La Maison-Blanche tente de calmer la tempête née de la démission du général Flynn, mais les interrogations subsistent sur les relations passées - et futures - de l'équipe de Donald Trump avec la Russie. D'écoutes téléphoniques et relevées téléphoniques, il ressort que quelques figures de l'équipe de Donald Trump ont eu des contacts avec des Russes qui étaient fichés aux États-Unis comme agent secret. Il s'agirait du général Flynn (conseiller pour la sécurité nationale et pilier de sa campagne), Paul Manafort (ancien consultant politique en Russie et en Ukraine) et Carter Page (conseiller en politique étrangère).
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La Maison-Blanche tente de calmer la tempête née de la démission du général Flynn, mais les interrogations subsistent sur les relations passées - et futures - de l'équipe de Donald Trump avec la Russie. D'écoutes téléphoniques et relevées téléphoniques, il ressort que quelques figures de l'équipe de Donald Trump ont eu des contacts avec des Russes qui étaient fichés aux États-Unis comme agent secret. Il s'agirait du général Flynn (conseiller pour la sécurité nationale et pilier de sa campagne), Paul Manafort (ancien consultant politique en Russie et en Ukraine) et Carter Page (conseiller en politique étrangère). Les contacts auraient eu lieu l'été dernier, juste au moment où les rumeurs ont commencé à circuler que les Russes tentaient d'influencer la campagne américaine en faisant fuiter des mails hackés d'Hillary Clinton. La question étant bien sûr de savoir si les collaborateurs de Trump travaillaient mains dans les mains avec les Russes. Toujours selon CNN et The New York Times les services de renseignement n'auraient pas de preuves que ces fuites auraient été réalisées en coordination avec l'équipe de Trump. Mais s'il s'avère que Flynn a bien eu régulièrement des contacts avec les Russes pendant la campagne, ça risque d'obliger la Maison-Blanche à quelques explications. Car pour rappel, jusqu'à présent le porte-parole de Trump, Sean Spicer a soutenu mordicus que son équipe n'avait pas eu le moindre contact avec les Russes. Autre question : au moment même où l'administration Obama ordonnait des sanctions contre la Russie pour son ingérence présumée dans l'élection américaine, Michael Flynn a-t-il assuré à son interlocuteur qu'il ne fallait pas s'inquiéter et que les relations s'amélioreraient après l'investiture le 20 janvier ? La Maison Blanche a farouchement contesté que Trump ait pu lui donner de telles instructions: "Non, absolument pas. Non, non, non", a encore répondu son porte-parole.Manafort, qui était conseiller en relation publique pour Victor Ianoukovitch , l'ancien président pro-russe en Ukraine, a démenti avoir tout contact avec des officiers des services secrets russes ou des personnes proches du gouvernement russe. "C'est absurde", a réagi celui-ci auprès du journal: "Je n'ai jamais parlé en connaissance de cause avec des membres des services de renseignement russes (...)". Carte Page a lui aussi démenti. Pour le Kremlin c'est de l'"intox". "Ne croyez pas les informations des journaux, il est très difficile en ce moment de les différencier des intox et canulars", a affirmé son porte-parole Dmitri Peskov.Démission Moins d'un mois après sa prise de fonctions, et quelques jours après un revers judiciaire cinglant sur l'immigration, le président républicain de 70 ans a donc été contraint de se séparer du personnage central de son équipe rapprochée sur les affaires étrangères, qui fut aussi l'un des piliers de sa campagne. Mis en cause pour le contenu de ses conversations téléphoniques avec l'ambassadeur russe à Washington et la façon dont il les avait relatées au vice-président élu Mike Pence, le général Flynn a donc jeté l'éponge lundi soir. Détail troublant: Mike Pence n'avait pas été informé par le président et a donc appris l'affaire par la presse jeudi 9 février. Un Watergate bis en puissance ? Selon le New York Times, Michael Flynn a été entendu par le FBI dans les jours qui ont suivi la prestation de serment de Donald Trump. S'il s'avérait qu'il avait aussi menti alors à la police fédérale sur le contenu de ses conversations, il pourrait s'exposer