Dernière révélation en date, le ministre de la Santé Matt Hancock a reconnu détenir des parts dans une entreprise liée à sa famille, qui propose notamment des services de destruction de documents et a des contrats avec le système public de santé NHS.

- D'où le scandale est-il parti ?

Le banquier australien Lex Greensill, fondateur de la société de prêts du même nom, a bénéficié d'un accès privilégié au gouvernement britannique alors dirigé par le Premier ministre David Cameron, avec l'espoir d'apporter son expertise de start-up technologique.

David Cameron a par la suite été contraint à la démission après le vote pour le Brexit en 2016, devenant deux ans plus tard conseiller rémunéré de Greensill.

L'an dernier, l'ex-dirigeant conservateur a fait pression sur plusieurs hauts responsables, dont le ministre des Finances Rishi Sunak, afin que Greensill soit aidée par le gouvernement pendant la pandémie.

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Greensill avait dans le passé été agréée pour émettre des prêts gouvernementaux garantis par l'Etat dans le cadre du programme destiné aux grandes entreprises.

La société a fini par être emportée par ses montages financiers hasardeux qui ont conduit certains investisseurs à couper les ponts avec elle.

- Qui est impliqué ?

David Cameron est au coeur du scandale du fait de sa campagne de lobbying au profit de Greensill. Il a admis qu'il aurait dû agir autrement mais rejeté tout comportement répréhensible.

Au moins un haut fonctionnaire et un autre conseiller étaient rémunérés par Greensill alors qu'ils travaillaient pour le gouvernement.

Parmi les autres conseillers de Greensill figuraient l'ancien ministre de l'Intérieur travailliste David Blunkett, l'ex-ministre des Affaires étrangères australienne Julie Bishop, et Bernard Hogan-Howe, ancien chef de la police de Londres.

La faillite de Greensill a également mis en difficultés ses soutiens financiers et ses clients, au premier rang desquels l'empire de l'acier du magnat indo-britannique Sanjeev Gupta.

- Le gouvernement est-il concerné ?

Le Premier ministre Boris Johson a lancé une enquête indépendante à laquelle David Cameron compte coopérer.

Elle doit rendre ses conclusions en juin mais certains s'interrogent sur sa capacité à s'attaquer à la culture du lobbying dans son ensemble.

Trois commissions parlementaires ont ouvert leurs propres enquêtes tout comme le contrôleur des comptes britanniques, le National Audit Office (NAO).

Matt Hancock pourrait être concerné par ses enquêtes, lui qui a rencontré David Cameron et Lex Greensill en 2019 afin de discuter d'un nouveau mécanisme de paiement pour le NHS.

Le ministère de la Santé assure qu'il a fait part officiellement de cette conversation après coup, conformément aux règles du gouvernement, et indique par ailleurs qu'il n'y a pas de conflit d'intérêt concernant la part dans l'entreprise détenue par sa soeur.

Mais l'affaire a alimenté les accusions de favoritisme, portées par l'opposition, alors que le gouvernement a attribué au moins 10,5 milliards de livres (12 milliards d'euros) de contrats sans appel d'offres au pic de la pandémie l'an dernier.

Boris Johnson a lui été contraint de démentir toute intervention en faveur d'une tentative de rachat du club de foot de Newcastle par un fonds saoudien.

- Quels sont les enjeux ?

Greensill devient le scandale politique le plus retentissant depuis 2009 et celui des notes de frais de députés, qui avait nourri une défiance envers la politique quelques années avant le vote pour le Brexit.

Le parti travailliste a l'espoir que l'affaire pourrait avoir un impact sur les élections locales du 6 mai, même si les conservateurs sont en tête dans les sondages grâce au succès de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

Au-delà, le scandale remet en cause les règles régissant le lobbying qui ont évolué sous le gouvernement de David Cameron, mais qui semblent dépassés à l'heure où le gouvernement dépense sans compter pour amortir le choc de la crise sanitaire.

Eric Pickles, à la tête d'un organisme qui valide le passage dans le privé d'anciens ministres ou fonctionnaires, appelle à davantage de transparence.

