"C'est avec humilité, détermination et une confiance sans limites dans la promesse de l'Amérique que j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis", a déclaré Hillary Clinton, 68 ans, en clôture de la convention d'investiture démocrate qui l'avait désignée candidate officielle du parti pour le scrutin de novembre.

La démocrate, première femme de l'histoire à être investie candidate d'un grand parti à la Maison Blanche, a ciselé un discours de près d'une heure pour les Américains tentés par le choix Trump, ces électeurs désabusés par une classe politique perçue comme sourde à leurs inquiétudes économiques.

"Certains d'entre vous sont en colère, voire furieux. Et vous savez quoi ? Vous avez raison", a dit Hillary Clinton. L'économie "n'est pas encore à la hauteur".

"Nous ne vous avons pas assez bien montré que nous comprenons vos épreuves, et que nous allons vous aider", a dit celle à qui Barack Obama avait passé le flambeau la veille dans la même salle.

Déclarant vouloir faire de l'emploi et de la hausse des salaires sa "mission principale", l'ancienne chef de la diplomatie a, sur le ton mordant qu'elle aime employer contre lui, raillé les promesses creuses de Donald Trump.

"La triste vérité est qu'il n'y a pas d'autre Donald Trump. Il est vraiment comme ça", a lâché Hillary Clinton.

Remontant aux origines de la république, dans cette ancienne capitale fédérale, elle a martelé que le milliardaire populiste incarnait l'antithèse des valeurs américaines. Et rappelé au passage ses faillites.

"Surtout, ne croyez pas quelqu'un qui dit : +Je suis le seul à pouvoir le faire+", a-t-elle lancé. L'homme d'affaires "veut que nous ayons peur de l'avenir et que nous ayons peur les uns des autres", a dit Hillary Clinton. "Mais nous n'avons pas peur. Nous relèverons les défis comme nous l'avons toujours fait".

"L'Amérique est grande, car l'Amérique est bonne", a déclaré, solennelle, Hillary Clinton. "Assez d'intolérance et de grandiloquence. Donald Trump n'offre aucun vrai changement".

Les principaux extraits du discours d'investiture de Hillary Clinton

- INVESTITURE

"C'est avec humilité, détermination et une confiance sans limites dans la promesse de l'Amérique que j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis".

- RASSEMBLEMENT

"Je serai la présidente des démocrates, des républicains, des indépendants".

"Je veux remercier Bernie Sanders. Et vous qui l'avez soutenu, ici et à travers le pays, je veux que vous sachiez que je vous ai entendus. Votre cause est notre cause". Le sénateur du Vermont, "démocrate socialiste" revendiqué, a été son farouche rival aux primaires.

"Nous n'interdirons pas une religion. Nous travaillerons avec tous les Américains et avec nos alliés pour combattre le terrorisme".

- COUPS DE GRIFFES

"Surtout, ne croyez pas quelqu'un qui dit: +Je suis le seul à pouvoir le faire+". "Ce furent les mots de Donald Trump à Cleveland (convention républicaine, NDLR). Et cela devrait tous nous inquiéter".

Il "veut que nous ayons peur de l'avenir et que nous ayons peur les uns des autres. Mais nous n'avons pas peur. Nous relèverons les défis comme nous l'avons toujours fait".

"Nous ne construirons pas de mur. A la place, nous bâtirons une économie dans laquelle tous ceux qui veulent un emploi bien payé peuvent en trouver un".

"Imaginez-le dans le Bureau ovale confronté à une crise réelle. Un homme que vous pouvez appâter avec un tweet n'est pas un homme auquel vous pouvez confier des armes nucléaires".

"Il perd son calme à la plus petite provocation".

- PLAFOND DE VERRE BRISE

"Ce soir nous avons atteint une étape marquante dans le chemin de notre nation vers une union plus parfaite: la première fois qu'un grand parti désigne une femme pour être présidente".

"Je suis heureuse pour les grand-mères et les petits filles et toutes celles qui sont entre les deux".

"Je suis heureuse pour les garçons et les hommes aussi, car quand une barrière tombe pour quelques-uns en Amérique, cela ouvre l'espace pour tous".

- JIHADISTES

"J'ai présenté ma stratégie pour vaincre le groupe Etat islamique. Ce ne sera pas facile mais, croyez-moi, nous vaincrons".

"Donald Trump dit, je cite +J'en sais plus sur le groupe EI que les généraux+. Non, Donald, tu n'en sais pas plus".

- ECONOMIE

"Tant d'entre vous m'ont dit qu'ils sentaient que l'économie ne fonctionnait pas pour eux. Certains d'entre vous sont frustrés, même furieux. Et vous savez quoi? Vous avez raison. Elle n'est pas encore à la hauteur".

