses deux premières cuisantes défaites aux primaires avaient profondément ébranlé ce message de "vainqueur" potentiel, tandis que le sénateur Bernie Sanders, bien plus à gauche, le doublait en position de favori.Les moqueries sur sa forme et ses dérapages embarrassants --comme lorsqu'il se déclarait candidat "au Sénat"-- avaient alors pris un écho décuplé, reprises notamment sur Twitter par Donald Trump, qui le surnomme à l'envi "Joe l'endormi".Choix de la raison ou option passionnée: après son retour fracassant opéré en Caroline du Sud, le 29 février, puis son avalanche de victoires lors du "Super Tuesday", le septuagénaire a finalement pris une avance déterminante mardi face au socialiste autoproclamé Bernie Sanders.Fort du ralliement de nombreux ex-candidats modérés, il a démontré qu'il pouvait aussi bien convaincre les électeurs démocrates noirs que des ouvriers et des femmes. Trois groupes d'Américains qui ont joué un rôle clé dans la victoire de Donald Trump en 2016, certains en s'abstenant, d'autres en décidant de tourner le dos aux démocrates, se sentant ignorés.Encore des doutesAprès plus de trente-cinq ans comme sénateur et huit ans comme bras droit de Barack Obama, Joe Biden devra encore répondre de nombreux chapitres de son épais bilan et faire taire les interrogations sur sa forme. Il sera, sans doute, la cible des piques des républicains, qui l'accusent sans preuves, Donald Trump en tête, d'être "corrompu" et crient au conflit d'intérêt car son fils Hunter était entré au conseil d'administration d'une compagnie gazière ukrainienne lorsqu'il était vice-président.C'est d'ailleurs parce qu'il avait demandé à Kiev d'enquêter sur ces liens que Donald Trump a fait l'objet d'une procédure de destitution, les démocrates l'accusant d'avoir utilisé son pouvoir pour salir son rival. Le président américain a été acquitté en février.Le septuagénaire devra aussi faire face à des interrogations sur son approche "tactile". S'il a assuré être "désolé d'avoir envahi" l'espace de femmes gênées par ses marques d'affection, il a aussi fermement défendu sa proximité avec les électeurs. Et chez les stratèges démocrates, on s'inquiète de voir comment ce célèbre gaffeur, qui semble parfois perdre le fil de ses pensées, va pouvoir tenir la distance lors des débats contre Bernie Sanders et, peut-être, le tempétueux Donald Trump. EmpathieSes deux premières campagnes présidentielles, pour les scrutins de 1988 et 2008, avaient été rapidement avortées, entachées par des faux pas et des accusations de plagiat.En 2007, il avait été accusé de racisme après avoir qualifié Barack Obama d'"intelligent" et "propre". Joe Biden avait exprimé ses regrets, et, pas rancunier, le démocrate en avait fait son vice-président. Une expérience devenue un atout de choix pour Joe Biden, l'ex-président restant extrêmement populaire chez les démocrates. Son empathie, qui séduit des électeurs touchés par sa vie personnelle marquée par la tragédie, le sert aussi. Un mois seulement après son élection au Sénat américain, à tout juste 30 ans, il avait perdu en 1972 sa femme Neilia et leur petite fille Naomi dans un accident de voiture. Un nouveau drame l'avait frappé en 2015, quand son aîné Beau, devenu procureur général du Delaware, fut emporté par un cancer au cerveau.