"Il semble qu'il n'y avait pas de barrière du tout", a-t-il lancé jeudi devant une commission parlementaire à propos de Greensill.

Dernière révélation en date, le ministre de la Santé Matt Hancock a reconnu détenir des parts dans une entreprise liée à sa famille, qui propose notamment des services de destruction de documents et a des contrats avec le système public de santé NHS.Le banquier australien Lex Greensill, fondateur de la société de prêts du même nom, a bénéficié d'un accès privilégié au gouvernement britannique alors dirigé par le Premier ministre David Cameron, avec l'espoir d'apporter son expertise de start-up technologique.David Cameron a par la suite été contraint à la démission après le vote pour le Brexit en 2016, devenant deux ans plus tard conseiller rémunéré de Greensill.L'an dernier, l'ex-dirigeant conservateur a fait pression sur plusieurs hauts responsables, dont le ministre des Finances Rishi Sunak, afin que Greensill soit aidée par le gouvernement pendant la pandémie.Greensill avait dans le passé été agréée pour émettre des prêts gouvernementaux garantis par l'Etat dans le cadre du programme destiné aux grandes entreprises.La société a fini par être emportée par ses montages financiers hasardeux qui ont conduit certains investisseurs à couper les ponts avec elle.David Cameron est au coeur du scandale du fait de sa campagne de lobbying au profit de Greensill. Il a admis qu'il aurait dû agir autrement mais rejeté tout comportement répréhensible.Au moins un haut fonctionnaire et un autre conseiller étaient rémunérés par Greensill alors qu'ils travaillaient pour le gouvernement.Parmi les autres conseillers de Greensill figuraient l'ancien ministre de l'Intérieur travailliste David Blunkett, l'ex-ministre des Affaires étrangères australienne Julie Bishop, et Bernard Hogan-Howe, ancien chef de la police de Londres.La faillite de Greensill a également mis en difficultés ses soutiens financiers et ses clients, au premier rang desquels l'empire de l'acier du magnat indo-britannique Sanjeev Gupta.Le Premier ministre Boris Johson a lancé une enquête indépendante à laquelle David Cameron compte coopérer.Elle doit rendre ses conclusions en juin mais certains s'interrogent sur sa capacité à s'attaquer à la culture du lobbying dans son ensemble.Trois commissions parlementaires ont ouvert leurs propres enquêtes tout comme le contrôleur des comptes britanniques, le National Audit Office (NAO).Matt Hancock pourrait être concerné par ses enquêtes, lui qui a rencontré David Cameron et Lex Greensill en 2019 afin de discuter d'un nouveau mécanisme de paiement pour le NHS.Le ministère de la Santé assure qu'il a fait part officiellement de cette conversation après coup, conformément aux règles du gouvernement, et indique par ailleurs qu'il n'y a pas de conflit d'intérêt concernant la part dans l'entreprise détenue par sa soeur.Mais l'affaire a alimenté les accusions de favoritisme, portées par l'opposition, alors que le gouvernement a attribué au moins 10,5 milliards de livres (12 milliards d'euros) de contrats sans appel d'offres au pic de la pandémie l'an dernier.Boris Johnson a lui été contraint de démentir toute intervention en faveur d'une tentative de rachat du club de foot de Newcastle par un fonds saoudien.Greensill devient le scandale politique le plus retentissant depuis 2009 et celui des notes de frais de députés, qui avait nourri une défiance envers la politique quelques années avant le vote pour le Brexit.Le parti travailliste a l'espoir que l'affaire pourrait avoir un impact sur les élections locales du 6 mai, même si les conservateurs sont en tête dans les sondages grâce au succès de la campagne de vaccination contre le Covid-19.Au-delà, le scandale remet en cause les règles régissant le lobbying qui ont évolué sous le gouvernement de David Cameron, mais qui semblent dépassés à l'heure où le gouvernement dépense sans compter pour amortir le choc de la crise sanitaire.Eric Pickles, à la tête d'un organisme qui valide le passage dans le privé d'anciens ministres ou fonctionnaires, appelle à davantage de transparence."Il semble qu'il n'y avait pas de barrière du tout", a-t-il lancé jeudi devant une commission parlementaire à propos de Greensill.