À en croire l'information relayée par la VRT, il y a vingt ans, l'étude de la dépouille de Pulaski avait déjà semé le doute parmi les scientifiques. Aujourd'hui, une nouvelle étude de l'Université d'État de l'Arizona élucide le mystère qui entoure Pulaski, élu citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique en 2009.
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À en croire l'information relayée par la VRT, il y a vingt ans, l'étude de la dépouille de Pulaski avait déjà semé le doute parmi les scientifiques. Aujourd'hui, une nouvelle étude de l'Université d'État de l'Arizona élucide le mystère qui entoure Pulaski, élu citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique en 2009. Né en 1745 à Varsovie, Pulaki bénéficie d'une formation militaire. En 1768, il cofonde la Confédération de Bar qui s'insurge contre l'ingérence de la Russie en Pologne. L'insurrection est écrasée, et en 1772 il est contraint de fuir à Paris où il rencontre Benjamin Franklin, l'un des Pères fondateurs des États-Unis, qui le recrute pour combattre les Britanniques.Pulaski s'enrôle dans l'armée dirigée par le général George Washington, futur président des États-Unis. Il se fait remarquer par sa témérité et son attitude impérieuse à l'égard de ses supérieurs et de ses subordonnés. "Petit et mince, faisant les cent pas et parlant vite, il n'éprouvait pas d'intérêt pour les femmes ou l'alcool", écrit l'Université d'Arizona sur son site.Père de la cavalerie américaine En 1777, il sauve la vie de Washington. Rapidement, il accède au grade de général et réforme la cavalerie ce qui lui vaut le titre de "Père de la cavalerie américaine". Mortellement blessé lors du siège de Savannah en 1779, il succombe après plusieurs jours d'agonie, à l'âge de 34 ans. Il est inhumé à Savannah en Géorgie, où un monument a été édifié en son honneur. Il y a une vingtaine d'années, le monument, qui risque de s'effondrer, est démoli. Charles Merbs, anthropologue légiste à l'Université d'État d'Arizona et Karen Burns, scientifique légiste à l'Université de Géorgie profitent de l'occasion pour exhumer la dépouille de Pulaski, conservée dans un conteneur en métal placé sous le monument. La première fois qu'il voit la dépouille de Pulaski, il y a une vingtaine d'années, Charles Merbs est frappé de stupeur. "Avant d'entrer, le docteur Burns me dit: 'Entrez et ne sortez pas en criant. Étudiez attentivement la dépouille et revenez me voir pour en parler'. Je suis entré et j'ai tout de suite vu de quoi elle parlait. Le squelette est aussi féminin qu'un squelette peut l'être."Ébahis, les scientifiques s'interrogent : est-ce bien Casimir Pulaski qui est enterré sous le monument ? Merbs et Burns étudient le squelette et constatent que la stature, l'âge et la morphologie générale correspondent. Les cicatrices des blessures encourues au combat sont bien présentes et le corps est atteint du syndrome du cavalier, caractéristique aux personnes qui passent beaucoup de temps à cheval. Tout concorde sauf le bassin qui est typiquement féminin. La structure du visage et la mâchoire sont également celles d'une femme.Arrière-petite-nièce Merbs et Burns décident de partir à la recherche de membres de la famille de Pulaski afin d'établir son identité avec certitude. En Pologne, ils retrouvent les restes d'une arrière-petite-nièce de Pulaski, décédée depuis longtemps. L'analyse de l'ADN, pas encore aussi avancée qu'aujourd'hui, n'est guère concluante. Les restes de Pulaski sont à nouveau enterrés et les constatations de Merbs et Burns passent au second plan. Jusqu'à ce que trois jeunes scientifiques décident de rouvrir le dossier, soutenus par la Smithsonian Institution.Hormones masculinesCette fois, l'analyse ADN lève le doute : c'est bien le corps de Pulaski qui gît à Savannah. Cela signifie-t-il que le général était une femme ? Si son squelette est indubitablement féminin, sa dépouille contient un nombre élevé d'hormones masculines, à l'origine de sa pilosité du visage et de sa calvitie, ce qui pourrait indiquer que Pulaski était ce qu'on appelle intersexué, c'est-à-dire une personne qui présente à la fois des caractéristiques masculines et féminines. Un élément de sa biographie vient étayer cette théorie. Au 18e siècle, les familles aristocrates polonaises faisaient baptiser leurs enfants en public, mais le petit Casimir, souffrant d'une "faiblesse" a eu droit à un baptême privé. "Nous pensons que le problème remonte à sa naissance et au choix déterminant s'il était un garçon ou une fille", déclare Merbs. Destiné à une carrière d'officier, Casimir est élevé comme un garçon. "Je pense qu'à aucun moment de sa vie, il a pensé qu'il était une femme. Peut-être qu'il pensait qu'il était un homme, et que quelque chose n'allait pas. À l'époque, on ne savait rien de tout cela", déclare Merbs.Plus d'infos