Déjà adopté par la Chambre des députés, le texte sur lequel le gouvernement populiste avait posé la question de confiance est passé avec 160 voix pour (57 voix contre) et l'abstention des partis d'opposition de droite et d'extrême droite (21 voix).

"Le décret sécurité octroie plus de pouvoirs aux forces de l'ordre, plus de contrôles aux frontières, plus d'hommes pour arrêter les mafieux", s'est félicité Matteo Salvini sur Facebook.

Le texte accorde au ministre des pouvoirs élargis pour interdire les eaux territoriales aux navires ayant secouru des migrants, confisquer les bateaux des ONG et imposer à leurs commandants des amendes pouvant aller jusqu'à 1 million d'euros.

Après l'affront de Carola Rackete, la capitaine du Sea-Watch3 qui avait accosté de force à Lampedusa pour débarquer des migrants secourus en mer, le texte donne la possibilité d'intercepter préventivement un navire et d'infliger jusqu'à 10 ans de prison pour toute résistance.

En juin, une juge avait invalidé l'arrestation de Carola Rackete, arguant que le décret signé par M. Salvini pour interdire les eaux italiennes au Sea-Watch3 en vertu d'un précédent texte sécuritaire n'était "pas applicable aux opérations de sauvetage".

Le nouveau texte accroit aussi les possibilités d'écoutes et de recours pour des agents sous couverture pour lutter contre toute forme de complicité à l'immigration clandestine.

Alors que les élus du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) rechignaient à céder aux pressions de M. Salvini pour faire passer le texte, le dissident M5S Gregorio De Falco, ancien officier des garde-côtes, avait appelé ses collègues à faire preuve de "courage", parlant de "règle criminogène et mortifère" qui allait "faire mourir les gens en mer".

Le texte présente aussi une série de mesures sur le quotidien des policiers ou contre les violences autour des stades et des manifestations. Désormais, le seul fait de porter un casque ou une capuche lors d'une manifestation sera passible de deux à trois ans de prison et l'utilisation de battes de baseball, bâtons, ou feux d'artifice contre les forces de l'ordre pourra valoir quatre ans de prison.

L'ONG Amnesty international a fustigé des mesures qui "n'améliorent pas la sécurité de personne" et s'est indignée d'un article instaurant un fonds pour les pays acceptant de reprendre des migrants, qui "risque de financer des dictatures, faisant grimper au final le nombre de personnes en fuite".

Alors que le texte doit encore être ratifié par le président, Sergio Mattarella, des dizaines de couvents de religieuses lui ont adressé une lettre ouverte: "nous osons vous supplier, protégez la vie des migrants!"