En tout, le jeune homme, Alexandre Bissonnette, fait face à 11 chefs d'accusation: en-dehors des 6 pour "meurtre au premier degré" (ce qui correspond à la notion d'assassinat, en Belgique), il est également accusé de 5 tentatives de meurtre, qui correspondent aux 5 personnes hospitalisées dans un état grave, "en utilisant une arme à feu à autorisation restreinte", précise Radio Canada.

"Des perquisitions sont en cours et on espère obtenir la preuve" qui pourrait déboucher prochainement sur une inculpation pour "terrorisme" et atteinte à la sécurité nationale, a indiqué la police lors d'un point presse. Au fil de l'enquête, d'autres chefs d'accusation pourraient dont venir s'ajouter au dossier. Environ 80 policiers sont encore sur le terrain pour les besoins de l'enquête.

La police reste en revanche discrète sur les motifs présumés du jeune homme, qui comparaitra à nouveau le 21 février, ainsi que sur l'arme qu'il a utilisée. Bissonnette serait entré vers 19h45 dimanche soir dans le Centre culturel islamique de Québec, où il aurait ouvert le feu sur les fidèles qui y étaient rassemblés pour la prière. Parmi les 5 blessés graves, trois sont entre la vie et la mort, rapportent les médias locaux. Les 6 victimes décédées sont toutes des hommes, des Canadiens binationaux, selon le vice-président du Centre culturel islamique de Québec: un Marocain, deux Algériens, un Tunisien et deux Guinéens.

Le suspect a lui-même appelé la police une demi-heure après son acte pour s'accuser et se rendre. Il a expliqué avoir garé son véhicule avec les feux de détresse sur une bretelle d'une voie rapide à environ 20 kilomètres de la mosquée. La police l'a arrêté à 21h00. L'université Laval, proche de la mosquée où s'est déroulée la tragédie, a indiqué qu'il était étudiant à la faculté des sciences sociales.

"C'est avec douleur et colère que nous apprenons l'identité du terroriste Alexandre Bissonnette, malheureusement connu de plusieurs militants à Québec pour ses prises de positions identitaires, pro-Le Pen et anti-féministes à l'université Laval et sur les réseaux sociaux", a dénoncé sur Facebook le collectif Bienvenue aux réfugiés - Ville de Québec.

Par milliers, les Québécois se recueillent à la mosquée meurtrie

Les musulmans du Canada "sont ici chez eux": jusque là religieusement silencieuse, la foule compacte laisse éclater un lourd applaudissement quand Justin Trudeau prononce ces mots à deux pas de la mosquée meurtrie de Québec.

Qu'importent les -15 degrés Celsius mordants, les Québécois ont afflué par milliers lundi soir à la veillée organisée à côté de la principale mosquée de la capitale de la Belle Province.

Selon une estimation des services du Premier ministre, ils étaient environ 12.000 à rendre hommage aux six musulmans assassinés la veille en pleine prière. Huit autres fidèles ont été blessés.

La cérémonie, sobre, a débuté à la nuit tombée par des prières et des messages de paix prononcés par des dignitaires religieux de la ville, avant que le Premier ministre Justin Trudeau, ardent défenseur du multiculturalisme, chante les louanges d'une communauté effrayée.

"Les musulmans canadiens sont des membres estimés de toutes les communautés, et peu importe où ils vivent, ils méritent de se sentir bienvenus et en sécurité. Ils sont ici chez eux", a-t-il dit.

Face à lui, des milliers de Québécois tiennent une bougie, une pancarte, ou un bouquet de fleurs. Et veulent croire que le Canada ne cèdera pas à la fièvre xénophobe.

"Maintenant, on a peur"

"Malheureusement il y a toujours eu de la haine. Il faut juste plus de respect. Il suffit d'en parler et de reconnaitre d'abord qu'il y a un problème d'intolérance au Québec", remarque Jeanne Guénette. "On agit en en parlant, et en étant ici aujourd'hui. On est là pour être ensemble", dit cette étudiante venue avec une amie.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'auteur présumé est un étudiant aux idées nationalistes connu pour ses prises de position identitaires, pro extrême-droite.

"Il y a des groupes d'extrême-droite dans la ville de Québec, Pegida ou La meute, qui lancent des idées de faire des choses comme ça", rappelle Joël Cardinal, arborant une pancarte "Québec en deuil".

Pour lui, le contexte international a peut-être été "la goutte qui a fait déborder le vase" de l'auteur présumé de la fusillade.

"Avec le décret de vendredi", signé par Donald Trump et interdisant l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays musulmans, "c'est sûr que ça a envoyé un message, ça a peut-être motivé du monde à passer à l'acte", remarque ce trentenaire.

Plusieurs personnes de confession musulmane ont confié à l'AFP leur sentiment d'insécurité depuis la fusillade de la veille, quand bien même, à travers le Canada, la sécurité des mosquées a été renforcée.

"Avant, j'habitais en France, je peux donc un peu comparer les sociétés. En venant ici, on intègre une société, la société canadienne qui est un modèle, particulièrement au Québec", déclare Eric Zola. "Ça l'est toujours, mais maintenant on a peur."

Avec Belga et AFP

En tout, le jeune homme, Alexandre Bissonnette, fait face à 11 chefs d'accusation: en-dehors des 6 pour "meurtre au premier degré" (ce qui correspond à la notion d'assassinat, en Belgique), il est également accusé de 5 tentatives de meurtre, qui correspondent aux 5 personnes hospitalisées dans un état grave, "en utilisant une arme à feu à autorisation restreinte", précise Radio Canada. "Des perquisitions sont en cours et on espère obtenir la preuve" qui pourrait déboucher prochainement sur une inculpation pour "terrorisme" et atteinte à la sécurité nationale, a indiqué la police lors d'un point presse. Au fil de l'enquête, d'autres chefs d'accusation pourraient dont venir s'ajouter au dossier. Environ 80 policiers sont encore sur le terrain pour les besoins de l'enquête. La police reste en revanche discrète sur les motifs présumés du jeune homme, qui comparaitra à nouveau le 21 février, ainsi que sur l'arme qu'il a utilisée. Bissonnette serait entré vers 19h45 dimanche soir dans le Centre culturel islamique de Québec, où il aurait ouvert le feu sur les fidèles qui y étaient rassemblés pour la prière. Parmi les 5 blessés graves, trois sont entre la vie et la mort, rapportent les médias locaux. Les 6 victimes décédées sont toutes des hommes, des Canadiens binationaux, selon le vice-président du Centre culturel islamique de Québec: un Marocain, deux Algériens, un Tunisien et deux Guinéens. Le suspect a lui-même appelé la police une demi-heure après son acte pour s'accuser et se rendre. Il a expliqué avoir garé son véhicule avec les feux de détresse sur une bretelle d'une voie rapide à environ 20 kilomètres de la mosquée. La police l'a arrêté à 21h00. L'université Laval, proche de la mosquée où s'est déroulée la tragédie, a indiqué qu'il était étudiant à la faculté des sciences sociales. "C'est avec douleur et colère que nous apprenons l'identité du terroriste Alexandre Bissonnette, malheureusement connu de plusieurs militants à Québec pour ses prises de positions identitaires, pro-Le Pen et anti-féministes à l'université Laval et sur les réseaux sociaux", a dénoncé sur Facebook le collectif Bienvenue aux réfugiés - Ville de Québec.Les musulmans du Canada "sont ici chez eux": jusque là religieusement silencieuse, la foule compacte laisse éclater un lourd applaudissement quand Justin Trudeau prononce ces mots à deux pas de la mosquée meurtrie de Québec.Qu'importent les -15 degrés Celsius mordants, les Québécois ont afflué par milliers lundi soir à la veillée organisée à côté de la principale mosquée de la capitale de la Belle Province.Selon une estimation des services du Premier ministre, ils étaient environ 12.000 à rendre hommage aux six musulmans assassinés la veille en pleine prière. Huit autres fidèles ont été blessés.La cérémonie, sobre, a débuté à la nuit tombée par des prières et des messages de paix prononcés par des dignitaires religieux de la ville, avant que le Premier ministre Justin Trudeau, ardent défenseur du multiculturalisme, chante les louanges d'une communauté effrayée."Les musulmans canadiens sont des membres estimés de toutes les communautés, et peu importe où ils vivent, ils méritent de se sentir bienvenus et en sécurité. Ils sont ici chez eux", a-t-il dit.Face à lui, des milliers de Québécois tiennent une bougie, une pancarte, ou un bouquet de fleurs. Et veulent croire que le Canada ne cèdera pas à la fièvre xénophobe."Malheureusement il y a toujours eu de la haine. Il faut juste plus de respect. Il suffit d'en parler et de reconnaitre d'abord qu'il y a un problème d'intolérance au Québec", remarque Jeanne Guénette. "On agit en en parlant, et en étant ici aujourd'hui. On est là pour être ensemble", dit cette étudiante venue avec une amie.Selon les premiers éléments de l'enquête, l'auteur présumé est un étudiant aux idées nationalistes connu pour ses prises de position identitaires, pro extrême-droite. "Il y a des groupes d'extrême-droite dans la ville de Québec, Pegida ou La meute, qui lancent des idées de faire des choses comme ça", rappelle Joël Cardinal, arborant une pancarte "Québec en deuil".Pour lui, le contexte international a peut-être été "la goutte qui a fait déborder le vase" de l'auteur présumé de la fusillade."Avec le décret de vendredi", signé par Donald Trump et interdisant l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays musulmans, "c'est sûr que ça a envoyé un message, ça a peut-être motivé du monde à passer à l'acte", remarque ce trentenaire.Plusieurs personnes de confession musulmane ont confié à l'AFP leur sentiment d'insécurité depuis la fusillade de la veille, quand bien même, à travers le Canada, la sécurité des mosquées a été renforcée."Avant, j'habitais en France, je peux donc un peu comparer les sociétés. En venant ici, on intègre une société, la société canadienne qui est un modèle, particulièrement au Québec", déclare Eric Zola. "Ça l'est toujours, mais maintenant on a peur."Avec Belga et AFP