"Ma première mission en tant que présidente sera de créer davantage d'opportunités et davantage d'emplois avec des salaires en hausse ici-même aux Etats-Unis... Du premier au dernier jour de mon mandat".

"Nous ne construirons pas de mur. A la place, nous bâtirons une économie dans laquelle tous ceux qui veulent un emploi bien payé peuvent en trouver un". Trump souhaite construire un mur à la frontière avec le Mexique pour endiguer l'immigration illégale.

- PERSONNEL

"La vérité est que, tout au long de ces années de service public, la partie +service+ a toujours été beaucoup plus aisée pour moi que la partie +public+".

"Je comprends bien que certaines personnes ne savent tout simplement pas quoi penser de moi".

"C'est vrai... Je suis obnubilée par les détails des dossiers politiques (...). Parce que ce n'est pas juste un détail s'il s'agit de votre enfant, s'il s'agit de votre famille. C'est important. Et ce devrait être important pour votre président".

- PLANETE

"Je crois en la science, je crois que le changement climatique est une réalité et que nous pouvons sauver notre planète tout en créant des millions d'emplois liés à l'énergie propre bien payés".

Direction 'rust belt'

Peu connue pour ses talents d'oratrice, Hillary Clinton a livré une prestation solide et vigoureuse qui a fait rugir les milliers de délégués réunis depuis lundi.

Pendant toute la soirée, des délégués fidèles à Bernie Sanders, candidat malheureux aux primaires, ont manifesté leur rejet de celle qui représente à leurs yeux une trahison des idéaux progressistes. Plusieurs dizaines portaient un même T-shirt vert fluo. D'autres brandissaient, immobiles, des écriteaux pour "Bernie".

Deux présidents avaient préparé le terrain cette semaine à la tribune du Wells Fargo Center.

Bill Clinton avait raconté Hillary la femme, tandis que Barack Obama, dans un discours éblouissant, avait fait d'elle son héritière politique, louant ses qualités de femme d'Etat et la présentant comme le seul recours contre les "démagogues" du type de Donald Trump.

"Je vous demande de rejeter le cynisme, de rejeter la peur, d'exprimer ce que nous avons de meilleur en nous, et d'élire Hillary Clinton présidente des Etats-Unis", avait-il dit.

La mise en scène impeccable de la convention de Philadelphie a fait alterner toute la semaine à la tribune des Américains ordinaires --mères ayant perdu leurs enfants, des sans-papiers, une femme trans, d'autres inconnus rencontrés par Hillary Clinton sur le terrain--, des ténors démocrates ainsi que des républicains qui voteront pour Hillary Clinton en novembre, comme un ancien de l'administration de Ronald Reagan.

Le général à la retraite John Allen, ancien coordinateur de la coalition contre l'organisation Etat islamique, ainsi que de nombreux anciens soldats dont l'Américain d'origine française Florent Groberg, décoré pour acte de bravoure en Afghanistan, ont apporté leur caution militaire à l'ancienne sénatrice, qui gagna le respect de nombreux généraux lorsqu'elle était au Sénat.

"Mes chers compatriotes, c'est sans hésitation et sans réserve que je vous assure qu'Hillary Clinton sera exactement le type de commandante en chef dont a besoin l'Amérique", a déclaré John Allen dans une allocution martiale, contestée par quelques délégués pacifistes.

Après son discours, Hillary Clinton a été rejointe sur scène dans un déluge de ballons bleus, blancs et rouges par sa famille et celle de son colistier, le sénateur Tim Kaine.

C'est avec lui qu'elle engagera vendredi la nouvelle phase de sa campagne. Comme pour mieux signifier la priorité accordée à l'emploi, le duo prendra la route de la Pennsylvanie et de l'Ohio, épicentre de la désindustrialisation.

Le calendrier de l'année électorale américaine

Septembre

Le vote anticipé pour la présidentielle commence dans plusieurs Etats, par correspondance ou en personne.

26: Premier débat présidentiel à l'université Hofstra, à Hempstead dans l'Etat de New York (nord-est).

Octobre

4: Débat des candidats à la vice-présidence à l'université Longwood, à Farmville (Virginie, est).

9: Deuxième débat présidentiel à l'université Washington, à Saint-Louis (Missouri, centre).

19: Troisième débat présidentiel à l'université du Nevada, à Las Vegas (Nevada, ouest).

Novembre

8: Jour de l'élection présidentielle.

Janvier 2017

20: Barack Obama quitte la Maison Blanche, investiture du 45e président des Etats-Unis.

"C'est avec humilité, détermination et une confiance sans limites dans la promesse de l'Amérique que j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis", a déclaré Hillary Clinton, 68 ans, en clôture de la convention d'investiture démocrate qui l'avait désignée candidate officielle du parti pour le scrutin de novembre.La démocrate, première femme de l'histoire à être investie candidate d'un grand parti à la Maison Blanche, a ciselé un discours de près d'une heure pour les Américains tentés par le choix Trump, ces électeurs désabusés par une classe politique perçue comme sourde à leurs inquiétudes économiques."Certains d'entre vous sont en colère, voire furieux. Et vous savez quoi ? Vous avez raison", a dit Hillary Clinton. L'économie "n'est pas encore à la hauteur"."Nous ne vous avons pas assez bien montré que nous comprenons vos épreuves, et que nous allons vous aider", a dit celle à qui Barack Obama avait passé le flambeau la veille dans la même salle.Déclarant vouloir faire de l'emploi et de la hausse des salaires sa "mission principale", l'ancienne chef de la diplomatie a, sur le ton mordant qu'elle aime employer contre lui, raillé les promesses creuses de Donald Trump."La triste vérité est qu'il n'y a pas d'autre Donald Trump. Il est vraiment comme ça", a lâché Hillary Clinton.Remontant aux origines de la république, dans cette ancienne capitale fédérale, elle a martelé que le milliardaire populiste incarnait l'antithèse des valeurs américaines. Et rappelé au passage ses faillites."Surtout, ne croyez pas quelqu'un qui dit : +Je suis le seul à pouvoir le faire+", a-t-elle lancé. L'homme d'affaires "veut que nous ayons peur de l'avenir et que nous ayons peur les uns des autres", a dit Hillary Clinton. "Mais nous n'avons pas peur. Nous relèverons les défis comme nous l'avons toujours fait"."L'Amérique est grande, car l'Amérique est bonne", a déclaré, solennelle, Hillary Clinton. "Assez d'intolérance et de grandiloquence. Donald Trump n'offre aucun vrai changement".Peu connue pour ses talents d'oratrice, Hillary Clinton a livré une prestation solide et vigoureuse qui a fait rugir les milliers de délégués réunis depuis lundi.Pendant toute la soirée, des délégués fidèles à Bernie Sanders, candidat malheureux aux primaires, ont manifesté leur rejet de celle qui représente à leurs yeux une trahison des idéaux progressistes. Plusieurs dizaines portaient un même T-shirt vert fluo. D'autres brandissaient, immobiles, des écriteaux pour "Bernie".Deux présidents avaient préparé le terrain cette semaine à la tribune du Wells Fargo Center.Bill Clinton avait raconté Hillary la femme, tandis que Barack Obama, dans un discours éblouissant, avait fait d'elle son héritière politique, louant ses qualités de femme d'Etat et la présentant comme le seul recours contre les "démagogues" du type de Donald Trump."Je vous demande de rejeter le cynisme, de rejeter la peur, d'exprimer ce que nous avons de meilleur en nous, et d'élire Hillary Clinton présidente des Etats-Unis", avait-il dit.La mise en scène impeccable de la convention de Philadelphie a fait alterner toute la semaine à la tribune des Américains ordinaires --mères ayant perdu leurs enfants, des sans-papiers, une femme trans, d'autres inconnus rencontrés par Hillary Clinton sur le terrain--, des ténors démocrates ainsi que des républicains qui voteront pour Hillary Clinton en novembre, comme un ancien de l'administration de Ronald Reagan.Le général à la retraite John Allen, ancien coordinateur de la coalition contre l'organisation Etat islamique, ainsi que de nombreux anciens soldats dont l'Américain d'origine française Florent Groberg, décoré pour acte de bravoure en Afghanistan, ont apporté leur caution militaire à l'ancienne sénatrice, qui gagna le respect de nombreux généraux lorsqu'elle était au Sénat."Mes chers compatriotes, c'est sans hésitation et sans réserve que je vous assure qu'Hillary Clinton sera exactement le type de commandante en chef dont a besoin l'Amérique", a déclaré John Allen dans une allocution martiale, contestée par quelques délégués pacifistes.Après son discours, Hillary Clinton a été rejointe sur scène dans un déluge de ballons bleus, blancs et rouges par sa famille et celle de son colistier, le sénateur Tim Kaine.C'est avec lui qu'elle engagera vendredi la nouvelle phase de sa campagne. Comme pour mieux signifier la priorité accordée à l'emploi, le duo prendra la route de la Pennsylvanie et de l'Ohio, épicentre de la désindustrialisation.