Choc frontal et virulent mercredi soir lors du débat télévisé entre les deux finalistes de la présidentielle française: la candidate d'extrême droite Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron d'être le "candidat de la mondialisation sauvage", le candidat pro-européen lui reprochant de "dire beaucoup de mensonges".

Sommés de convaincre indécis et abstentionnistes pour remporter le deuxième tour de dimanche, les deux candidats se sont attaqués dès les première secondes de leur duel devant plusieurs millions de téléspectateurs.

Mme Le Pen, anti-euro et anti-immigration, s'est présentée comme "la candidate du peuple", "de la nation qui protège (...) les emplois, la sécurité, les frontières, du fondamentalisme islamiste", en totale opposition à M. Macron, "l'enfant chéri du système et des élites".

La candidate de 48 ans, sourire ironique aux lèvres, s'est ingéniée à provoquer l'ex-ministre de l'Economie, "piloté par François Hollande", le renvoyant à sa participation au gouvernement très impopulaire du président sortant.

Le candidat centriste de 39 ans a répliqué : "ce que vous portez, c'est l'esprit de défaite", a-t-il dénoncé. Avec Mme Le Pen,"on va sortir de l'euro, de l'Europe", a-t-il souligné, alors que selon les sondages une majorité de Français sont hostiles à une sortie de la monnaie unique. La France, "ce qui fait sa force, c'est qu'elle rayonne partout", a-t-il argué.

"Votre stratégie, c'est de dire beaucoup de mensonges aux Français", a-t-il attaqué, alors que Mme Le Pen a entretenu le flou ces dernier jours sur le dossier européen. "Vous êtes l'héritière d'un système qui prospère sur la colère des Français depuis des décennies".

L'émission a débuté de manière assez décousue, les deux candidats s'interrompant sans cesse et rentrant dans les détails de dossiers économiques, contraignant les journalistes animant les échanges à leur demander d'"avancer" pour redonner une cohérence au débat.

Une tension palpable

Il est vrai que leurs programmes sont diamétralement opposés. Le discours d'Emmanuel Macron, libéral en termes d'économie et de société, plaît surtout aux jeunes urbains, aux classes moyennes et aux milieux d'affaires. Celui de Marine Le Pen, anti-immigration, anti-Europe et anti-système, séduit les classes populaires, les ruraux, les "invisibles" et capte le ras-le-bol de Français victimes d'un chômage endémique.

La tension entre les deux prétendants à l'Elysée était palpable, leurs attaques portant tant sur les programmes que leurs personnalités respectives. M. Macron a ainsi reproché à Mme Le Pen, "héritière d'un parti de l'extrême droite française", sa "logorrhée" et son absence d'"esprit de finesse".

Marine Le Pen confond SFR et General Electric

"Je n'étais pas ministre quand SFR a été vendu. SFR était la propriété d'un groupe privé, Vivendi, et nous sommes dans un pays où la propriété privée est respectée. Ne dites pas de bêtises. Je connais un peu les dossiers et manifestement, vous ne parlez pas du même sujet. Vous parlez d'Alstom et de General Electric. Vous confondez les dossiers", a affirmé Emmanuel Macron, le candidat d'En marche! à l'élection présidentielle française, alors que sa rivale frontiste l'attaquait au bazooka lors du débat télévisé les opposant, lui reprochant notamment d'être "aux mains de l'Europe" et de faire le jeu des grands groupes face aux PME.

Vérification faite, l'opérateur français SFR a été vendu à Altice et Numericable alors qu'Arnaud Montebourg était ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique. Avant l'entrée d'Emmanuel Macron au gouvernement, donc.

"Les Français méritent mieux que cela. Vous êtes constamment dans l'insinuation alors que les Français et la France méritent la vérité. Vous lisez des fiches qui ne correspondent pas aux dossiers. SFR fait des téléphones, General Electric, pas", a poursuivi Emmanuel Macron, accusant dans la foulée Marine Le Pen de "dresser une liste à la Prévert" pour améliorer le pouvoir d'achat des Français, sans toutefois financer ces promesses.

"Vous voulez des économies? Je vais vous en trouver: votre Union européenne, c'est 9 milliards d'euros par an", a répondu la candidate du Front national, selon qui la contribution française au budget de l'Union européenne s'élève à ce montant. Or, selon les chiffres du Parlement européen, la contribution nette de la France au budget européen était de 4,5 milliards d'euros en 2015.

Macron accuse Le Pen de "porter la guerre civile dans le pays"

Le centriste pro-européen Emmanuel Macron a accusé la candidate d'extrême droite Marine Le Pen de "porter la guerre civile dans le pays", lors du débat télévisé organisé à quatre jours du second tour de la présidentielle française.