à des poursuites judiciaires. Car il n'aurait pas seulement menti sur la véritable nature de ses discussions avec l'ambassadeur au vice-président Mike Pence, mais aussi au FBI sur ses contacts avec l'ambassadeur Sergej Kisljak. Pour rappel, dans l'affaire du Watergate c'est l'accumulation de petits mensonges qui avaient entretenu la flamme du brasier qui allait emporter Nixon. Que ce soit des membres des services de renseignement qui ont livré ces révélations à CNN et le New York Times est de très mauvais augures pour la Maison-Blanche. Cela montre que l'enquête, lancée par le président Obama juste avant qu'il ne quitte sa fonction, autour des tentatives "pro-Trump" des Russes ne peut être arrêtée. Pas même si la Maison-Blanche le souhaitait. Car cela provoquerait une avalanche de révélations confidentielles issues en droite ligne de la cellule d'enquête. D'autant plus que les républicains peuvent maintenant difficilement s'opposer à une enquête en profondeur sur les liens éventuels entre l'équipe de Trump et les Russes. De quoi faire redouter les auditions feuilletonesques comme ce fut le cas lors du Watergate qui colla une bonne partie de l'Amérique devant son téléviseur dit De Volkskrant. Du côté du camp d'Hillary Clinton, on se demande pourquoi le chef du FBI a annoncé la réouverture de l'enquête sur les mails privés de la candidate, mais qu'il n'a pas pipé mot sur les contacts supposés de l'équipe de Trump avec les Russes. Cela pourrait empêcher Comey qui est encore chef du FBI de trop se mêler de l'enquête. La vraie question est aussi de savoir si Trump a eu des contacts inappropriés avec les Russes. Car si la réponse est oui cela le rendrait très fragile au chantage de la part des Russes. On ne sait aujourd'hui si l'enquête va remonter jusqu'à lui, mais comme le fait remarquer le Volkskrant, ses premiers mois risquent fort de ressembler aux derniers mois de Nixon: un long combat contre des fuites et en essayant pendant les moments de répit de diriger un pays. Tweet furieux Conscient que l'épisode pourrait laisser des traces, après une campagne au cours de laquelle le magnat de l'immobilier avait à plusieurs reprises tressé des lauriers au président russe Vladimir Poutine, l'exécutif a tenté d'envoyer des signaux contraires mardi. "L'ironie est que le président a été incroyablement ferme face à la Russie", a ainsi affirmé Sean Spicer, à la peine cependant pour appuyer ses dires.Cette histoire de "connexion avec la Russie est une absurdité, c'est seulement une tentative pour couvrir les nombreuses erreurs commises par la campagne perdante d'Hillary Clinton", a réagi Donald Trump dans une salve de tweets matinaux dont il est coutumier."Les médias répandant de fausses informations deviennent fous avec leurs théories du complot et leur haine aveugle", a encore tonné le président américain sur le réseau social, pointant notamment les chaînes de télévision CNN et MSNBC, "impossibles à regarder". Il félicite en revanche la chaîne Fox News, très appréciée des conservateurs.M. Trump accuse aussi les services du renseignement américains d'avoir fait fuiter des informations dans ce dossier, mettant directement en cause l'Agence de sécurité nationale (NSA) et la police fédérale (FBI): "Des informations sont données illégalement aux mauvais @NYTimes et @WashingtonPost par la communauté du renseignement (NSA et FBI ?)", a-t-il encore écrit.C'est dans ce contexte que le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, rencontrera jeudi son nouvel homologue américain Rex Tillerson pour la première fois à l'occasion du G20 à Bonn (Allemagne), a annoncé mercredi le ministère russe des Affaires étrangères. Qui pour remplacer Flynn ? Pour l'heure, le général à la retraite Joseph Kellogg a été désigné pour assurer l'intérim. Le vice-amiral Robert Harward, ancien commandant adjoint du Commandement militaire central, et le général David Petraeus, font partie des noms les plus cités pour remplacer Michael Flynn. Mardi, un autre général, en exercice lui, n'a pas mâché ses mots pour décrire son inquiétude. "Notre gouvernement continue à être dans une incroyable tourmente", a déclaré le général américain Tony Thomas lors d'une conférence.