"Vous portez la guerre civile dans le pays (...) lutter contre les terroristes, ce n'est en aucun cas céder au piège de la guerre civile", a-t-il ajouté, avant de dire que les terroristes souhaitent la victoire de Mme Le Pen.

"La sécurité et le terrorisme sont une problématique majeure totalement absente de votre projet", a-t-elle dit d'une voix forte, le regard dur. "Vous n'avez pas de projet mais en plus vous avez une complaisance pour le fondamentalisme islamique", a-t-elle affirmé.

De son côté, très calme, M. Macron a développé son programme de lutte contre le terrorisme qui passe par un effort sur le renseignement et un renforcement de la coopération européenne.

"Ce que vous proposez, c'est comme d'habitude de la poudre de perlimpinpin" a-t-il dit. "Vous faites de la lutte antiterroriste sur les plateaux télévisés, mais chaque fois qu'il y a des réformes proposées au parlement européen, vous ne les votez pas", a-t-il dit.

Campagne à couteaux tirés

Après dix jours d'une campagne à couteaux tirés entre les deux tours de la présidentielle, M. Macron reste en tête dans les sondages, aux alentours de 60% d'intentions de vote, mais l'écart semble se resserrer avec Mme Le Pen, très offensive. L'abstention oscillerait entre 22 et 28% dimanche.

L'échec du héraut de la gauche antilibérale Jean-Luc Mélenchon et du conservateur François Fillon, au premier tour, a laissé un goût amer à une cohorte d'électeurs qui refusent de choisir entre "la peste et le choléra".

La candidate d'extrême droite n'a eu de cesse de courtiser les électeurs de M. Mélenchon, dont moins de 20% devraient se tourner vers elle tandis que près la moitié devrait se reporter sur Emmanuel Macron, au programme social-libéral et pro-européen, selon plusieurs sondages. Quant à l'électorat de M. Fillon, un quart à un tiers devrait voter Marine Le Pen et moins de la moitié pour M. Macron.

A droite, le parti des Républicains a prévenu que les élus qui "se rapprochent du Front national" pour la présidentielle seront exclus.

Ce débat télévisé de l'entre-deux-tours, à deux jours de la fin de la campagne officielle, constitue un moment fort des campagnes présidentielles en France où, au-delà des projets, les personnalités apparaissent au grand jour. L'audience pourrait toutefois pâtir de la demi-finale de la Ligue des champions de football, qui opposera au même moment Monaco à la Juventus Turin.

Suivez le débat en direct:

Choc frontal et virulent mercredi soir lors du débat télévisé entre les deux finalistes de la présidentielle française: la candidate d'extrême droite Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron d'être le "candidat de la mondialisation sauvage", le candidat pro-européen lui reprochant de "dire beaucoup de mensonges".Sommés de convaincre indécis et abstentionnistes pour remporter le deuxième tour de dimanche, les deux candidats se sont attaqués dès les première secondes de leur duel devant plusieurs millions de téléspectateurs.Mme Le Pen, anti-euro et anti-immigration, s'est présentée comme "la candidate du peuple", "de la nation qui protège (...) les emplois, la sécurité, les frontières, du fondamentalisme islamiste", en totale opposition à M. Macron, "l'enfant chéri du système et des élites".La candidate de 48 ans, sourire ironique aux lèvres, s'est ingéniée à provoquer l'ex-ministre de l'Economie, "piloté par François Hollande", le renvoyant à sa participation au gouvernement très impopulaire du président sortant. Le candidat centriste de 39 ans a répliqué : "ce que vous portez, c'est l'esprit de défaite", a-t-il dénoncé. Avec Mme Le Pen,"on va sortir de l'euro, de l'Europe", a-t-il souligné, alors que selon les sondages une majorité de Français sont hostiles à une sortie de la monnaie unique. La France, "ce qui fait sa force, c'est qu'elle rayonne partout", a-t-il argué."Votre stratégie, c'est de dire beaucoup de mensonges aux Français", a-t-il attaqué, alors que Mme Le Pen a entretenu le flou ces dernier jours sur le dossier européen. "Vous êtes l'héritière d'un système qui prospère sur la colère des Français depuis des décennies".L'émission a débuté de manière assez décousue, les deux candidats s'interrompant sans cesse et rentrant dans les détails de dossiers économiques, contraignant les journalistes animant les échanges à leur demander d'"avancer" pour redonner une cohérence au débat. Il est vrai que leurs programmes sont diamétralement opposés. Le discours d'Emmanuel Macron, libéral en termes d'économie et de société, plaît surtout aux jeunes urbains, aux classes moyennes et aux milieux d'affaires. Celui de Marine Le Pen, anti-immigration, anti-Europe et anti-système, séduit les classes populaires, les ruraux, les "invisibles" et capte le ras-le-bol de Français victimes d'un chômage endémique.La tension entre les deux prétendants à l'Elysée était palpable, leurs attaques portant tant sur les programmes que leurs personnalités respectives. M. Macron a ainsi reproché à Mme Le Pen, "héritière d'un parti de l'extrême droite française", sa "logorrhée" et son absence d'"esprit de finesse". "Je n'étais pas ministre quand SFR a été vendu. SFR était la propriété d'un groupe privé, Vivendi, et nous sommes dans un pays où la propriété privée est respectée. Ne dites pas de bêtises. Je connais un peu les dossiers et manifestement, vous ne parlez pas du même sujet. Vous parlez d'Alstom et de General Electric. Vous confondez les dossiers", a affirmé Emmanuel Macron, le candidat d'En marche! à l'élection présidentielle française, alors que sa rivale frontiste l'attaquait au bazooka lors du débat télévisé les opposant, lui reprochant notamment d'être "aux mains de l'Europe" et de faire le jeu des grands groupes face aux PME.Vérification faite, l'opérateur français SFR a été vendu à Altice et Numericable alors qu'Arnaud Montebourg était ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique. Avant l'entrée d'Emmanuel Macron au gouvernement, donc. "Les Français méritent mieux que cela. Vous êtes constamment dans l'insinuation alors que les Français et la France méritent la vérité. Vous lisez des fiches qui ne correspondent pas aux dossiers. SFR fait des téléphones, General Electric, pas", a poursuivi Emmanuel Macron, accusant dans la foulée Marine Le Pen de "dresser une liste à la Prévert" pour améliorer le pouvoir d'achat des Français, sans toutefois financer ces promesses. "Vous voulez des économies? Je vais vous en trouver: votre Union européenne, c'est 9 milliards d'euros par an", a répondu la candidate du Front national, selon qui la contribution française au budget de l'Union européenne s'élève à ce montant. Or, selon les chiffres du Parlement européen, la contribution nette de la France au budget européen était de 4,5 milliards d'euros en 2015.Le centriste pro-européen Emmanuel Macron a accusé la candidate d'extrême droite Marine Le Pen de "porter la guerre civile dans le pays", lors du débat télévisé organisé à quatre jours du second tour de la présidentielle française."Vous portez la guerre civile dans le pays (...) lutter contre les terroristes, ce n'est en aucun cas céder au piège de la guerre civile", a-t-il ajouté, avant de dire que les terroristes souhaitent la victoire de Mme Le Pen. "La sécurité et le terrorisme sont une problématique majeure totalement absente de votre projet", a-t-elle dit d'une voix forte, le regard dur. "Vous n'avez pas de projet mais en plus vous avez une complaisance pour le fondamentalisme islamique", a-t-elle affirmé.De son côté, très calme, M. Macron a développé son programme de lutte contre le terrorisme qui passe par un effort sur le renseignement et un renforcement de la coopération européenne."Ce que vous proposez, c'est comme d'habitude de la poudre de perlimpinpin" a-t-il dit. "Vous faites de la lutte antiterroriste sur les plateaux télévisés, mais chaque fois qu'il y a des réformes proposées au parlement européen, vous ne les votez pas", a-t-il dit.Après dix jours d'une campagne à couteaux tirés entre les deux tours de la présidentielle, M. Macron reste en tête dans les sondages, aux alentours de 60% d'intentions de vote, mais l'écart semble se resserrer avec Mme Le Pen, très offensive. L'abstention oscillerait entre 22 et 28% dimanche.L'échec du héraut de la gauche antilibérale Jean-Luc Mélenchon et du conservateur François Fillon, au premier tour, a laissé un goût amer à une cohorte d'électeurs qui refusent de choisir entre "la peste et le choléra".La candidate d'extrême droite n'a eu de cesse de courtiser les électeurs de M. Mélenchon, dont moins de 20% devraient se tourner vers elle tandis que près la moitié devrait se reporter sur Emmanuel Macron, au programme social-libéral et pro-européen, selon plusieurs sondages. Quant à l'électorat de M. Fillon, un quart à un tiers devrait voter Marine Le Pen et moins de la moitié pour M. Macron.A droite, le parti des Républicains a prévenu que les élus qui "se rapprochent du Front national" pour la présidentielle seront exclus.Ce débat télévisé de l'entre-deux-tours, à deux jours de la fin de la campagne officielle, constitue un moment fort des campagnes présidentielles en France où, au-delà des projets, les personnalités apparaissent au grand jour. L'audience pourrait toutefois pâtir de la demi-finale de la Ligue des champions de football, qui opposera au même moment Monaco à la Juventus Turin.Suivez le débat en direct: